‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 62 sur 185 · CHAPITRE VII. — HITLA · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — HITLA

Outre la taille du géant, ce qui surprend le visiteur, c'est Tétonnante vigueur qui le distingue ; il est plein, et les incisions faites dans Técorce ne résistent pas au delà d'une année. Que de chiffres entrelacés, que de serments prirent le vieil arbre à témoin d'éternelles amours! Mais, image du temps qu'il personnifie, son écorce mobile les raye à jamais de sa surface, comme le temps du cœur qui les dicta.

Les Indiens veillent cependant à ce qu'aucune main profane ne s'attaque au vieux monument; comme pour tout ce qui tient à leur passé, ils entourent le sabino d'une superstitieuse vénération ; nul ne le visite que sous leur surveillance ; ils balayent et nettoient chaque jour le pied de l'arbre, et ne souffriraient pas qu'on en brisât le moindre branchage. L'Indien a la religion du souvenir, et peut-être, dans les nuits d'orage, entend-il gémir la voix des ancêtres dans les rameaux centenaires du vieux sabino.

Quelques voyageurs expliquent ce phénomène de végétation par la réunion de trois troncs divers. Nous l'avons examiné avec soin , et nous n'avons pu y découvrir qu'une seule souche, à laquelle sa vigueur ménage encore des siècles d'existence. Nous avons entendu des horticulteurs et des savants affirmer que l'arbre de Santa Maria del Tule devait avoir au moins de deux mille cinq cents à trois mille ans. Or, ce serait une preuve de plus de l'antiquité de la civilisation dans la vallée, car le sabino est un arbre cultivé, on ne le

ti*ouve que près des ruines, comme aujourd'hui dons les lieux de plaisance des rois aztèques, à GhapuU tepec, CuUoacan, Texcooo, etc. Trois mille ans ! nous remontons à la période égyptienne; il y avait dono dans cette vallée des hommes, une civilisation, desf palais. Quels horizons pour les esprits chercheurs, et quelles conséquences peut en tirer la philosophie 1

En poursuivant à l'est, la vallée se resserre ; vous traversez Tlacolula, vous longez les collines aux pieds desquelles des carrières à ciel ouvert présentent encore des blocs à moitié taillés par les anciens constructeursi de Mitla.

£n obliquant à droite, vous arrivez jusqu'à San- Dionysio, dernier village de la plaine qui s'arrête brusquement, pour déboucher sur Totalapa.

La vallée de Tlacolula, comme celle qui se dirigQ au sud, est le centre d'une riche culture ; nous voulons parler de la cochenille. Depuis trois siècle^, Tlndien retire de ce produit des sommes immenses ; il cultive en outre le maïs, la canne à sucre, le blé qui vient parfaitement; il exploite des mines d'or et d'argent que lui seul connaît ; rien ne lui manque pour s'assurer une vie heureuse, abondante et facile. Grand nombre d'entre eux pourraient, au besoin, se permettre un certain luxe : il n'en est rien .

Coname tout peuple ignorant, l'Indien est imbu dQ superstitions , mais je n'ai trouvé que dans le Marque** sado, l'avarice passée à l'état de vice national. Dana

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