‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 127 sur 185 · CHAPITRE Xni. — PALENQUÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni. — PALENQUÉ

Sa compagne d'exil ; il me coniait les difficultés qu'elle avait eues à voyager par les sentiers rapides de la Cordillère, ses souffrances, et le déplorable état où elle était réduite.

•^- Venez la voir, me dit-il en liië guidant à la maisonnette qu'il occupait. Il m'introduisit auprès d'une êhoi?me et inagnifiqué personne, doha Panchay soii époUsè, de deux fois sa taille et dé six fois au moins ^on poids.

Je frémis en pensant à la bévue que j'avais failli conimétlre, ayant été sur le point de lui demander si son précieux animal avait quelque blessure. Je compris, aux dimensions de cette aimable parsonne, toutes les difficultés du passage de la sierra. Là Pancha devait avoir éreinté bien des Indiens dans les âpres sentiers de la Cordillère.

Depuis deux jours, don Agustin avait envoyé à mon intention douze Indiens dans les ruines pour couper les bois et dégager les palais ; l'ouvrage devait avancei^, et je partis J)our les rejoindre. J'étais accompagné de moti domestique et d'un guide que l'Èiat de Chiapas impose aujourd'hui à chaque voyageur, moyenîiarit une solde dé cinq francs par jour. Celui-ci devait îhé servir à deux fins : guider mes explorations dans lés monuments et surveiller ma conduite à l'égard des palais, sa consigne étant de m' empêcher de commettre toute dégradation quelconque ; quatre Indiéiis nous stdvaient également, chargés de mes ba-

gages, d'une table, de divers ustensiles de cuisine et de provisions de bouche.

Les ruines sont à douze kilomètres au moins du village; c'est une course assez longue. Le bruit des cognées frappant sur les troncs d'arbres m'avertit que nous approchions ; cependant on n'apercevait pas la moindre trace des monuments, la forêt vierge nous enveloppait dans l'épaisseur de ses ombres, et nous n'avancions qu'avec difficulté. J'arrivai bientôt dans l'éclaircie que venait de pratiquer la hache des travailleurs, et je n'apercevais toujours point le palais.

— Ah çà! mais l'ami, dis-je au guide, où donc se cache le palais ?

— ^Le voilà, seôor, répondit-il, me désignant une masse noirâtre, couverte d'une végétation aussi vigoureuse que celle du sol, et dont la façade était à moitié cachée sous un fouiUis de lianes.

En vérité, l'on pouvait passer à dix mètres et ne point l'apercevoir.

Je compris aussitôt les difficultés qui m'attendaient dans la reproduction de ces monuments ; tout était noir, vermiculé, ruiné, perdu; je ne pouvais, du reste, me mettre à l'œuvre de sitôt, car le travail des Indiens n'allait point aussi vite que je l'avais pensé d'abord, il leur fallait deux jours encore pour me permettre de prendre une perspective de la façade. Il fallait, de plus, abattre au moins les arbres les plus gênants qui couvraient les toits de l'édifice

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