CHAPITRE XVII. — LB POPOCATEPETL
une épaisse colonne de vapeur sulfureuse. Une source vient déverser ses eaux dans une petite mare verdàtre, au milieu du cratère. Cette même source, me disait depuis don Cyrilo Ferez, alimente à douze et à quatorze lieues, l'une à Puebla, et l'autre à Cuernavucca, deux sources thermales. Une multitude de fumeroles s'échappe en sifflant des murailles du cratère, et le soufre qu'on exploite se trouve, mélangé à la terre, déposé en fleurs aux environs des respiraderosy ou bien en morceaux d'un jaune clair et d'une cassure brillante; j'en ai rapporté quelques beaux échantillons. Mais malgré les prodigieuses quantités qui gisent au fond du volcan, le soufre d'Europe se vend encore à Mexico meilleur marché que celui du Popocatepetl, ce qui peut donner une idée de l'exploitation de ce produit dans la pauvre usine de Tlamacas.
n était trois heures quand, après avoir gravi le cône de débris, nous regagnâmes l'orifice du volcan.
La déclivité du pic est si rapide que les Indiens préppsés à l'extraction du soufre se contentent d'imprimer aux charges de terre soufrée tirées du volcan un léger élan, de façon qu'elles arrivent seules jusqu'à la limite des neiges. Gela s'appelle la corrida; lorsque la neige n'est point trop durcie par la gelée, les hommes se mettent à cheval sur les ballots et descendent avec eux ; mais quand la surface est glacée, la corrida menaçant d'être trop rapide, ils descendent à pied de
. peur des accidents. Cela me doilhâ l'idée d^ôpét'él* ma descente de la même manière.
Je m^assis donc simplement siir mon chapeau clè feutre plié en quatre, et, sur ce léger traîneau, je lîie laissai couler sur la pente, au grand étonnemeiit de nos guides, qui n'osèrent point s^éngager dans pareille entreprise. Don Louis ttiè suivait; nous atteignîmes en peu d'instants Une vllëssë pfodigièase| nous allioiis comme un tourbillbri Isiir le^ flancs de là montagne ; le bâton qui 'devait guider notte marché n'entravait en rien la rapidité de là chute ; nous passions comme des aérolithes, c'était un délire.
Jamais montagne russe ne donna IHdée d'une course semblable ; impossible de nous arrêter : aveuglés par ime poussière de neige, ënivtés de sensations étranges, inconscients dû danger, lious arrivâmes aux cendres qui bordent les neiges, et t^oulant plus de vingt ^ois sur nous-mêmes, nouS nous i'elëvàtoeié émus, mais intacts. Nous avions parcouru près dé deux kilomètres en sept minutes. Cela Seul Valait l'ascension, je ne prétendrais pàs que nos jpostérieurs ne fussent point endommagés; mais c'était la nloindre des choses en échange d'une jouissance si gt*ande, et j^aurais certainement, au même prix, reconimenci^ avec plaisir.
Le lendemain nous arrivions à Atnécàméca, où don Pablo itérez, tout surpris de notre réussite, admirait ne s'exclamant la beauté de lios vues.