‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 154 sur 185 · CHAPITRE XV. —SAN CRISTOBAL. 37t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. —SAN CRISTOBAL. 37t

déjà| BOUS avions reacontré do6 compagnies de diodes et nous en avions deux sur nos épaules; nous nt vîmes poinl de hoccosy ils habitent plus bas et plus près de la Terre Chaude; mais il y avait une si grande quantité de dindes et si familières, que mon fusil rata six fois sur l'une d'elles sans qu'elle partit pour cela, me donnant le loisir de déboucher mes cheminées, de replacer d'autres capsules et dé l'abattre au septième coup. Le zaraguatOy le singe hurleur, ne vient pas non plus jusqu'à ces hauteurs; il est remplacé par un confrère de même taille, à queue pre*nante, mais beaucoup plus léger et d'une défiance extraordinaire. On Tappelle tueha : ceux-ci, d'habitude^ vont par couple et chaque fois que j'en aperçus, ils étaient deux. Ce jour-là, nous en rencontrâmes une paire ; il fallut, pour ainsi àxxQ^ les tirer au voL J'abattis la femelle ; quant au mâle, loin d'imiter la touchante sollicitude de celle qui, si longtemps, avait suivi le corps de son époux, il abandonna sa femme entre nos mains et disparut comme une flèche. Ceci me fit faire d'étranges réflexions à l'égard des hom^ mes. Mais nous étions plus que chargés^ nous avions cinq dindes ; mon compagnon en avait tué trois pour sa part et moi deux, mais la tucha que j'avais abattue rétablissait l'égalité. J'eusse passé une charmante journée sans l'ascension nouvelle qu'il fallait recommencer pour atteindre le village.

Je trouvai mes bagages arrivés, aueum ne manquait

à Fappel, et comme rien ne me retenait plus à Tumbala, je pris, le lendemain, congé du brave curé, bien muni de vivres et chargé de lettres d'introduction pour \espadres de la route. Je me dirigeai sur Jajalun. La course se faisait à pied, mais au delà, je devais trouver des chevaux.

Une descente de quatre lieues nous conduisit au bord d'un torrent large, profond et rapide; lepadre m'avait averti qu'une fois la saison des pluies avancée, on ne pouvait plus le franchir : c'était donc une perspective de trois mois d'isolement dans la montagne; mais il n'en fut rien heureusement^ il commençait à peine à déborder.

Un Indien, muni d'une perche, nous passa ballot par ballot, homme par homme, sur trois petites pièces de bois brut, formant radeau ; il fallait s'accroupir sur ce fragile esquif, sous peine de le voir chavirer, et Pon n'arrivait à l'autre bord qu'avec une déviation de cent mètres au moins.

Jajalun est un village appartenant au versant du Pacifique; il doit occuper le milieu de la chaîne des Cordillères; aussi, quoique beaucoup moins élevé que Tumbala, les collines sont meubléeiS de sapins et de conifères. Les productions ne varient point, c'est toujours le maïs, le frijol, et l'on ne rencontre la canne et le tabac qu'en arrivant à Ouikatepec. On y parle l'espagnol, et plusieurs familles de métis y possèdent des maisons à murailles de terre, blanchies à la chaux.

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