‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 145 sur 185 · CHAPITRE XIYf^TUMBÂLA. f^Sil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIYf^TUMBÂLA. f^Sil

— Diable, dis*je h Carlos, nous ne sommes poi^l précisément ici chez ^es montagne^rds écps^ais, Carlos ne comprit pas.

Je voulus reprendrp le fil de la négociation interrompue ; peine inutile, la vieille ne voulut riep en* tendre.

Comme je n^avais à espérer meilleur accueil null§ p^rt^ et qu'en somme j'étais dans la place, je résolue de ne point faire retraite dpvafît la mauve^js vouloiç de la vieille.

Quant aux vivres, un coq blanc se ps^vanait dan§ la cour au milieu de ses poules, et soit préméâitatioq de ma part, soit mauvaise chance de la sienne, il tom))a le premier sous ma n^ain ; je lui tordis inxi^é^ diatement le cou. Touta la famille avait jeté des cris h ameuter le village, je n'en avais pas moins continué ma poursuite, courçinnée, comme on le voit, d'un plein succès.

Je présentai donc le coq à la gouvernante, la priant de le préparer : je lui remis deux réaux dans la main, comme prix du bipède, et m'allai coucher sur uq hanc. Carlos ronflait déjà.

Quelques instants après, l'Indienne m'apportait le coq parfaitement plumé^ mais cru et non vidé ; et qu'on n'aille pas croire que je charge les choses, je raconte un fait. L'aimable gouvernante me prenait pour un sauvagej la créature civilisée, c'était elle ; je repréi^enteiis à s^s yeux la barbarie. Je lai pris éane

le poulet des mains le plus respectueusement que je pus, et j'allai l'enfoncer moi-même dans le liquide bouillant de son pot au feu.

Le coq était dévoré depuis longtemps et je dormais^ étendu sur mes couvertures, quand on me réveilla brusquement. Deux Indiens se trouvaient devant moi; c'étaient les premiers que j'eusse aperçus depuis mon entrée dans le village ; ils vont à leur milpa dans la journée et ne rentrent que le soir.

Ils avaient des figures hostiles et me firent comprendre qu'il fallait absolument vider la place où je n'avais aucun droit; d'autres Indiens s'étaient joints aux premiers : toutes ces physionomies étaient menaçanteSy je cédai prudemment. L'un d'eux me conduisit au cabildoy déjà rempli d'une foule d'Indiens de toutes les parties de la sierruy descendant à las playas ou remontant à leurs villages ; mais des gens de Pa-* lenqué, pas de nouvelles.

Il y avait fort heureusement parmi ces hommes un métis de Ghilon, parlant très-bien l'espagnol^ auquel je contai ma pitoyable histoire ; je le priai donc, s'il connaissait quelqu'un dans le villagCi de vouloir bien me recommander à lui, de façon que, si je devais longtemps encore attendre mes bagages, je pusse au moins me procurer le nécessaire sans avoir recours & la violence et sans m'exposer à des accidents fâcheux. 11 arrangea l'affaire avec un bon vi^ux ménage qui, matin et soir, m'envoyait des vivres ; il me promit.

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