CHAPITRE XTÎI.— PALENQUÉ
seuse Indienne dans le creux d'un hamac, le village s'étiole dans son isolement, et n'offre- plus au regard qu'une rue de gazon vert bordée de cabanes désertes; l'église, placée sur l'éminence, n'est qu'une masure en ruine sans pasteur pour la desservir.
Le village est néanmoins une sous-préfecture, et le fonctionnaire, don Agustin Gonzalès, voulut bien nous offrir l'hospitalité. Quatre ou cinq familles de race blanche habitent la bourgade : don Âgustin, don Dionysio, le receveur ; je ne fis qu'entrevoir les autres. Entre tous, je remarquai un jeune Allemand, grand admirateur des ruines, naturaliste passionné, qui, peut-être dégoûté du monde, est venu fixer sa demeure à Santo Domingo. Marié depuis avec une fille du pays, il y poursuit des recherches que sa santé chancelante rend de jour en jour plus pénibles.
Longtemps il m'entretint des ruines que j'allais visiter, m'exaltant leur grandeur et leur originalité : il avait découvert, disait-il, cinq ou six temples nouveaux, espacés dans la montagne ; il comptait en découvrir d'autres. Mon hôte, don Agustin, me conduisit à la maisonnette faisant face à la sienne, dont le propriétaire possède, incrustés dans le mur de son logis, les deux bas-reliefs si connus et reproduits par tous les voyageurs, représentant : l'un, un personnage debout, couvert d'ornements d'une grande richesse, les jambes chaussées d'espèces de hauts cothurnes ; par derrière^ un enfant suspendu à sa ceinture, semblç
âlO LE MEXIQUE.
pousser des ctîs de désespoir; Tàiitre, uti vieillard paraissant souffler dans uti instrument bizarre, corne de guerre où calutnet, instruttient qu'on retrouve dans les bas-reliefs de la chambre écroulée du pàîàis dii Cirque à Chichen-Itza ; il a stir la tête, au-dessotis de la coiffure symbolique, une couronne de latirier, et ses reins sotit couverts d'une peau de tigre. Ces deux énormes pierres avaient été arrachées de l'autel d'ùû teniple, près du grand palais, et apportées â grands frais jusqu'au village. Stephen, dans sou ouvrage, les à fort exactement rèpî'oduitéô. iPaleriqtlé est encore un lieu d'exil dû le gouvernement de Chiapas envoie ses administrés turbulents ; six mois de séjour, ine disait-on, calment les plus factieux, un exil de quatre ans équivaut à une sentence de mort. L'ennuij l'isolement, les fièvres ftbâtteiit lés plus vigoureux.
A mon arrivée, le village avait aiUsi deui hôtes forcés; don Pio, l'un dès bannis, était un personnage bien original. JeuUe encore, et d'une taille infiniment petite, il s'âgiialit eh de violentes démonstrations contre la tyrantiie dé ses perséciiieurs. Il chantait sa patrie absente et me faisait des beautés lointaines de San Cristobal des récits enchanteurs. I^uis il comptait les jours, désespérait de nouveau, et parlait de sa itiort prochaine. C'étaient les Tristes d'Ovide dans son exil à Tomes.
îl mêlait souvent à ses discours le Uom de la Pari" chà, et longtemps je crùS ^ti'utiè jumeut favorite était