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CHAPITRE V

cution la promesse solennelle de sa profession de loi politique, l’expulsion des Espagnols. Le congrès seconda ses vues, et rendit une loi qui frappait six mille Espagnols que celle de 1827 avait épargnés. Tornel, gouverneur du district, se chargea du rôle de chef des sbires, et ajouta encore à la barbarie du décret par la dureté des procédés dans l’exécution h

L’ostracisme était doublement impolitique dans cette circonstance : on ne tarda pas à s’en apercevoir. Le parti des Ecossais se renforça de tous ceux dont les intérêts se trouvaient indirectement lésés par ce coup d’Etat; et la république s’appauvrit de toutes les richesses que possédaient les bannis, et qu ils emportèrent en d’autres lieux. On dit que M. Poinsett lut un des instigateurs de cette proscription, dans l’espoir que les Espagnols fugitifs iraient porter leurs trésors à la Nouvelle-Orléans. Si cela est, il fut trompé dans son attente : les uns retournèrent dans leur patrie , d’autres se fixèrent à Bordeaux , très-peu prirent la route des Etats-Unis.

Au milieu de l’agitation des esprits et de l’explosion des haines populaires, on apprit tout à coup le débarquement d’un corps d Espagnols , composé de 3,000 hommes, aux ordres du brigadier Barradas, avec des munitions et un armement pour une armée nombreuse, dans le cas où les mécontents viendraient grossir les rangs du corps expéditionnaire.

Le président donna ordre à Santa-Anna et à Teran de se porter avec six mille hommes sur Tampico de

1 Zavala, page 125, tome II.

Tamaulipas. Cette petite ville tomba au pouvoir de l’ennemi avant leur arrivée. Mais déjà les chaleurs excessives avaient causé des maladies parmi les soldats étrangers; la mort diminuait chaque jour leur nombre, aucune espèce de secours ne leur étaient annoncés; les populations des côtes ne montraient que de l’hostilité à leurs projets. Ils voyaient clairement que le cabinet de Madrid s’était laissé abuser par l’esprit de parti, sur le succès d’une descente dans l’ancienne colonie; mais il était trop tard pour se raviser, l’escadre qui les avait amenés s’était retirée. Peut-être un nouveau Cortès eût puisé dans son génie des ressources que la fortune lui refusait ici ; mais Barradas, général sans talents et sans courage, ne pouvait trouver que le désappointement et la honte sur la plage mexicaine. Après quelques escarmouches, il demanda quartier, et signa une capitulation désastreuse.

On rendit la liberté aux prisonniers espagnols, à condition qu’ils ne serviraient jamais contre la répu- Llique ; mais Barradas n’osa pas retourner dans sa patrie; il s’exila lui-même en pays étranger, ce qui fit soupçonner à ses compatriotes qu’il avait vendu à prix d’argent l’honneur des troupes espagnoles.

La nouvelle de la victoire de Tampico 1 remplit Mexico d’allégresse : la patrie était sauvée. On y reçut avec des transports de joie les drapeaux pris sur l’ennemi, comme un gage de sécurité pour l’avenir; il semblait qu’on n’eût plus rien à redouter de la puissance espagnole. Lagioire de cette campagne échut tout

3 II septembre 1829.

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