‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 60 sur 185 · CHAPITRE VU. — MITLA · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — MITLA

Les murs des temples étaient perpendiculaires aux plafonds, se coupant à angle droit ; Mitla présente la même architecture.

Au mont Alban, au contraire, vous retrouvez la construction dite (te Boveda, c'est-à-dire deux murs perpendiculaires jusqu'à hauteur d'appui, et s'inclinant l'un vers l'autre jusqu'à ne plus former qu'un écarlement de vingt-cinq centimètres, fermé par une dalle. 11 semble, en vérité, que les fondateurs de ces ruines, chassés autrefois par des émigrations du nord, aient poursuivi leur retraite vers le sud, traversé la sierra de Chiapas, et, se divisant en deux branches, l'une suivant jusqu'à Guatemala, l'autre aboutissant aux plaines du golfe, fondé les palais de Palenqué et plus tard les monuments du Yucatan^ qui ont avec les ruines du mont Alban plus d'un point de ressemblance.

Quoi qu'il en soit de cette supposition, nous croyons pouvoir affirmer que le Marquesado offre aux voyageurs le plus vaste et le plus riche sujet d'étude.

Partout des tumuli, des temples, des palais, des ruines, un amoncellement étrange de terres réunies, des masses ruinées de maçonneries, en un mot, des traces irrécusables d'envahissements successifs et de luttes effroyables !

Le Marquesado, avec ses vallées fertiles, devait offrir aux émigrations des peuples un séjour facile dans leur marche vers le sud; il semble avoir été, dans cet univers, le grand chemin de l'homme, où chaque race, à

ISO LE MEXIQUE,

soo tour, l^i^sa tomber quelqa'uii^ de let souveuini^ Je dus suspendre mes promenades dans U çam^ pagne : Tarmée libérale envoyée contre Gobos^ alpr^ à Teotitlan, 3'était dispersée sans combat; Oaxaca pouvait encore «e défendre avec douze cents bommes formant la garnison de la ville ; le gouvernement avait de Targent et des munitions^ il jugea plus prudent de décampçr dans la nuit, laissant la ville sans autorité^ sans police et sans protection coqtre les faubourgs.

On craignait un pillage, et tous les intéressés, c'est-à-dire les commerçants et les gens ricbeSi organisèrent un comité de vigilance. Cbacun dut prendre les armen pour veiller à la sûreté publique. On expédia sur4e« champ au chef de Tarmée réactionnaire un exprès pouç hâter l'arrivée de ses troupes, et chacun, en attendant, monta sa garde et fit patrouille. J'offris mon bras comme chacun, et du reste tout se passa bien ou à peu près, la première nuit fut seule orageuse; il y eut quelques 'fusillades, deux ou trois arrestations, plusi un assassinat.

Le malheureu]!^ était un préfet des environs, qui revenait chargé de la capitation de son village, et qui ne savait rien des événements de la ville. Hélas ! il en fut la première victime. A l'entrée d'un fau^ boqrgi il reçut un coup de feu qui le renversa de son cheval; laissé pour mort, on le dépouilla des l,S00lr.

1. Le P. Antonio de Remesal raconte qu'on retroavfût dans la •vallée les traces de dix laB^a^fes différents.

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