CHAPITRE XII. UZUMACINTA
Je le suivis; dans le premier jacal où je pénétrai à la suite de mon hôte, deux crocodiles vivants, les pattes amarrées, le ventre en l'air et la queue coupée, attendaient dans une triste résignation que leur dernier jour fût arrivé.
— On leur coupe la queue par précaution, comme vous voyez, me dit don Juan, car ils feraient des sottises et pourraient casser une jambe du moindre coup.
Je m'approchai des deux monstres, dont l'un avec sa queue devait avoir mesuré quinze pieds au moins; l'autre était un novice. Ils ouvrirent tous deux leur gueule formidable , mais impuissante , frissonnant d'une rage stérile. Les deux ovipares exhalaient une forte odeur, tenant un peu du musc, mais infiniment désagréable.
Nous en trouvâmes encore dans d'autres cabanes, tous dans le même état et destinés au même usage.
— On les prend de deux manières, me dit don Juan : avec un fort crochet garni d'un appât, et il me montrait la tr^ce du fer qui avait percé la mâchoire inférieure, ou bien à la main. — Oh ! oh ! pensaisje, don Juan me prend pour un autre, mais je ne la goberai point ; et comme il me vit sourire :
—Vous paraissez en douter, seûor?
— Non, repris=-je, oh ! non , vous .me l'assurez. Néanmoins, je serais enchanté de le voir, et voici même une piastre â l'adresse du héros qui me donnerait ce curieux spectacle.
—La piastre était inutile, poursuivit mou homme, cependant cela ue gâte rien. Et comme nous croisions^ dans le village, nous rapprochant de sa cabane :
— Hç^à! hé! Cyrilo.,. Cyrilo!
Au troisième appel de don Juan, ua grand gaiUar4i noir, maigre et nerveux comme un tigre, Tahorda, &aQ chapeau à. la n^ain.
— Qu'y a-t-il pour votre service, ^Pn Jfuw?
-^Yoilà monsieur qui voudrait bien te voi^ amener un loffortOf il a Tair de dov^ter d^ tes moyensi^
•^Oh l ce n'est pas une affaire, reprit tranquiUçment Tlndien, et pour vous faire plaisir, doji Juan.«.^
—C'est une pûai^tre pour \(x\^ mon garço^i; ai^si ^ono, tâche ^e te distinguer.
Cyrilo demanda cinq minutes pour se préparer, et nous pr<umt de nous rejoindre au bord d'un bajou, petite rivière étroite et ]iente, dans le bois, de Vau^r^ c<^té du village; pour nous, nous devions prendre une piirogue et nous faire conduira jusque-là^.
Quand nous arrivàippies, neutre houm^e é^^ sur la berge mns attendaAt ; il éts^it nu et tenait à la n^^iin uu for^ poignard, don^ la lame, longue de huit, pouces, semblait un énoriptxe clou, carré à 11^ base. Il avait déjà jeté sur les alentours un coup d'oeil de CQuuaisseur. A vi^gt pas, il nous fit signe d'arrêter ' et, nous, précéds^nt avec précaution, il nous indiqua^^t un poip^lj de I9, rive ençpmbré de toui(fes 4e h|^uteS| herbes ; il n'en était plus qu'à ^i^ pas e^uviron, q9an4