‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 123 sur 185 · CHAPITRE XU. — UZUMACINTA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU. — UZUMACINTA

dre ; l'instinct le fait fuir devant l'Indien de San Pedro, tandis qu'il se jetterait sur tout autre pour le dévorer.

— Si vous vouliez nous rester une huitaine, me dit don Juan, je pourrais vous montrer une chasse au jaguar qui ne manque pas d'intérêt.

— Cela est bien tentant, ami don Juan, lui répondis-je ; mais j'ai deux hommes qui m'attendent et une longue traite à fournir; vous^me conterez vos chasses, si vous le voulez bien.

— ^oit, mais demain matin nous irons pécher des tortues. Nos Indiens en font un petit commerce et vont en vendre dans les villages, jusqu'au pied des montagnes, à las Ployas et à Palenqué. Pécher la tortue se dit clavar la tortugay parce qu'en effet on les chasse au moyen d'un fer pointu emmanché d'un bâton.

Le jour suivant, de fort bonne heure, j'accompagnai don Juan dans son cajuco; tous deux nous étions armés de l'engin susdit. L'esquif, guidé par un jeune Indien, nous permettait de sonder çà et là le fond de la rivière; il faut, pour réussir, une certaine habitude; et don Juan avait déjà harponné deux tortues que je n'avais encore senti l'écaillé d'une seule ; cependant je finis par en amener une, et je jugeai au poids ma prise de peu d'importance. C'était, en effet, une jeune tortue de six pouces de diamètre, dont la cuisinière n'aurait point voulu ; je me dégoûtai facilement d'un exercice où je n'excellais guère, et le

soleil montant, nous rentrâmes au village avec eii^q magnifiques bètes, dont la plus grande n'avait pas moins de douze à quatorze pouees de diamètre. Don Ju^n nous en fit apprêter une : la chair ep est grai^^ seuse, fade, et nécessite un fort assaisiomentei^t.

Q\iant à la chasse au tigre, à laquelle je ne pouvais assister, don Juan me raconta ce que ehaoun me coQ-r firma plus tard, que c'était la ehas^ du ^^o^dç lu plus innocente et la moins dangereuse» n^lgra )^ férocité de la bète,

-^Yoilà mes chiens, diM}> en me désignant le9 roquets assis autour de pous et demandant h^mb}^ ment quelques os à ronger,

— rMais ce ne sont point des chiens de chassa?

— Gela ne fait rien, reprit don Jua^ ; ils ç^nt assez de talent pour trouver une piste et la suivre, le r^te me regarde. Pendant le jour, le tigre e^t tiniide ; il se blottit sous quelque roche ou se tie^t perché sw les branches d*un gros arbre : il dort ; la nqit seules ment il est terrible. Voilà mon favori ; ç^'est 1^ prer mier de mes pointeurs, dit-il ?i\ jetant une xnoitié ^ tortiUe à Tun dea petits mendiants, b^t^ un p^ maigre, grise de couleur et d'un poil rf^ï«fe> d^i^t riw n'annopçait les remarquables facultés ; nous r^venottf; rarement les mains vides ^uand naus p^rtQus de ^o&t pagnîe ; mais il se fait vieux et je pe sais si j^ pQuvr%i jamais le remplacer.

^S|ais l^L fait, dan Juan \ lui disr^ (cm j Vi»^ P>W

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