‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 29 sur 185 · CHAPITRE m. — COUTUMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — COUTUMES

L^eDJeu est considérable ; rien ne vient contrarier la chance du joueur, la ponte étant illimitée.

Vous pouvez en principe, si vous en avez les moyens^ ponter le total de la banque sur table, c'està-dire de quatre à cinq cent mille francs. Gela s'appelle tapar el monte. Il faut ajouter que ce cas est rare, mais un bonheur quelque peu suivi peut amener ce résultat.

Entrons, la salle est pleine ; For seul est admis. Les cartes s'étalent et s'appellent. Perdants ou gagnants reçoivent ou repentent sans qu'un geste mal- ^ heureux ou qu une parole déplacée vienne interrompre la partie qui se continue. Au milieu de cette assemblée où se déroulent à chaque instant les péripéties de la plus terrible des passions humaines, on entendrait voler une mouche, le silence est absolu. Combien, cependant, s'éloignent désespérés !

On parle d'un padre riche, qui quelquefois arrive suivi d'un domestique porteur d'une talegue d'or (quatre-vingt-cinq mille francs). Il s'arrête, regarde un instant les coups, combine, observe, calcule et se décidant pour une carte qui lui plaît, dépose comme enjeu la somme entière*

Le croupier appelle, il écoute sans émotion apparente, gagne ou perd avec le même calme, allume tranquillement une cigarette et se retire.

Les fêtes de Tacubaya n'ont point la même célébrité ; on y joue comme partout au Mexique, mais la

merveille de Tacubaya, c^est la propriété dé don Manuel Escandon, résidence délicieuse, entourée d'eau, coupée de lacs et de cascades, et contenant toutes les flores du globe. Un horticulteur émérite en dirige Tentretien , et nous «rendons hommage à l'urbanité charmante du propriétaire de la villa et de son neveu don Pepe Amor, qui en font les honneurs avec tant de grâce.

Ouadalupe est un village à deux lieues au nord de Mexico. Un chemin de fer vous y mène en quelques minutes.

Guadalupe est le grand pèlerinage du Mexique, et l'église se trouve sur le Tepeyac même où Tonantzin, la mère des dieux mexicains, respirait leâ vapeurs du copal, aux lieux où fumait le sang des victimes humaines. La Vierge y possède une chapelle privilégiée où les nsîraclés se succèdent sans relâche. Placée au sommet d'une pointe de rocher relié à la chaîne principale et qui fait promontoire dans la plaine, la chapelle regarde Mexico et permet au voyageur de parcourir de l'œil tout le panorama de la vallée.

Au pied du rocher, nne fontaine merveilleuse, couverte d'un dônîe magnifique^ prodigue moyennant redevance, â tous les infirmes du globe, les vertus curatives de ses eaUx sacrées.

Chaque jour, Tlndien crédule y vient renouveler Sa provision épuisée, réciter ses humbles prières auï

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