‹ Le MexiqueChapitre 83 sur 247 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Queretaro. Los Mexicains abandonnaient aux Etats- ITnis la moitié de leur territoire , et recevaient comme indemnité une somme de 15 millions de piastres.

Herrera reprit les rênes du gouvernement: le temps de sa présidence, interrompue par lusurpation de Paredeset par l’invasion américaine , n’était pas encore terminé. Le parti modéré fut appelé par lui aux affaires : rien d’important ne signala ce dernier acte de son pouvoir.

La nation songeait à lui donner un successeur capable de répondre au vœu public; mais elle se trompa encore dans son choix : le ministre de la guerre Arista, élu parles Etats, n’était en rien à la hauteur des exigences du moment.

Jamais aucun président n’avait joui à son avènement d’un pouvoir moral plus grand; il était dictateur de fait; il pouvait tenter toutes les réformes que réclamait 1 administration du pays sans trouver d opposition ; mais il n’osa assumer sur lui la responsabilité des réformes, il resta président constitutionnel, attendant lui-même des chambres ce que la nation n’attendait que de lui seul. Cette faute ne tarda pas à être punie. Ces mêmes chambres, composées de gens nuis, prirent à tâche de repousser ses moindres initiatives, de le contrarier en tout. Deux ans s’écoulèrent sans qu’une seule question importante, diplomatique ou administrative, put être décidée.

Tel était l’état des choses lorsque le cri de l’insurrection partit de Guadalaxara au mois de juillet 1852. Santa-Anna y était encore invoqué comme le sauveur

de la patrie. Arista ne pouvant disposer que d’un trèspetit nombre de troupes, ne put étouffer à temps la sédition. Après la retraite des Américains, l’armée n’avait pas été réorganisée, car elle était regardée comme plus dangereuse qu’utile au pays. La révolution grandit donc rapidement, accueillant sous ses drapeaux tous les militaires en disponibilité; elle triompha, et Santa-Anna, quittant Cartbagène, où il s’était retiré, reprit le timon des affaires au mois d’avril 1853.

La composition de son cabinet révéla la marche politique qu’il allait suivre. Les ministres Alaman , Bonilla, Lares étaient les chefs du parti monarchique et ultra-religieux. La fédération fut abolie, on conféra à Santa-Anna le titre d’ Altesse Sérénissime; l’ordre des chevaliers de Guadalupe, institué par l’empereur Iturbide, fut rétabli; les jésuites expulsés du Mexique au milieu du siècle dernier y furent rappelés; l’instruction publique fut restreinte, 1 armée rétablie sur un pied inouï de force et de luxe, 12,000 nominations d’officiers de tous grades surchargèrent les cadres de l’armée , dont l’état-major n’était déjà que trop nombreux. Le produit de la vente de la Mesilla et des contributions de toute espèce qui furent imposées à la nation, devaient parer, pour un temps du moins , aux énormes dépenses qu’entraînait un tel ordre de choses.

La nation attendait avec impatience le fruit de tant de sacrifices. Les barbares du nord ravageaient les Etats deSonora, de Sinaloa, de Chihuahua, de Durango, de Zacatecas; des bandes formidables de bri-

Page 1