‹ Le MexiqueChapitre 65 sur 247 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

champ de bataille; les insurgés lurent dispersés, et leurs chefs, forcés de battre eu retraite dans la direction du nord, furent pris par un corps d’Espagnols à Chihuahua le 21 mars 1811, et passés par les armes le jour suivant.

Toutefois, le plomb qui frappa à mort ces premiers coryphées de l’indépendance n’anéantit point pour cela les espérances de la nation : l’avocat Hayon, les curés Morelos et Matamoros , Galeanâ , Guerrero „ Bravo, INI ier y Teran, Victoria, apparurent la même année sur différents points à la tete de patriotes armés pour la même cause. Déjà ce n’étaient plus ces masses tumultueuses et sans frein que conduisait Hidalgo; les malheurs avaient aussi enseigné un nouveau genre de guerre plus sûr. Morelos avait été nommé généralissime des armées nationales; il justifia 1 élection de ses compagnons d’armes par son activité, son énergie et sa valeur; il organisa la révolution, et fit présager la prompte destruction de l’empire espagnol. Aux affaires d’Acalita-de-Bajan , de Tres-Palos, de Cliilpancingo, de Cuautla, du Palmar, les chefs des insurgés firent éprouver à leurs adversaires des pertes considérables. Ces succès envenimaient la haine de ceux-ci : plus l’indépendance acquérait de chances de réussite, plus les soldats du vice-roi se montraient impitoyables envers les vaincus et les suspects. Les noms des généraux Calleja, Concha, Truxillo, Cru/, remplissent encore d’effroi lame des habitants des provinces ou s’exercèrent leurs cruautés.

Cependant, contre toute attente, la fortune aban-

donna les insurgés; l’étoile qui les guidait se voila tout à coup. Morelos (32), tombé au pouvoir de l’ennemi, subit le sort d’Hidalgo, et sa mort 1 plongea la nation dans le deuil et le découragement : elle délivrait l’Espagne de son plus redoutable adversaire.

La discorde s’introduisit dès lors parmi les chels des insurgés : tous voulaient commander, aucun obéir. Les défections commencèrent, et le nouveau vice-roi, Apodaca, qui vint avec une mission de paix, éteignit presque entièrement le feu de l’insurrection. Guerrero seul en conservait encore quelques étincelles dans les montagnes du sud, lorsque Mina débarqua à Soto-la- Marina avec quelques aventuriers de toutes les nations, parmi lesquels se trouvait Jean Arago, frère du célèbre astronome.

Le vaillant chef de partisans navarrais, après être tombé dans la disgrâce du pouvoir qu’il avait contribué à relever, venait offrir ses services aux libéraux mexicains. Il battit, avec les 250 hommes qui 1 accompagnaient, le premier corps qu’on lui opposa, et ce premier triomphe lui attira de tous côtés des renforts et des secours. Toutefois, les succès de Mina furent de peu de durée. Surpris à l hacienda del Vcnadito par les troupes du vice-roi 2, il fut passé par les armes 3.

Cependant une révolution d’un nouveau genre s’o-

1 22 décembre 1815.

2 Apodaca reçut de Ferdinand VII le titre de comte del Yenadilo.

3 18 décembre 1817.

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