CHAPITRE XVII. — LE POPOCATEPETL
et le vertige, qui tout d'abord s'empare de lui, semble plutôt un éblouissement des splendeurs que son regard embrasse, que l'effet des gouffres béants qu'il ose braver.
Il a derrière lui le cratère immense^ ses jets de va^ peurs sulfureuses et ses grondements souterrains ; à ses pieds, un chaos de roches mutilées, scories gigantesques se soulevant de leur couche de neige et de cendre, rappellent, dans le convulsif et le tourmenté de leurs attitudes, les damnés de Dante cherchant à s'arracher de leur cercle de glace ; à droite, le pic du vMoine lève sa tête altière, et tout au bas, l'œil se perd dans les précipices vertigineux de la barranca de Mispayantla.
Aux heures matinales, Taurore se lève à peine pour les profondeurs de la vallée ; seule, une large ceinture de forêts s'étale verdoyante sur les gradins de la sierra, baignant ses pieds dans les blanches vapeurs que soulèvent les premiers rayons du jour.
Les plaines alors, semblables à d'immenses lacs, n'offrent à l'œil que l'aspect d'énormes vagues de nuages, d'où surgissent, au milieu de cette mer aérienne, les noirs sommets des pitons de la vallée. Mais le soleil monte, et vous assistez ébloui aux magiques transformations de cette nature enchanteresse : les vapeurs se groupent et s'élèvent, des éclaircies se forment, et comme au travers d'un ciel moutonneux on aperçoit par moment les étoiles,
iÛé LE MEXIQUE.
Tceil saisit, dans les méandres des nuées qui s'agitent, quelque blanche maison, une partie de village, lâ rive d'un lac, un bouquet de verdure, ou le scintillement des clochers lointains.
t*uis comme un voile qu'on déchire, et dont les lambeaux sont emportés par les vents^ les nuages dis^ paraissent, et la valiée tout entière développe, aux regards ses merveilleuses beautés.
Des hauteurs de glace où voué irinei, un prodigieux royaume s'offre à vous : gràcfe à la transparence de ceite almospbète lunàineuse, tout se rapproche et se dessine, là distance est anéantie, et l'œil distingue, à vingt lieues au delà, les plus légers détails de cet adniirable tableau. Yoilà le bourg d'Amecà et lè sacro monté qui le garde, et la plaine fleurie qui l'entoure ; à gauche , la vallée d'Ozumba ; à droite, les monts de t'ialmanalco, MirafiLores et ses clochers mauresques; plus loin, Chalco se mire au soleil dans les eaux de ses lagunes; ici, c'est le Pefton, le lac de Tezcuco , sur les bords duquel se traîne langùissaûte, à l'ombre des sabinos cetitenairés, l'héritière de là grande ville aztèque ; puiâ les nd tirailles étiûcelàntes de Mexico, les mille clochers qui les dominent, et lés ravissantes villas qui l'accompagnent : toutes, malgré les vingt lieues qui vous séparent d'elles, se distinguent encore dans l'éloigiiiement; voilà San Agustîn la joueuse, t'acubaya la blonde, Chapultepec d'impé- 'riale inlmoîre, et Guadeliipe la Samtë, t'est un