CHAPITRE XVI.— TEHUANTEPEC
compagnais. Le combat fut court, ou plutôt il n'y eu point combat, car leurs armes déchargées, les compadres prirent la fuite, nous laissant un des leurs, blessé à la cuisse.
Quant aux cris d'appel, ils avaient été poussés par un malheureux qu'ils venaient de dépouiller, et dont les malles é ventrées gisaient éparses dans le monte; du reste, les fuyards n'avaient point lâché leur prise et dans leur fuite précipitée, chacun avait enlevé sa part. Le Sauvons la caisse! se retrouve partout. Quelques hommes s'élancèrent à la poursuite des fugitifs; le prisonnier fut hissé sur un cheval, afin que le chef décidât de son sort, et l'on s'occupa du volé. Celui-ci s'arrachait les cheveux de désespoir; on lui avait enlevé, disait-il, tant en espèces qu'en bijoux et objets de valeur, pour une somme de vingt mille francs. Il n'avait plus que son cheval et ses deux mules qui, seules, devaient se réjouir, ne devant plus avoir de fardeaux à porter.
Nos hommes revinrent bientôt, ils n'avaient pu atteindre les brigands, et nous nous hâtâmes dans la direction du commandant, que cette fusillade avait dû inquiéter.
Il nous attendait eifectivement, et lorsqu'on l'eut mis au fait de l'histoire, il ordonna tranquillement qu'on fusillât le blessé, dont le corps, pendu près du sentier, devait servir d'exemple.
Puis comme ses camarades pouvaient porter la
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nouvelle de l'arrivée des troapès dans le village, on précipita la marche afin de les prévenir. Tékicistlan fut abordé ao pas de course, par trois côtés à la fois, pour couper toute retraite ; mais les oiseaux s'étaient envolés, et Von ne put Uiettre la main que sur trois individus stispects, dont la culpabilité ne fut pas suffi** samment établie pour provoquer une arrestation.
Un grand nombre, j'en eus la conviction plus tard, furent cachés par les habitants, car dans la maison où je pris mon gite, j'entendis pendant la nuit des chuchotements et des allées et venues mystérieuses^ qui lui donnaient toute la tournure d'un repaire.
Le lendemain^ je poursuivis ma route en colnpagnie de la victime de la veille ; le pauvre volé était simplement un général, autrefois le bras droit de Santa- Anna ; je sUs que son zèle à remplir les ordres cruels de son chef lui avait vald le surnom de bourreau du dictateur.
Mon nouveau compagnon de voyage^ en me racontant son histoire, se garda bien de me doniier ces détails i mais par un hasard singulier, il se trouva 4ue nous étions en pays de connaissance. P.». Gi.^, Espagnol et partisan de don Carlos, i^'était autrefois réfugié en France et s'était marié dans le départelUent même que j'habite; je connaissais aussi ses deujc fils à MexicOi II me pria de les voir si j'y arrivais avant lui.' Absent depuis quatre ans^ il revenait de Nicaragua^ où il avait été guerroyer au service de je