‹ Le MexiqueChapitre 95 sur 247 · partie par les soins intelligents de M. Isidore Gondra · texte numérisé non relu

partie par les soins intelligents de M. Isidore Gondra

Ce musée est pauvre; la section des antiquités du pays offre seule quelque intérêt, quoiqu’il lui manque beaucoup pour être complète. Par exemple, on s'étonne de n’y trouver aucun de ces objets d’or ou d’argent si bien travaillés, dont Cortès parlait avec admiration dans ses lettres à Charles-Quint. 11 n’en reste pas davantage en Espagne : tout a été fondu. On n’y voit non plus aucune de ces anciennes mosaïques de plumes que les Mexicains savaient si bien nuancer qu’on les prenait pour des peintures. Celles qui existent sont d’un temps postérieur à la conquête el d’un mérite bien inférieur. Cet art, dans lequel excellaient surtout les Indiens des environs de Patzcuaro, s’est perdu peu à peu.

On y conserve quelques-uns de ces manuscrits originaux peints sur papier maguey , dont les plus remarquables sont ceux qui représentent l’histoire des Aztèques depuis la confusion des langues, leur voyage d’Astlan à Mexico, le plan de cette ville donné à Cortès par Montézuma , et le dénombrement des tributs qu’on payait à ce monarque. On y voit aussi la collection des dessins que le capitaine Dupaix rapporta de Palenque et de Mitla, et que lord Kingsborough fit lithographier à Londres.

Le musée possède aussi une centaine de masques d obsidienne, de serpentine et de marbre, dont plusieurs ont un assez grand mérite d’exécution; puis une collection de vases de marbre et d’argile, d’ustensiles domestiques en terre, en bois, en pierre; des mi-

roirs métalliques, des amulettes et des ornements en agate, en corail et en coquillages.

On a rassemblé pêle-mêle, dans un coin de la cour, les grandes idoles, les figurines de pénates et de héros . des imitations d’animaux, des armes de villes, etc.; les unes sont en porphyre, les autres en serpentine. Parmi ces antiquités se trouve la statue de Teoyamiqui, déesse de la guerre et de la mort; elle est haute de huit pieds. C’est moins une figure qu’un horrible assemblage des attributs de la guerre et de la vengeance; le carnage, la cruauté, les tortures et la mort y sont représentés en hiéroglyphes effrayants. Cette hideuse déité porte sur la poitrine une tête de mort suspendue à un collier de coeurs et de mains coupés; sa jupe est faite de serpents entrelacés; ses bras sont figurés par les ongles du tigre; les serres de l’aigle forment ses pieds; une tête de hibou surmonte tout cet ensemble.

Devant cette idole se trouve la pierre triomphale , de forme ronde , ayant sept pieds de diamètre et deux de hauteur. Elle est ornée dans son pourtour de basreliefs représentant un guerrier vainqueur de quatorze champions. Une rigole, qui paraît y avoir été pratiquée pour l’écoulement du sang des victimes, lui a fait donner vulgairement le nom d e pierre des sacrifices; mais d’après ce qu’on connaît des sacrifices des anciens Mexicains, la pierre sur laquelle la victime était immolée était toute différente de celle-ci. Longue de cinq pieds, haute de quatre et large de trois, elle était convexe à sa partie supérieure. Les prêtres sacri-

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