‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 27 sur 185 · CHAPITRE m.—» COUTUMES · texte numérisé non relu

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fureur où l'on béatifiait la souffrance, où l'on avait soif de supplice et vous bénissez le ciel de vous avoir fait naître dans un siècle moins barbare, où Dieu se contente d'hommages plus faciles et de moins horribles sacrifices.

La Mercie possède encore une belle bibliothèque où l'amateur pourrait découvrir des trésors; et le chœur de l'église, composé d'une centaine de sièges en chêne sculpté, est iin des plus beaux qne je con* naisse.

Le Salto del Agua est la seule fontaine monumentale que possède Mexico. Placé en dehors des grandes voies de circulation et dans le centre d'un faubourg, iJ termine l'aqueduc qui, partant de Chapultepec, amène à Mexico les eaux de ses sources. G^est une construction oblongue, ornée d'ane façade fort médiocre. Au centre, un aigle, aux ailes déployées, soutient un écu meublé des armes de la ville. De chaque côté, des colonnes torses avec chapiteaux corinthiens supportent deux figures symboliques de l'Amérique et de l'Europe, qu'accompagnent huit vases à moitié brisés. Suivant les historiens de la conquête et les anciens auteurs mexicains, le Salto del Agua et l'aqueduc qu'il termine avaient remplacé l'ancien aqueduc de Montézuma, bâti par Netzahualcoyotl, roi de Texcoco, sous le règne de Izcoatl, c'est-à-dire de 1427 à U40, Nous lisons aufiisi dans Clavijero, que deux aqueducs amenaient

Teau de Ghapultepec à la capitale. La bâtisse était un mélange de pierre et de mortier, la hauteur des aqueducs de cinq pieds, la largeur de deux pas. Ces aqueducs occupaient une chaussée qui leur était exclusivement réservée, et amenaient l'eau jusqu'à la ville et de là dans les palais impériaux.

Quoique l'aqueduc fût double, l'eau n'était fournie que par un seul à la fois, facilitant ainsi la réparation de l'autre, afin que l'eau arrivât toujours pure. Il faut avouer que les Mexicains d'autrefois avaient plus de prudence et plus de soin de leurs monuments que ceux de nos jours, qui laissent tomber les leurs en

ruine.

En parcourant les environs de Mexico, on trouve à Popollan, à deux lieues environ de la ville, l'un des plus poétiques souvenirs de la conquête. Ce fut à l'ombre du vieil ahuahuete (cyprès) que Cortez vint reposer ses membres endoloris et pleurer son effroyable défaite du 1*^ juillet. L'arbre fut appelé depuis : Arbre de la nuit triste.

Rappelons rapidement les causes qui amenèrent ce déplorable événement.

Monlézuma était prisonnier des Espagnols, et la noblesse mexicaine, voulant encore fêter son roi dans les fers, offrit au monarque malheureux un bal, dans le palais même qui lui servait de prison. Alvarado commandait en l'absence de Cortez, mais il ne voulut permettre la réunion qu'à la condition expresse que

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les Mexicains s'y rendraient sans armes. Le palais se remplit, à Theure fixée, des nobles mexicains vôtus de leurs plus riches parures et couverts de leurs joyaux les plus précieux. C'était un océan de plumes aux vives couleurs, une richesse incroyable de plaques d'or, un amas prodigieux de perles, de diamants et de pierres précieuses. A Taspect de tant de richesse, les £spa-> gnols furent éblouis, leur convoitise s'éveilla terrible, leurs regards s'allumèrent, la soif de l'or les enivra, et l'assurance de Timpunité leur fit commettre la plus inf&me des trahisons. D'un commun accord, ils se précipitèrent comme des tigres sur la noblesse sans défense, et se gorgèrent à l'envi de carnage et d'or.

La nation frémit à la nouvelle de cet attentat sans nom, mais le respect inspiré par le roi prisonnier la maintint encore. Gorlez, du reste, était absent, etl'on comptait sur sa justice et le châtiment des coupables.

Cependant, il arrivait vainqueur de Narvaez et son entrée fut triomphale. Aveuglé par le succès, Cortez se borna à quelques réprimandes, espérant que le temps apaiserait l'indignation populaire.

Mais le désespoir et la colère des Mexicains arrivèrent à leur paroxysme, et la mort de Montézuma ne permit plus respéranee d'aucun arrangement. Ce fut alors une guerre à mort, sans ^trève ni merci* Les arquebuses et le$ coulevrines furent imfmissantels <M^nt?e.ce flot: toujours r^noiavelé, d'a^saillaats éé^e^

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pérés. Lés Espagnols iiidécisi, trôtibléâ, durétit songer à la retraite. Gortez lui'-mème perdit eh cette eireoiistaDce la présence d^esprit qui tie Tàvait jamais abandonné. Devant Ténormité du péril, son courage chancela ; il vdulut fuir et crut déguiser sa retraite à la faveur d'une nuit pluvieuse^

La troupe espagnole, Suivie des Tlascaltecas ses alliés, abandonna donc cette ville, témoin de tant de triomphes. Chaque soldat chargé d'or suivait péniblement la route obscure ; nul danger apparent n'arrêtait sa marche^ la ville était silencieuse « Quelques heures encore tout était sauvé. Mais au moment de franchir les pénts de la rue de Tlacopan, des milliers de guerriers surgirent de tous côtés. Ce fut une mêlée horrible, un mélange épouvantable de cris de douleur et de hurlements de rage^ un combat sans nom, où l'élite de la troupe espagnole périt sans gloire dans les eaux bourbeuses des fossés et soUs la hache impitoy8J>le des Mexicains. Gortez, Ordas, Alvarado, Olid etSandoval échappent avec peine, suivis d'une poignée des leurs, ns fuient et s'éloignent désespérés^ n'oscmt rappeler cette nuit sanglante.

Ils arrivèrent ainsi jusqu'à Popotlan où Cdrtez, pleurant, dit-on, vint s'étendre sous le vieux cyprès.

« O Gortez ! s'écrie un de nos compatriotes, Alvarado et vous toun, valeureux comme Thésée, mais insatiables comme Gaeus, vous ne méritez pas des -statues de martyre, mais d'argile! Loin d'être les

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