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CHAPITRE VI

avoir fai L le tour du premier ou du second bassin, elles reviennent sur leurs pas pour recommencer la même course, ou s’arrêtent au rond-point principal pour voir défiler les autres.

En 1831, il n’y avait encore à Mexico qu’un carrosse européen , celui de don Francisco Fagoaga; mais depuis lors les équipages de fabrique française ou anglaise sont devenus aussi communs que les voitures du pays. La caisse de celles-ci est bien suspendue et faite avec soin, mais le train en est disgracieux; elles ne peuvent soutenir la comparaison avec les premières.

Depuis cette innovation dans la mode des voitures, l’usage des mules a aussi cessé d’être exclusif. Les plus beaux équipages ont maintenant des attelages de grands chevaux du Kentucky ; d’autres en ont des chevaux du pays.

Cette coutume de se servir de mules pour les voitures, venait probablement de ce que ces animaux supportent mieux la fatigue cl sont moins ombrageux que les chevaux. Mais il faut bien sacrifier quelque chose au bon goût : un attelage de chevaux à tous crins est bien plus noble, bien plus brillant. A la vérité, il y a des mules superbes, de la taille des plus beaux chevaux; mais elles n’ont jamais autant de grâce : elles gardent toujours quelque chose de la mésalliance.

Le premier objet de luxe pour une dame mexicaine, après la toilette, c’est une voiture. Mexico est la ville du monde ou il y a le plus d’équipages1,

1 Ou voit à la Havane un plus grand nombre de cabriolets ! volantes ), mais beaucoup moins de voitures fermées.

eu égard aux fortunes. En France, comme partout ailleurs, on commence par s’entourer de toutes les commodités de la vie intérieure avant de penser à une berline. Quand on a un appartement élégamment meublé , on veut avoir une bonne table ; le service ne doit rien laisser à désirer; il est essentiel aussi que la cave soit bien garnie et qu’on puisse traiter souvent ses amis. 10,000 francs de rente, sagement employés, suffisent en province pour vivre ainsi, tandis que 20,000 sulfisent à peine pour soutenir ce luxe d’un carrosse. Quelle en est donc la raison ? C’est qu’on habite plus sa maison que sa voiture, et qu’on veut avant tout y jouir de l’aisance et de tous les agréments possibles. Quand on arrive à 20,000 francs de rente, on double le luxe de sa table et les commodités de sa maison, et on préfère encore le plaisir de donner des fêtes à celui de se faire bercer dans une boîte à quatre roues. Il n’y a là , du reste , rien que de très-simple pour nous, surtout si nous avons de bonnes jambes ; mais les Mexicains pensent différemment, et voici pourquoi.

A table ils ne font parade d’aucun luxe , sauf un très-petit nombre d’exceptions; loin de là, le service est d’une grande mesquinerie, et les mets, quoique assez nombreux , sont tous grossiers et uniformément apprêtés. L’entretien du cellier n’est d’ailleurs nullement dispendieux, puisqu’un Mexicain se contente pour lui-même d’un verre d’eau après le dessert.

Il n’est donc pas besoin, comme on voit, de ces cuisiniers habiles dont l’art se fait payer si cher, et

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