‹ Le MexiqueChapitre 79 sur 247 · CH A I'I TUE V · texte numérisé non relu

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par les libéraux, et ce qu’il y avait de raisonnable était rejeté par eux d’une manière absolue (47).

Le côté faible du projet de Paredes n’était certainement pas l’idée de demander un roi à l’Europe, mais bien l’inopportunité d’une pareille mesure. Or, c’était précisément ce dont on s’occupait le moins. L’apôtre de la royauté avait parlé et agi trop tard ; il n’était plus temps de penser à élever un trône là où les fautes de la république avaient amené l’invasion américaine, et où la désorganisation de l’armée allait compromettre ( indépendance du pays. Le cabinet des Tuileries et celui de Madrid, en supposant qu’ils eussent été d’accord sur l’intervention , auraient vraisemblablement répondu aux envoyés de Paredes : « Terminez vos différends avec les Etats-Unis, et nous verrons après. » Il n était guère problable qu’ils consentissent à donner un roi à Mexico, au moment où Matamoros et Monterey tombaient au pouvoir de Taylor.

Aussitôt que Paredes eut saisi les rênes du gouvernement, il s’appliqua à faire rentrer dans le trésor tous les fonds publics, à mesure qu’ils étaient perçus par les receveurs de la capitale et des départements; puis il suspendit les payements qui n’étaient pas tic première nécessité. Ce parti extrême , souvent pris d ailleurs par les gouvernements précédents, entraîna la banqueroute des agioteurs qui s’étaient le plus avancés. Mais lorsqu’on prête à cent pour cent par an, on doit être préparé à ces sortes de contre-temps.

Paredes voyait qu’il ne pouvait entreprendre une guerre sérieuse contre les Américains, qu’autant qu il

aurait a sa disposition une somme suffisante pour mettre son armée dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire quelle possédât toutes les ressources qui pouvaient assurer le succès de ses opérations. Toutefois l’expédition ne fut retardée que de quelques mois. Dès qu’il vit un million de piastres dans ses coffres, il fit marcher ses troupes à la frontière sous le commandement du général Arista.

Taylor, qui avait sous ses ordres une division de 5,000 hommes cantonnés au Texas, franchit la rivière de las Nueces, et s’avança vers Matamoros. Les Américains se trouvaient donc sur le territoire mexicain ; mais comprenant combien leur position était fausse, n’ayant aucun prétexte plausible pour faire la guerre au Mexique , et tenant cependant à faire croire au mondecivilisé qu ils n’étaient nullement les agresseurs, et qu’ils resteraient sur la défensive dans les limites du Texas, ils se rendirent coupables d’un acte d’insigne mauvaise foi, pour expliquer leur présence au delà des frontières de cet Etat, et pour se justifier en attaquant les Mexicains qui venaient de passer la rivière du nord. S’appuyant sur une délimitation imaginaire du Texas, Taylor déclara dans son manifeste que les Mexicains, ayant violé le territoire des Etats- Unis en franchissant le Bravo, devenaient agresseurs par ce fait, et que dès lors il se trouvait en état de légitime défense à leur égard , escobarderie indigne d’un grand peuple; car la propriété du territoire compris entre la rivière de las Nueces et celle du Nord, n’avait jamais été revendiquée jusque-là par les Texieus,

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