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CHAPITRE V

quelques-uns , donna 1 idée des loges de francs-maçons du rite (I l or/»', en opposition à celles des Ecossais. C’était organiser la démocratie pour la lancer contre les phalanges monarchiques. Un grand nombre de loges s’ouvrirent dans la capitale et dans les provinces; elles produisirent pendant quelque temps un effet qui dépassa les espérances de leurs fondateurs. iNon-seulement elles recrutaient leurs prosélytes dans les rangs du peuple, dont elles flattaient les passions, mais encore parmi les membres des loges écossaises , qui renonçaient au parti monarchique soit par conviction , soit par intérêt personnel. Bientôt ces sociétés populaires, soutenues par le président et son ministère, disposèrent des emplois en faveur de leurs affidés. Elles devinrent des foyers d intrigues et de passions viles, et leurs tripotages politiques ne tardèrent pas à amener des troubles sérieux dans l’Etat.

Les Espagnols étaient encore en butte aux inimitiés de la majorité : la vengeance ne semblait pas assez complète, parce que, tout abattu qu’il était, leur parti effrayait encore les Mexicains. Le peuple réclamait à grands cris leur expulsion, et il l’obtint partiellement en 1827.

La crainte perpétuelle de se voir arracher de ses foyers et de sa famille faisait aux partisans de ces mesures extrêmes autant d’ennemis qu’il y avait de personnes exposées à ce malheur. La conjuration du moine Arenas, la révolte de Bravo à Tulancinco, furent la conséquence de la réaction des esprits, et rendirent les patriotes encore plus méfiants.

Aussi , lorsque le ministre de la guerre Pedraza obtint la majorité des suffrages des Etats pour l’élection à la présidence, une faction formidable se leva contre lui. Les opinions politiques de Pedraza ne tendaient cependant pas à l’absolutisme : elles étaient plutôt un moyen terme entre les anciennes et les nouvelles idées; mais il appartenait aux loges écossaises, et il n’inspirait par cela même aucune confiance aux libéraux.

Avant que le nouveau président prit possession de son siège, les troupes, excitées à la révolte par les généraux Santa-Aïma et Guerrero , et par des citoyens influents, se soulevèrent en protestant contre la validité de son élection. Pedraza s’enfuit de Mexico dans les fatales journées de la Acordada ', et les soldats, unis à la plebe , se livrèrent aux désordres qu’entraîne la guerre entre des ennemis acharnés, le pillage (35) et l’assassinat.

A l’ouverture de la session de 1829, la chambre des députés proclama président de la république Vincent Guerrero , qui avait réuni le plus de votes après Pedi ■aza 2, et vice -président le général Anastase Bustamante, ancien partisan d’iturbide, homme qu’aucun service éclatant ne recommandait ni comme citoyen ni comme militaire.

A peine installé, Guerrero songea à mettre à exé-

! La Acordada est une maison de réclusion de Mexico, qui servit de quartier général aux chefs du soulèvement.

2 Pedraza avait envoyé au congrès sa renonciation à la présidence.

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