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CHAPITRE V

privilèges tlu clergé mexicain. Les discussions de la tribune étaient devenues fort animées. A la monotonie des séances ordinaires , aux lieux communs des discours parlementaires habituels, avaient succédé le tumulte d’une assemblée passionnée, et ce langage ardent, souvent exagéré, quelquefois éloquent des esprits stimulés par des intérêts personnels autant que par la gravité des circonstances.

Les plus beaux fleurons de la couronne temporelle du sacerdoce allaient donc tomber un à un sous l’influence des opinions avancées de cette majorité révolutionnaire, quand le clergé prêcha une croisade contre les hérétiques qui attentaient ainsi aux droits de 1 Eglise, et arma 1 pour sa défense trois ou quatre mille gardes nationaux, qui luttèrent à coups de fusil et de canon pendant vingt-trois jours contre quelques centaines de soldats du gouvernement, tandis que Santa-Anna lui-même se portait à la rencontre des Américains avec toutes ses forces réunies.

Cette guerre de trois semaines ne fut qu’un jeu d’enfants comme les précédentes, et n’aboutit à rien (49). Elle se fût prolongée indéfiniment si l’on n’eût appris la nouvelle de la bataille de la Angostura, de la retraite de l’armée mexicaine et du prochain retour du président, dont l’arbitrage était invoqué à la lois par les deux camps. Mais Santa-Anna avait besoin du concours de tous les partis pour soutenir la lutte en-

1 Ce soulèvement des classes élevées de la société mexicaine contre les décrets de l’assemblée démocratique de 1847 est connu sous le nom de pronunciamiento de los Polkas.

gagée : il se contenta de calmer les esprits sans rien décider.

Le bombardement et la prise de Vera-Cruz par la division du général Scott, et la marche des Américains sur la capitale, obligèrent bientôt le président à sortir de Mexico pour s’opposer à leurs progrès. La rencontre se fit à Cerro-Gordo auprès de Jalapa , où le sort des armes fut encore contraire aux Mexicains : leur déroute fut complète. Mais Scott ne sut pas profiter de sa victoire; au lieu de marcher sur Mexico, qui, consterné et sans défense, lui eût ouvert ses portes, il resta quatre mois à faire ce trajet, laissant à l’esprit public le temps de se remettre de son abattement, et à Santa-Anna celui de réorganiser une armée , de créer des fortifications, de faire enfin pour la défense de la capitale tout ce qui pouvait en empêcher ou en retarder la prise. Santa-Anna en cette occasion fit preuve de caractère et d’habileté; lui seul entre les généraux mexicains était capable de ne pas désespérer du salut de la république, et de trouver les moyens de faire encore face à l’ennemi.

Quand le général Scott arriva au bord des lacs, il reconnut sans doute qu’il avait trop tardé : il tâtonna, tourna Mexico, puis vint s’engager dans le mal pais de San- Angel, d’où il fut repoussé le 19 août par le général Valencia; mais il reprit ses avantages le lendemain dans deux combats, l’un à Padierna contre Valencia, à qui il enleva son artillerie; l’autre à Cburubusco contre Santa-Anna en personne, qui avait

1 17 avril 1847.

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