‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 119 sur 185 · CHAPITRE XII. — UZUMACINTA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — UZUMACINTA

enveloppait toute chose de son voile magique. Pas un souffle dans le feuillage, pas une ride sur Tonde.

Au milieu de tous ces silences, muet d'admiration, j'avançais, comprenant pour la premièrafois la poésie de ces admirables solitudes.

Non, rien ne saurait rendre les splendeurs de ces nuits étoilées ! Tout, dans cette nature silencieuse, était aspiration, mystère, religieuse éloquence, et, dans ce recueillement universel, le cœur unissait sa prière à la prière des choses. Si parfois les cris éclatants des singes hurleurs, si le rugissement du jaguar ou le chant lugubre d'un oiseau de nuit venait troubler cet hymne du sommeil, il semblait qu'une puissance inconnue étouffât ces voix, et que la nature entière s'inclinât de nouveau dans un silence plus majestueux encore.

Ne suffit-il pas d'un moment pareil pour rendre à l'âme qui doute la foi qu'elle a perdue?... Abimé dans la contemplation de ces beautés, écrasé par leur grandeur, je m'enivrais aux sources de cette poésie éternellement jeune et divine, et ne me laissai aller au sommeil que lorsque les premières clartés de l'aurore vinrent dorer la cime des bois. L'un des Indiens cependant m'appelait depuis longtemps :

— Seîlor, disait-il, seûor, levez-vous, nous sommes arrivés.

— Arrivés! m'écriai-je en me dressant, arrivés, où cela?

â9| m MEXIQUE.

T-A Sai^ Pedro, yépondit-il, et si vous vou^^z vq\\s repo^pr 4 Tombi'e et déjeuner, je .vais vo^s ponduirp à ]^ wçtjspp de do?i imuj à qui ^'^dyesse une des l^ttçei^ que vous avez.

— C'est bien, lui dis-je. Je ^vis, eu jet^t les yeui: autoup de nous, que le paysage était changé ; le c^f^eo ^Yftit çtbfi^ndonné le cours du fleuvp pour l'eiQonter uu petit affluent. La rivière où uou&l étîoua alors u'^vait pas plus de vingt-cinq é^, trente uiètrefi d§ largp, les bords étaient privés d'arbres^ ïUfi^is cour verts de plaptes aquatiques. Sur la petite lande de %oit§ paisfa^ient quelques bestiaux, et, dans ]^ fond, appuyées au |)Qis, s'étalaient les cabanes à toit 4e clie^ume d'un village indien. Mon guide n^e cQu4^i^it k la plu^ gri^nde 4e ces habitations et p^e pi^ésepta le propriétaire, don Juan, à qui je remis la lettre 4e 4pn Francisco. Mon nouvel l^ôt^ me donner une poignée de main amicale, et, ni'indiquant uu liam^p, m'iqvita à fla'y reposer \ puis il n^e pria de Texpuseç uïie miflut^* m'assurant qu'il serait bientôt tout ^ moi.

(j'iQtéi'ieur de la çasp, 4 jour comme toutes cplle^ 4e ces parages^ anqouçait une certaine aisanpe : la cabane, divisée eu qus^tre panpipfirtiu^ents, cputenMt une tiend(^ d'approvisionnement pour les Indiens, des chambres pour les femmes, et la pièce commuuei sç41e à manger, où Ton m'avait installé. La cour, entourée d'une haute clôture, renfermait toute u^^

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