CHAPITRE V
entière à Santa-Anna; elle grandit sa renommée comme capitaine, et son influence comme chef de parti.
Ce triomphe semblait devoir affermir Gu erre ro ;l la présidence : les monarchistes venaient de perdre leur dernier espoir. Cependant il n’en fut pas ainsi - Guerrero s’était aliéné tous ceux de ses partisans qu i! n’avait pu placer selon leur ambition; ils se réunirent aux monarchistes pour le renverser.
Cet illustre insurgé était devenu le dernier des hommes en montant au pouvoir suprême. Sans instruction, sans idées, sans caractère quoique entêté, il servait de risée à ses adversaires. Manquant d’un ministère éclairé et énergique, il était incapable de former par lui-même un plan de gouvernement, ou de suivre un système quelconque avec suite, ensemble et fermeté.
Trois mois s’étaient à peine écoulés depuis la capitulation de Tampico, que le général Bustamante, viceprésident de la république, se révolta1 contre l’administration tle Guerrero avec les troupes de sa division.
Ce mouvement révolutionnaire n’avait rien d’étonnant, eu égard à la disposition des esprits; maison vit avec surprise que Bustamante s’en déclarât le chef. Ce général appartenait aux loges démocratiques, il avait, contribué à l’élévation de Guerrero, et il était regardé comme un militaire soumis à la discipline, et comme un citoyen fidèle observateur des lois. On ne pouvait donc guère prévoir un pareil revirement dans ses opinions et dans sa conduite (36).
1 4 décembre 1829.
Guerrero à la tête de la garnison de Mexico marcha à sa rencontre. C’était une grande faute d’abandonner ainsi sa capitale et de l’exposer à un coup de main des factieux. Aussi, à peine fut-il parti que les Ecossais renversèrent l’autorité établie, et nommèrent un gouvernement provisoire. En apprenant cet événement, Guerrero n’osa plus engager la lutte; il abandonna ses soldats, et s’enfuit à son bacienda de Tixtla l, au milieu des indigènes du sud, dont il était l idole, et qui ne tardèrent pas à se grouper autour de lui pour lui former une nouvelle armée.
Bustamante choisit son ministère parmi les hommes qui avaient été ses ennemis jusqu’alors, ceux dont les opinions tendaient à centraliser le gouvernement et à restreindre les droits politiques des citoyens. C’étaient des hommes hardis qui suivirent la ligne tracée à leur politique sans considération de personnes et sans se préoccuper des réactions.
On obtint des chambres que Guerrero fût déclaré incapable d’exercer la suprême magistrature; et par là on légitima l’usurpation du vice-président. On poursuivit à outrance ceux qui élevèrent la voix contre les actes du nouveau gouvernement; on fusilla ceux qui osèrent s’opposer à ses décrets , ainsi que les chefs de corps qui prirent parti pour l’ex-président et qu’on fit prisonniers; puis comme ce système de terreur était encore inefficace, que les forces du parti contraire augmentaient d’une manière inquiétante, qu’un lieutenant de Guerrero avait même battu les
1 Aujourd’hui Ciudad-Guerrero.