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CHAPITRE V

l Yucatan et le Guatimala (33) s’unirent au Mexique, et dès lors le drapeau aux trois couleurs emblème des trois garanties2 de l’acte d’Iguala, flotta d’un bout à l’autre du territoire affranchi.

ïturbide nomma un conseil de régence, dont il se réserva la présidence, et convoqua une assemblée de notables, dont les membres les plus éclairés formèrent bientôt une opposition à ses vues ambitieuses.

Avant qu’on eût appris le refus de la famille des Bourbons d’accéder aux préliminaires de Cordoba, on avait déjà parlé d ïturbide pour occuper le trône de Mexico; mais ceux d’en tac les créoles qui voyaient avec jalousie un simple colonel monter en quelques mois au faîte des grandeurs, ou qui ne fondaient aucune espérance sur ses talents, ou enfin qui ne trouvaient aucune garantie de stabilité dans la royauté d’un homme qui n’avait d’autre appui que l'engouement passager du peuple, persistaient dans les idées républicaines, ou bien grossissaient le parti de la monarchie des Bourbons, espérant vaincre la résistance de la cour d’Espagne.

Ce fut alors que se formèrent les loges des francsmaçons du rite écossais. On y discutait les moyens tic renverser ïturbide, et on soutenait le principe des conférences de Cordoba. D’un autre côté, les républicains cherchaient à faire revivre les idées démocratiques, que la reconnaissance de la nation pour les services rendus par cet officier semblait faire oublier.

* Vert , blanc et rouge.

2 Indépendance. , union et religion.

Le clergé et les Espagnols secondaient les vues des Ecossais ; la majeure partie de l’armée et des généraux étaient favorables à leur chef; le reste se trouvait réparti dans les deux camps ennemis.

Malgré l’opposition de l’assemblée et des sociétés secrètes, Iturbide se fit proclamer empereur 1 sous le nom d’Augustin 1er. L’élection se fit irrégulièrement dans la chambre des députés; mais les provinces envoyèrent ensuite leur adhésion au vote de rassemblée.

L’élévation d’Iturbide au trône impérial pouvait amener la fusion des partis, si ce fait accompli eût été soutenu par un gouvernement sage et ferme, qui fût resté dans les voies de la légalité et du progrès, tout en s’appuyant sur la force des baïonnettes pour faire exécuter ses décrets. Mais cet officier n avait aucune expérience des affaires. Dominé par la crainte de perdre son pouvoir, il rapportait tout à cette idée fixe sans suivre aucune tactique raisonnée, de sorte que sous son règne la scission des esprits ne fit qu’augmenter, et il s’aliéna même ses meilleurs défenseurs par l’emprisonnement de plusieurs députés, qu’il accusait sans preuves suffisantes de tramer une révolution, et plus tard par la dissolution arbitraire du congrès constituant.

Bientôt le brigadier Santa -Anna, qui avait été un des familiers de l’empereur, se déclara contre lui, et porta la garnison de Vera-Cruz à la rébellion. Victoria prit part au soulèvement, et les généraux Guerrero

1 19 mai 1822.

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