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CHAPITRE V

troupes da général Armijo, et qu’enfin la guerre paraissait devoir traîner en longueur, et n’offrait qu’une issue problématique, on résolut de trancher la difficulté d’un seul coup, sans s’inquiéter ni de l’immoralité du moyen ni de la réprobation de l’opinion publique.

Guerrero occupait le port d’Acapulco, où un brick génois venait de relâcher; un émissaire du cabinet fit des propositions au capitaine italien pour favoriser son arrestation, et l’infâme Picaluga (37) promit, moyennant G, 000 piastres, de livrer ce malheureux général.

En effet, invité à souper à son bord, Guerrero s’y rendit avec deux officiers, sans précaution comme sans défiance. A peine eut-il mis le pied sur le pont, que le capitaine le fit saisir et garrotter; puis il leva l’ancre et sortit de la rade. Le brick fit voile pour Huatulco, petit port plus au sud où l’on avait envoyé des troupes pour recevoir le prisonnier; Guerrero leur fut livré. Conduit à Oaxaca, il y fut jugé parmi conseil de guerre incompétent qui l’avait d’avance condamné.

Dans la crainte d’un mouvement à Oaxaca, on le mena à Cuilapa pour le fusiller. Il y passa deux jours en chapelle, selon l’usage qui accorde ce temps aux condamnés pour se recommander à Dieu; et le troisième jour il expira1 au lieu du supplice, attaché à une croix et tournant le dos aux soldats qui exécutaient la sentence, marque d’infamie qu’on ajoute à la peine afflictive des traîtres à la patrie.

1 Le 14 février 1831

Telle était la situation politique du pays lorsque j arrivai à Mexico. Ce gouvernement réunissait beaucoup plus de conditions de durée que le précédent, car il s’étayait du crédit du clergé, de l’opinion des gens riches, et de la terreur qu’inspiraient ses actes. Cependant il ne tarda pas non plus à être renversé par les prétoriens. Ce fut encore Santa-Anna qui leva à Vera-Cruz l’étendard de la révolte.

L’avéncment de Louis-Philippe au trône de France avait communiqué une vive impulsion au parti libéral mexicain. L’influence de la Sainte-Alliance était tombée, et la jeune république venait d’être reconnue comme enfant légitime par le cabinet des Tuileries. Vaincu dans la vieille monarchie, le parti rétrograde devait recevoir un échec égal dans le nouvel État démocratique. Aussi, quoique Santa-Anna essuyât des défaites dans toutes les rencontres (38) importantes avec les troupes du gouvernement, sa cause n’en fut pas moins triomphante, parce qu elle avait pour elle l’opinion de la majorité (39).

Pedraza, rappelé des Etats-Unis, fut replacé à la présidence, dont il lui restait encore trois mois d’occupation légale, les faits consommés depuis qu’il avait été déposé ayant été considérés comme non avenus. On procéda alors à l’élection d’un président, et tous les suffrages proclamèrent Santa-Anna.

Le climat de Mexico convenait peu à la santé de ce général, aussi retournait-il avec empressement à son hacienda de Manga de Clavo, près de Vera-Cruz, dès qu il pouvait se débarrasser du poids des affaires pu-

Mil

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