‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 98 sur 185 · CHAPITRE X. — CHICHEN-ITZA · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — CHICHEN-ITZA

deux énormes colonnes dont les piédestaux existent encore.

La seconde^ entière aujourd'hui, est couverte de peintures. Ce sont des guerriers et des prêtres^ quelqueS"-uns avec barbe noire et drapés dans de vastes tuniques, la tète ornée de coiffures diverses. Les couleurs employées sont le noir, le jaune, le rouge et le blanc. Ces deux salles forment l'intérieur du bas-relief des tigres. Dans le bas et en dehors du monument^ se trouve la salle ruinée dont nous donnons les bas-reliefs, qui sont certainement ce qu'il y a de plus curieux à Ghichen-Itza. Toutes les figures en bas*relief, sculptées sur les murailles de cette salle, ont conservé le type de la race indienne existante. Le crâne est large, aplati à la partie supérieure, sans pour cela que le front soit bombé; il forme avec le nez aquilin une ligne presque droite ; l'Indien Yucatèque est un beau type. La forme osseuse du crÀne, chez lui, s'éloigne donc du tout au tout de celle des fondateurs de Païen-* quéy dont le front fuyant et la tète terminée en pointe se retrouve encore chez les Indiens de la montagne : il faut ajouter que le croisement de Tlndien et du blanc donne au Yucatan une race de métis admirable qui ne ressemble en rien aux croisements des autres races indiennes ; de plus, le caractère indien se conserve, quelque éloignée que soit la filiation et quelque blanc que soit le produit, de telle sorte que l'observateur peut reconnaître à première vue un métis yucatèque

d'autres métis. Ce fait est au moins étrange, et diffé^ rencie essentiellement la race yucatèque des autres races indiennes du Mexique.

M'oublions pas que la pyramide de droite possède à rintérieur, et enchâssé dans le mur, le fameux anneau qui servait au jeu de paume , et qu'a reproduit M. Tabbé Brasseur sur la couverture du remarquable ouvrage le Popol Vuhy qu'il a récemment publié.

Le palais des Nonnes est bien le monument le plus important de Chichen-Itza. Considérable dans son ensemble, sa façade n'a qu'une médiocre étendue; mais, travaillée comme un coffret chinois, c'est le bijou de Cbichen pour la richesse des sculptures. La porte, surmontée de l'inscription du palais, possède en outre une ornementation de clochetons de pierre qui rappellent, comme ceux des coins de plusieurs édifices^ la manière chinoise ou japonaise. Au-dessus, se trouve un magnifique médaillon représentant un chef la tète ceitite d'un diadème de plumes ; quant à la vaste frise qui entoure le palais, elle est composée d'une foule de tètes énormes représentant des idoles, dont le nés est lui-même enrichi d'une figure parfaitement dessinée. Ces têtes sont séparées par des panneaux de mosaïque en croix, assez communs dans le Yucatan.

L'intérieur de l'édifice se compose de cinq pièces de grandeur égale dont la forme, commune à Palenqa<) ne varie jamais ; on dit en espagnol de bovedety qui n'exprime aucunement cette architecture toute parti»-

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