‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 120 sur 185 · CHAPITRE X]U UZUMACINTA · texte numérisé non relu

CHAPITRE X]U UZUMACINTA

ménagerie de bipèdes, où poules, canardS| dindoiis énormes, gloussaient et piaulaieut à. Tenvi ; quant 4 messieurs du grouiUi ils sembls^ieut jouir des privilèges les plus ét^udus, entrant et sortaut tour à. tour, travergaut les pièces, s'y reposant ftu besoin, çt mo venant flairer avec une auda-cieuse familiarité, Jj^ cuisine seule leur était interdit^, et quand, timide-' ment et en tapinois, comme une béte en faute, ils parvenaient à s'y introduire, un eutchf cutch^ plu« sieurs fois répété, les mettait en fuite à l'inçitantt

Don Jue^n devait être chasseur, car deu:!^ fusils, une poire à poudre et de grands machetes pendaient 4 l'une des cloisons ; j'en étais là de mon inventaire quand il reparut.

-rrVpus devez être bien fatigué» nie dit-il, ciftr trois jours de cajucOf par une telle chaleur, sont une tepc rible affaire ?

—Je le m\^ si peu, répondis-je, que 3i vou$j f^ve« quelque chose de nouve8|.u et de curieu^ç à me maj^i^ tref au viUage, je suis pyêt à vous suivre.

— C'est parfait, répondit-il; mais déjeuflons d'çt* bord, et plus tçird je pense pouvoir vous iutéresse^ quelque peu.

Sur ces entremîtes, la ménagère, grosse femme ya* bondie, avait couvert une petite table fort bas^e d'uftei serviette gfise 4 frange, sur laquelle un ragoût d^ poulet de fort bonne mine, flanqué d'un plat de ha« ricots noirs, nous attendait tout fumant « Une pile

de tortilles blanches et minces remplaçait le pain. L'usage de la fourchette est inconnu : l'Indien prend un morceau de tortille, qu'il arrondit en cuiller, pour porter à sa bouche les aliments quels qu'ils soient ; les doigts et le couteau viennent au besoin en aide à cet instrument tout primitif; on se lave les mains en sortant de table. N'ayant point eu de vivres frais depuis trois jours, je dévorais, à la grande satisfaction de mon hôte, auquel mon appétit faisait honneur.

— ^Avez-vous jamais mangé du caïman ? reprit don Juan.

— Ma foi non, répondis-je, et je m'en soucie peu; cela doit être dur et coriace ?

— Pas tant que vous le pensez, n'est-ce pas Hyacinto? fit-il au domestique qui nous servait. Celui-ci répondit par un signe d'assentiment. Il faut que vous sachiez, poursuivit don Juan, que les Indiens de ce village ne vivent guère que de la chair du caïman ; cette nourriture est saine, vous le verrez, car tous mes compatriotes sont robustes et, sauf les accès de fièvre qui de temps à autre nous accompagnent jusqu'à la tombe, ils sont les mieux portants du monde. De plus, cela ne coûte rien, car, vous avez dû le remarquer, les caïmans grouillent dans nos rivières, et pèche qui veut. Mais venez, ajouta-t-il en se levant, je veux vous montrer quelques belles pièces de cet étrange gibier.

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