CHAPITRE 3(n,~>U%U|ifACINTA. Wl
malgré sa tendre jeunesse, il ouvrait une petite . gueule parfaitement armée, et se montrait méchant comme une gale. J'en voulais faire un compagnon de route, un ami s'il était possible, et je le gardai deux jours, mais il ne répondait à mes avances qqe par des bâillements menaçants, et mes bienfaits ne furent payés que de la plus noire ingratitude. Désespérant d'en rien faire, je le rejetai dans le fleuve où je Ven* voyai rejoindre ses cbers parents. Mais voilà Palis* sada^ avec sa magnifique bordure de palmm reale$ (palmiers royaux) d'une hauteur énorme.
Palissada n'est qu'une succursale da Carmen ; Vun e»t le lieu de production, et l'autre l'entrepôt*
Chaque maison de Carmen a donc un double comp^ toir à Patiftsada, où sont groupés une foule d'Indiens coupeurs de bois. Les che& de maison entretiennent^ en outre, des relations avec les villages indiens de Vintérieur, dont les habitants engagent, moyennant avance^ leur travail de l'année.
Le Yucatan et l'état de ïabasco sont les seules pro^ vinces, au Mexique, où l'Indien soit pour ainsi dire esclave. Au Yucatan, il est fort mal traité dans les haciendasy et bien des chefs d'habitation, pressés d'ar* gent, les vendent en cachette à des exportateurs de la Havane. A Tabasco, ils ont bon air, sont bien vétqs et vivent dans Tabondance ; leur paye est forte, du reste, et voici comment les marchands de bois les tiennent à leur service :
Il est admis que Tlndien des terres chaudes n'aime point le travail; quand il s'y livre, c'est par besoin, pour retomber après dans son inertie naturelle. Cette apathie est l'unique raison de l'état inculte des terrains $i fertiles du niveau de la mer. Or, l'État de Tabasco, devant sa richesse à l'exploitation de ses bois de teinture, a porté remède à cette paresse invétérée par un article de sa législation, qui déclare que tout Indien endetté ne peut abandonner le service de son maître avant de s'être intégralement libéré.
Il s'agissait donc d'endetter l'Indien, chose facile pour tous les hommes et par toute la terre. Outre une première avance d'argent qui met d'abord le serviteur sous la dépendance du maître, chaque négociant possède une boutique où l'Indien imprévoyant trouve à crédit tout ce qui peut flatter sa prodigalité. On accroît la dette, on la maintient, suivant le besoin du moment et voilà le serviteur esclave à perpétuité. S'il change de maître, c'est que le second rembourse au premier les avances qu'il a faites. Il y a, en outre, une exploitation des plus habiles. Quoique grassement payé pour un travail, il faut le dire, fort pénible, la somme que débourse le maître, se trouve fort réduite, par l'obligation imposée au serviteur de se fournir de tous objets au niiagasin de la maison. Des sommes considérables se trouvent ainsi engagées sur la tête des travailleurs, et quand un négociant possède à son service deux ou trois cents Indiens, il n'est pas éton-