‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 28 sur 185 · CHAPITRE m*— COUTUMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE m*— COUTUMES

apôtrétf dô la civilisation, votre valeur n'a servi qu'à l'abrutissement du peuple dont vous deviez améliorer le sort en l'initiant aux mystères d'une destinée supérieure.

« Que reste-t^il de vos actions héroïques? Un peuple déchu de son ancienne splendeur, d^un christianisme douteux, et s'enfonçant chaque jour dans une abjecte barbarie : quelques pages glorieuses, mais impures ; une rue du nom d' Alvarado, un vieil arbre décrépit et solitaire, devant bientôt mêler ses cendres à celles des malheureux dont il rappelle le souvenir funèbre. »

C'est encore à notre savant ami , M. Jules Laverrière, que le voyageur de la vallée de Mexico doit la découverte des ruities de Tlalmanalco et quelques renseignements sur leur origine. Du reste, nul mieux que lui ne connaît le plateau, et personne n'est plus capable de le mieux dépeindre. A une lieue et demie de Chalco, le touriste se dirigeant vers les volcans, monte une petite côte, passe devant la magnifique filature de Miraflores, et se trouve, à quelques milles au delà, devant le village à demi ruiné de Tlalmanalco. Au milieu du cimetière^ près de l'église moderne, s'élèvent les superbes arceaux dont la création remonte aux premiers temps de la conquête. Ces ruines, selon M* Laverrière, sont les restes d'un couvent de franciscains^ dont les travaux restèrent inachevés.

L'architecture de ces arceaux est vraiment extraordinaire, et la forme des colonnes, les chapiteaux et les sculptures tiennent du mauresque, du gothique et de la renaissance. La création est toute espagnole et reporte l'imagination de la cathédrale de Burgos à l'Alhambra. L'ornementation porte un cachet mexicain, riche, capricieux, fantastique et mi-symbolique.

Mais si le dessin est espagnol, l'exécution est toute mexicaine, et l'ensemble de l'œuvre a l'empreinte des deux civilisations. Les ruines de Tlalmanalco sont uniques dans leur genre au Mexique, et l'on ne retrouve nulle part rien qui leur puisse être comparé.

Il reste au voyageur, pour bien connaître la vallée, à faire une excursion à San Agustin, à Tacubaya et à Nuestra Seflora de Guadalupe. San Agustin est un assez joli village à quatre lieues au sud de Mexico. Toute sa célébrité lui vient du jeu qui, à la fête patronale, attire les Mexicains et les étrangers qui viennent y tenter la fortune. Il faut avoir, au moins une fois dans sa vie, assisté à cette réupion extraordinaire, où la dignité la plus exquise préside aux arrêts de l'aveugle déesse.

Dans une salle immense s'étend un vaste tapis vert, disparaissant sous des amas d'or. On y joue au montey espèce de lansquenet. Le banquier n'a qu'une chance raisonnable, et les probabilités sont bien partagées, à Topposé des jeux de Hombourg, qui sont une véritable duperie.

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