‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 106 sur 185 · CHAPITRE XI.— UXMAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI.— UXMAL

par des tètes de monstre. Au milieu de la partie supérieure, et touchant à la corniche, se trouve un© énorme tète humaine, encadrée à Tégyptiennè, ayoo une corne de chaque côté. Ces trophées sont séparéf pur des treillis de pierre qui donnent à Tédifioe une grande richesse d'effet. Les coins ont toujours oette ornementation bizarre, composée de grandes figures d'idoles superposées, avec un nez disproportionnéi tordu et relevé, qui fait songer à la manière chinoise L'aile gauche [casa de la Culebra)^ façade du Serpent, presque entièrement ruinée, devait être la plus beUcé Son nom lui vient d'un immense serpent à sonnettes courant sur toute la façade, dont le corps, se roulant en entrelacs, va servir de cadre à des panneaux divers»

Il n'existe plus qu'un seul de ces panneaujc : o'est une grecque, que surmontent six croisillons, avec rosace à l'intérieur ; une statue dlndien s'avanœ eu relief de la façade, il tient à la main un sceptre ; on remarque au-dessus de sa tète un ornement figurant une couronne. La tète et la queue du serpent se rejoignent à l'autre extrémité, et Ton reconnaît par* faitement l'appendice caudal qui distingue le serpent à sonnettes.

La partie écroulée laisse voir l'intérieur de deux salles^ où l'on distingue encore les trous destinés aux hamacs dont j'ai parlé plus haut.

Les petites niches en forme de ruche qui ornent

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les dessus de porte de la quatrième façade lui ont fait donner le nom de façade des Abeilles. C/est un ensemble de colonnettes nouées dans le milieu trois par trois, séparées par des parties de pierres plates et les treillis qu'on rencontre si souvent; ce bâtiment est d'une simplicité relative , comparé à la richesse des trois autres. Comme la cour, il est en contre-bas, et la grande entrée du palais le partage en deux.

La cour contient deux citernes cimentées, destinées à recueillir les eaux pluviales.

On ne peut s'empêcher d'admirer la richesse d'imagination qui sut grouper dans le même palais une telle profusion d'ornements et les distribuer sur des façades toutes différentes, malgré quelques points de ressemblance.

La maison du Nain, dont Stéphens raconte la légende, est un temple placé sur une pyramide artificielle de soixante -quinze à quatre-vingts pieds d'élévation. Placé à cent mètres environ du palais des Nonnes, il se compose d'un corps d'habitation avec deux salles intérieures, et d'une espèce de petite chapelle en contre-bas tournée à l'ouest; ce petit morceau est fouillé comme un bijou; une inscription parait avoir été gravée, formant ceinture au-dessus de la porte. Les caractères, brisés pour la plupart, disparaîtront bientôt avec le bâtiment, aujourd'hui dans un état déplorable de dégradation.

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La légende de Stéphens a un cachet tout indien ; elle peut intéresser le lecteur. La voici :

tÉGENOE DE LA MAISON DU NAIN

Il y avait une fois une vieille femme, vivant solitaire dans son jacalj sur le lieu même où s'élève la pyramide et le petit palais. Cette pauvre vieille se désolait de n'avoir point d'enfants.

Dans sa douleur, elle prit un jour un œuf, l'entoura de chiffons et le mit avec soin dans un coin de sa cabane. Chaque jour, elle l'examinait avec anxiété; mais l'œuf conservait sa forme première. Un matin cependant, elle trouva la coquille brisée et, dans les langes de coton, une charmante petite créature lui tendait les bras.

La vieille femme, ravie, l'appela son fils, lui chercha une belle nourrice et en prit tant de soin, qu'au bout d'une année, l'enfant marchait et parlait aussi bien qu'un homme ; mais il cessa de grandir.

Plus enchantée, plus ravie que jamais, la bonne vieille s'écria qu'il serait un grand chef, un grand roi.

Un jour, elle lui dit d'aller droit au palais du gouverneur et de le défier à tous les exercices de force. Le nain la supplia de ne point l'engager dans une telle entreprise, mais la vieille exigea qu'il partit. Il lui fallut donc obéir. La garde du palais l'introduisit

près du monarque, auquel il jeta son défi. Ce dernier sourit et le pria de soulever seulement Une pierre de trois arrobas (75 livres). Le pauvre enfant s'en revint en pleurant vets âa lùèPe qui le envoya, disant : Si le roi soulève la pierre, tu la soulèveras aussi.

