CHAPITRE JÇIY.-^TUMBALA
Cela sentait la conspiration d'une lieue^ et mon parti fut bientôt pris. Je laissai Carlos se désolant, à )a garde de m^s bagages^ et muni de mon fusil et du réyolver nouvellement chargés, j'allai parcouiûp Id village, à la recherche de nouveaux porteurs.
Partout je n'éprouvai que des refus ; Targent à la main, j'offris jusqu'à dix fois la valeur des serviooa que j^ réclamais ; je n'obtins que des regards de haine ou des sourires de défi.' Résolu de partir envers et CQutre toqs, je me rendis che? le vieil Indien qui, aeul^ m'avait montré quelques symp^ithies, et l'emmenank au cabildoy je lui fis comprendre qu'il eût é^ preadra soin de mes bagages, et sur l'heure, lui, Carlos et moi, nous les transportâmes dans son jacaL
Cela fait, je mis de càté ce que je pensais utile ou nécessaire pour une marche de tvois jours, à sayoir \ nos couvertures, d^ux manteaux ^e guttarpe^pha pour l'orage^ et devant servir de tente au besoin ^ ^^f boule de posoJe que la vieille Indienne m'a.pporta, deux livres de jambon cru qui m'était resté de^ mes provisions avariées, des balles, de la poudçe^ ma hache et divers ustensiles, etc., le tout 4^T4Q^ former deux fardeaux, l'un pour Carlos e<| l'autre pour moi,
J'avais pris la charge la plus lourde^ ci^quantQ livres environ, car je m^ étais habitué depuis tvpia jours à n'être que Iç serviteur de mon ^{nestiqp^ ^\ longtemps encore je devais continuer ce joli rô)§»
Ces apprêts terminés, je hissai le tout sur mes épaules^ comme un sac de soldat^ au moyen de bandes d'écorce, et dans cet attirail à la Robinson qui devait être du plus haut comique s'il n'avait été des plus lamentables, j'enfilai, guidé par le vieux, le sentier de Tiimbala. A la lisière de la forêt, Tlndien me montra le petit chemin s'enfonçant dans le bois, eut Tair de me souhaiter un bon voyage, et nous laissa seuls.
J'ignore si ses compatriotes du village avaient dessein de m'attaquer en route, en tout cas j'étais bien décidé à brûler la cervelle au premier qui se présenterait. J'avais huit coups à tirer, ce qui constituait une force respectable.
Il s'agissait d'atteindre Tumbala. Je regardais Tumbala comme le terme de mes misères. J'avais une lettre pour le padre du lieu ; il me savait en route et devait m'attendre.
Mes premiers pas dans cette nouvelle carrière furent chancelants, je l'avoue; les lanières d'écorce me fatiguaient étrangement les épaules, et si j'avais eu quelques difficultés à gravir sans fardeau les premières pentes de la sierra^ ce n'était que roses auprès de ce qui me restait à faire. Quant à Carlos, je n'en parle pas, il geignait plus que mon mulet des montagnes d'Oaxaca, et ses soupirs lamentables lui eussent à plus juste titre mérité le surnom de pujadoVy soupireur.