‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 50 sur 185 · CHAPITRE V. — TEHUACAN. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — TEHUACAN. U

Tombre des grands arbres, traverse la rivière, se perd de nouveau, puis la traverse encore : soixante et dix fois, dans un parcours de deux lieues nous traversâmes le torrent. Le sentier s'élève alors, la vallée s'élafgit, quelques haciendas de cannes, çà et là de pauvres villages, puis la montagne aux escarpements rapides où souvent le cavalier est forcé de mettre pied à terre pour soulager sa monture : le matin, nous étions en Tqrre Chaude et le soir nous parcourions les forêts de chênes et de sapins des hauts sommets. A sept heures, nous arrivions à Etla, dans la plaine, et le lendemain nous étions à Oaxaca .

Oa9Aca.^La yille.— Les mœurs.— Le bal*— Le clergé.— 'L'histoire

de don Raphaël. — Les passions politiques.

Oazaca'y comme toutes les villes de la Nouvelle- Ëspagne, est divisée en carrés parfaits, presque toujours orientés, à savoir chaque façade regardant un des points cardinaux. Quoique ayant moins souffert de la guerre civile que les villes du nord, par suite de son éloignement des centres révolutionnaires et de la difficulté des chemins qui la relient aux provinces voisines, Oaxaca n'en est pas moins déchue de son ancienne prospérité. Il m'était réservé de voir ache^ ver sa ruine.

Admirablement située au point d'intersection de trois vallées fertiles prodiguant à Tenvi les produits des deux mondes, elle offre, en fait de monuments, upe charmante église avec portail renaissance mélangé

de mauresque d'une richesse extrême, mais que déparent deux clochers bâtards ; la cathédrale, construction massive qui n'a rien pour attirer le regard, et le couvent de Santo Domingo, colossal établissement avec cloîtres magnifiques et des escaliers d'un grandiose qui ne le cède en rien au plus monumental de nos escaliers royaux.

La place^ attenant à une promenade ombreuse, est de belle dimension, flanquée d'un côté parle palais, édifice de construction moderne ; elle est bordée des trois autres par des portâtes y galeries couvertes, à piliers ou à colonnes. Le marché, où se pressent des Indiens de toutes nuances, est d'une richesse incroyable en légumes et en fruits de toutes sortes ; les poires, les pèches, les raisins y sont amoncelés auprès d'énormes cherimoiaSy d'ananas et de bananes : aussi la vie est-^elle facile, et l'on ne rencontre dans la ville, en fait de mendiants, que quelques estropiés et des aveugles. La grande sécheresse de l'atmosphère et la lumière éblouissante du plateau y causent de nom*^ breuses afféctioni; ophthalmiques ; je fus obligé moimême de renoncer à toute lecture devant Uê accidents inquiétants auxquels ma vue devenait sujette.

Presque toutes les maisons d'Oaxaca n'ont qu'un i*e2-àe-chaussée ; il ne faut point leur demander d'architecture, les rues n'offi^entaux regards de l'étranger que de simples murs percés de fenêtres avec grilles, sans sculpture et sans ornementation aucune. L'édi*-

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