Le roi la leva donc, et le nain la leva pareillement. Oii voulut alors éprouver sa force d'autres manières, iUàiS tout ce qu* avait fait le roi, le nain l'exécutait avec la même facilité.

Indigné d'être vaincu par un si petit être, le roi lui dit aloi*s que s'il ne bâtissait, en une nuit, un palais plus élevé que tous ceux de la ville, il mourrait.

L'enfant, épouvanté, retourna sanglottant vers la vieille qui lui dit de ne point désespérer, et, le matin, ils se réveillèrent tous deux dans le charmant palais qui existe encore aujourd'hui.

Le roi vit avec étonnetnent ce palais magique ; il manda le nain et lui ordonna de réunir deux faisceaux de cogoioly espèce de bois très-dur, avec lequel, lui, le roi, frapperait le nain sur la tète, son petit ennettii devattt le frappet à son tour.

Celui-ci Courut encore chez sa mère, pleurant et se désolant; mais la vieille releva son courage, et lui ayant placé sur la tète une petite tortille de froment, felle le renvoya près du roi.

L'épreuve fut faite en présence des personnages les plus considérables de l'État, et le roi brisa son faisôeau tout entier sur la tète du nain s^Us lui faire le

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ffioindi'e lîrtil î ce que voyant, il voulut sauver sa tète de rét)reuve qui Tattefidâit; ftiâis, eomme ïl avait donné sa pâtole devant toute sa cour ^ il ne put s*y Soustraire. Le ïiàln frappa donc et, dès le Second coup, fit Voler en éclats le crâne du roi ; aussitôt tous les spectateurs chantèrent Victoire et aèdaitièrênt le vainqueur comme leur souverairi.

La Vieille femme disparut alors; fnaU dftns le village îndiëîl de Mahl, à dix*sept liettes de là, se trouvé un puits profond qui îiiène à d'imiïietiSëâ souterrains s*êtëndant jusqu'à Mêridà.

Dans ce souterrain, suf le bord d'une rivière et sous l'ombre d'un grand arbre, une vieille femme est assise, uii serpent à Son côté. Elle Vend de TeaU par petite quantité, mais n'adcepte point d'argent pour Sa peine ; il lui faut des créatures humaines, d*iîiilo- Céttls bébés que le Serpent dévore. Cette vieille femme, c'est la mère du tiàin.

La Prlsôft, à l'ouest, dans le bois, semble être uiiô copie du même édifice à Chichen-ItÈa; tuème dispositioli intérieure, même èirchitecturé au dehors, aVec plus de simplicité.

Là (Ha^a de las Palomas (palais des CôlotnbèS) ûë présente plus aujourd'hui qu'une muraille dentelée de pignons assei élevés, percés d*une înultitlide de petites ouvertures, qui donnent à chacun la physîôttbmiè d'un colombier.

Cette muraille, espèce d'ornementatiqp bizarre, est élevée en surplomb d'un monument à quatre corps de logis plus considérable encore, comme étendue, que le palais des Nonnes ; malheureusement, les quatre façades sont entièrement ruinées et ne présentent plus que des débris où toute trace d'ornementation a disparu.

Le palais du Gouverneur est la pièce capitale des ruines d'Uxmal ; de proportions plus harmonieuses, plus sobre d'ornements avec plus d'ampleur, du haut de ses trois étages de pyramides, il se dresse comme un roi, dans un isolement plein de majestueuse grandeur.

Le corps du palais mesure plus de cent mètres; il est élevé sur trois pyramides successives ; la première de ces pyramides a deux cent vingt mètres et sert, pour ainsi dire, de marchepied à la seconde; la seconde, de deux cents mètres environ sur quinze pieds d'élévation, forme une immense esplanade pavée autrefois, avec deux citernes, comme dans la cour des Nonnes.

Un autel, au centre, soutenait un tigre à deux tètes, dont les corps reliés au ventre figurent une double chimère. Un peu plus à l'avant se dressait une espèce de colonne ditQ pierre du châtimenty où les coupables devaient recevoir la punition de leurs fautes.

La troisième pyramide, qui sert de plate-forme au

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