‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 71 sur 185 · CHAPITRE VIII. — LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — LA MONTAGNE

néanmoins de temps à autre, étudiant la position 'et mitonnant sa vengeance. Il finit sans doute par trouver l'instant favorable ; au moment où je m'y attendais le moins, et comme je me préparais à lui administrer une nouvelle correction, il fit brusquement un bond de côté et me lança fort adroitement unç ruade . qui m'atteignit au gras de la jambe.

Cet animal est fort mécHant, Quand on T attaque il se défend.

Je n'avais rien à dire, et je laissai à José le soin de ménager un animal aussi susceptible.

Le chemin qui conduit à Ixtlan côtoie des établissements miniers d'or et d'argent, où de grosses meules de pierre, mises en mouvement par des mules, broyaient le minerai. Les habitations des propriétaires sont magnifiques et les cabanes indiennes , disséminées alentour, respirent une aisance et un bienêtre rares dans la république. C'est que la sierra jouit, à l'abri de ses rochers impraticables, d'une tranquillité qu'on ne trouve nulle part. Nous étions encore dans les bas-fonds, et la vue très-bornée, ne nous permettait pas d'admirer les panoramas splendides qui se déroulent devant l'habitant des hauteurs ; ce ne fut qu'en approchant d'Ixtlan que je pus juger de la grandeur du paysage et de la profondeur des horizons.

Je trouvai réunis, dans le chef-lieu de la sierra, les membres de Tancien gouvernement d'Oaxaca ; il y avait affluence de troupes, et des convois dlndiens et de mules, porteurs de vivres et de munitions, se hâtaient dans la direction de la vallée. On ne doutait pas de la prise de la ville en quelques jours ; mais je sus plus tard que le siège avait duré quatre mois, ce qui est un long temps pour une place sans murailles et sans défense. Il est vrai d'ajouter que les assiégés étaient plus nombreux que les assiégeants, ce qui arrive parfois au Mexique.

A Jxtlan, je pris un guide pour nous conduire à Macuiltanguis, car décidément José m'aurait égaré dans ce labyrinthe de sentiers qui croisent en tous sens la montagne.

Plus nous avancions et plus la nature déployait de beautés. C'était , à chaque pas, des sites enchanteurs et variés ; une culture des plus riches étalait sous nos pas un tapis de verdure où les teintes les plus diverses se succédaient tour à tour. C'était l'orge, le maïs, le froment, des prairies artificielles, des bouquets de bois et , çà et là, les cabanes indiennes entourées d'orangers, de limons doux et de grenadiers en fleurs. Cette nature est joie et fête ; la sierra possède toutes les beautés : la grandeur dans les lignes, le sauvage dans ses roches escarpées, la naïveté dans ses villages, le vierge dans ses hauteurs, et, par-dessus tout, son ciel d'un bleu si pur et cette atmosphère transparente

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