‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 33 sur 185 · CHAPITRE IV* '-^ANECDOTES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV* '-^ANECDOTES

dans leur xèle à rétablir la circulation ; il faut ajouter que quelques barricades étaient faites avec d^a ballot d'étoffes et que ces dépouilles étaient étrangères et ne coûtaient rien à la nation*

n y avait, parsemant la foule^ un grand nombre de moines et de padres. Chacun d'eux jouit d'une physionomie toute particulière, et j'en veux dire quelque chose.

Le père de la Mercie est sombre d'habitude; il porte en lui quelque chose de la désolation de son oouveat et s'occupe de science. On le voit rarement faire l'œil aux passantes.

L'augustin a quelque chose de dégagé dans sa marche et de guerrier dans son attitude; cela n'a point droit de surprendre ; il a vu tant de pronuncia^ mentoSy ses cloîtres ont si souvent servi de casernes et ses clochers de forteresses, que le soldat a déteint sur lui.

Le dominicain regrette l'inquisition ; mais, quant au franciscain , c'est la perle des moines, il est tout à Tamour. Bien des fois je l'ai vu poursuivant les belles filles dans les rues ; indifférent à l'âge, au type, à la naissance, il a pour toutes des sourires aussi bien que des bénédictions.

Quelques dames cependant n'acceptent pas comme pain bénit des propositions au moins déplacées^ et je puis parler d'une charmante Française qui n'échappa qu'avec peine aux obsessions de l'un d'eux. L'enragé,

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. car il faut être enragé vraiment, ne se rebutait point devant Findignation de notre compatriote; il continuait à lui sourire malgré ses gestes d^horreur, et, croyant mieux faire ou se rappelant peut-être le « voits m'en direz tant » d'une femme célèbre, il tira de sa poche une poignée d'onces ; nouvelle galanterie qui força la dame en question à se réfugier chez moi. Pour lui, inébranlable dans sa persévérance et sachant du ciel que frappant on vous ouvre, il se planta devant la porte et attendit.

— Tenez, le voilà, me disait cette pauvre femme, me montrant son persécuteur ; le voilà, le monstre, s'écriait-elle avec indignation.

Pour lui, touchant effet de la charité chrétienne, il lui rendait baiser pour injure.

Mais il ne suffit pas de chanter victoire, et rien n'est fait, s'il reste quelque chose à faire ; on connaît la phrase, elle a beaucoup servi, et Miramon, qui s'efforçait de copier l'immortel général de l'armée d'Italie, en bourra plus tard ses proclamations. Yoilà comme on abuse des plus belles choses.

Une fois donc le pouvoir organisé, c'est-à-dire Zûloaga nommé président, les factieux de la veille poursuivirent les rebelles du lendemain ; ces changements sont de tous les siècles, de tous les pays et ne blessent personne. OsoUo fut donc nommé général en chef de l'expédition ; il partit. C'était un charmant garçon qui donnait à tous de grandes espérances ;

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