CHAPITRE YIII.— LA MONTAGNE
aux aâmirations faciles, et sans doute j'eusse trouvé ravissants les cris les plus discordants.
Néanmoins, tout s'agitait autour de moi, le vieillard avait abandonné les chants mélancoliques du passé, pour entonner des chansons modernes, et Tentraiiiêment de la danse avait saisi tout le monde. Garçons et filles, à Fenvi, frappaient en cadence la mesure du sapatero^ mon topil faisait mille exthivagaiiees, et se trémoussait comme un démon*
Je m'étonnai bien im peu qu'un homme aussi grave, qu'une lutiiière de la science, se compromit à ce point, et y étais disposé à le rappeler au respeétde sa dignité, ^uand je réiéehis qu'un rien m'eût entraîné daas le môme abime. Je me contentai d'appkudir et de iiiire oii^euler à profusion les rafraichissements les plus propres à entretenir l'enthousiasme; il fallut se quitter cependant, et le viéuiE barde se retira satisfait, comme tout le monde. Le lendemain, le «^ctacle se déployait à mes yeut, grandiose oomm^ celui de la veille, sans jamais lasser mon admiration; Le limr, j^ar rivai aui pieds d'une mcmtagne dont les plateaux, disposés en amphithéâtre et séparés par des pentes à pic, figuraient un escalier de titans ; trois villages se trouvaient échelonnés sur ces hauteurs; je m'arrêtai au dernier, c'était le village d'Ozoc. Les mules étaient dans un état déplorable et rendues de fatigue^ le repos d'un jour leur était nécesss^re.
Je pris gite dans la maisonnette d'un charpentier
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mstrumentiste, dont la renommée, comme fabricant d'orgues, était universelle dans la sierra.
«Tallais m'engager au delà dans des sentiers plus difficiles encore, car une fois sur le versant du golfe, les pentes, aussi rapides que celles que j'avais parcourues, étaient glissantes et dangereuses. Je voulais m'adjoindré un ou deux Indiens pour leur confier mes clichés, n'osant même plus m'en rapporter au pujador. Je passai donc le jour tout entier dans le village. C'était un dimanche, et de bonne heure, j'entendis le son des cloches ; il y avait affluence aux portes de l'église placée à vingt mètres au-dessous de mon logis ; je voulus assister à la cérémonie religieuse. Je fus surpris^ en entrant dans le temple, de n'y point apercevoir le prêtre : sans doute, il allait venir; du reste, la tenue des Indiens était édifiante, et rien ne faisait prévoir le dénoûment burlesque de la cérémonie. L'officiant n'arrivait pas, quand, à ma grande surprise, je vis un Indien revêtu du surplis, entonner près de l'autel des chants religieux pendant que d'autres se livraient à divers exercices dont je ne pouvais saisir la signification.
Ce doit être le sacristain, pensai-je, et ses acolytes ; mais point.
Comme toutes les églises, celle du village possédait un choix varié de saints, placés dans des niches et sur des estrades. Les officiants saisirent deux de ces statues, les placèrent sur des brancards, et commen-