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CHAPITRE VI

Mexico après la conquête. — La grande place. — Dédicace du grand téocali.

— La cathédrale. — Le palais des vice-rois. — L’hôtel des monnaies. — L r chcirostcmon. — L’Université. — Antiquités mexicaines. — L’école des mines.

— L’Alameda. — Promenade de Bucareli. — Luxe des dames mexicaines. — Promenade de la Viga. — Chinampas. — Place de San-Pahlo. — Course de taureaux. — Théâtres. — L’opéra. — La comédie. — Costumes des différentes classes de la société. — Le jeudi saint. — Coup d’œil philosophique sur l’éducation et le caractère des hommes et des femmes. — Les leperos. — Leurs duels. — M. Michel Chevalier. — Améliorations introduites dans la société mexicaine depuis la déclaration de l’indépendance. — Exquise politesse des Mexicains. — Incapacité des hommes d’Etat. — Administration de la justice. — L’armée. — Les duels sévèrement punis. — Opinion de l’exprésident Gômez Pedraza. — Injustice des partis envers les étrangers qui prennent du service dans l’armée. — Nombre des Européens qui se trouvent au Mexique. — Caries de sûreté. — Les Français ont plus concouru à l'avancement du pays que toute autre nation. — Le cœur de l’Européen devient meilleur après un long séjour au Mexique. — Le commerce. — L’aristocratie.

— Les bals. — Soirées de M. le baron Deffauclis. — Le baron Gros. — Le baron Mley de Cyprès. — M. Levasseur. — Journaux qui se publient au Mexique.

— Réclamation de 30,000 piastres pour fies petits pâtés volés. — Etablissements industriels. — L’imprimerie de M. Cumplido. — Fabrique de soieries de M. F raneoz.

Quatre ans après la prise de Mexico par Fernand Cortès, la ville était rebâtie à peu près comme elle I est à présent. Mais la nouvelle ville n’a plus rien de l’ancienne : les canaux sont devenus des rues pavées; aux téocalis ont succédé des églises chrétiennes, et sur remplacement des palais des rois se sont élevées les habitations des conquérants, et des marchands qui vinrent s’v fixer (52 bis).

Les rues orientées aux quatre points cardinaux et parfaitement alignées, laissent apercevoir partout, a leur extrémité, la chaîne de montagnes dont la vallée est ceinte. Elles sont moins propres que celles de

Puebla; les trottoirs en sont plus étroits, niais elles sont bordées de belles maisons, toutes décorées de balcons en saillie.

Ces maisons se composent communément de quatre corps de bâtiment avec deux cours; les plus hautes n’ont qu’un étage au-dessus de l’entre sol ; elles sont toutes couvertes en terrasse. On n’habite que les appartements supérieurs. Le rez-de-chaussée est occupé par les magasins et les boutiques, à cause de l’extrême humidité : à quelques pouces au-dessous du sol on trouve de l’eau.

Sur deux côtés de la cour au moins's’étend un impluvium qui permet de gagner à pied sec le bel escalier en pierre qui mène au premier étage. Là une galerie couverte, ornée de pots de fleurs et d’arbustes, conduit au grand salon, ainsi qu’aux autres parties de l’appartement.

L’architecture de distribution, telle que nous l’ont léguée les Espagnols, est tout à fait dans son enfance; ce sont des pièces d’enfilade qui s’inutilisent l’une par l’autre, faute de portes de dégagement; elles imposent l’obligation de passer par une chambre à coucher pour arriver à une autre, ou par la salle à manger pour se rendre à la cuisine. Mais les architectes étrangers sont parvenus à réparer ce vice de distribution, quand il y a surabondance de pièces, et surtout quand la galerie s’étend de plusieurs côtés. D’ailleurs les petites défectuosités qui peuvent encore subsister sont compensées par un grand luxe de décors et d’ameublements, que j’ai vu naître à mon arrivée, et qui de-

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