‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 99 sur 185 · CHAPITRE X,-^CH1CHEN-1TZA · texte numérisé non relu

CHAPITRE X,-^CH1CHEN-1TZA

culière; boveda veut dire voûte, et ces intérieurs n'y ressemblent nullement; ce sont deux murs parallèles jusqu'à une hauteur de trois mètres, obliquant alors l'un vers l'autre, et terminés par une dalle de trente centimètres.

Les linteaux des portes sont en pierre. Chichen n'offre que quelques rares échantillons de linteaux de bois, qu'on trouve partout à Uxmal. Le corps principal du palais des Nonnes, flanqué de deux ailes placées à distances inégales, s'appuie à une pyramide perpen-* diculaire, sur la plate-forme de laquelle se trouve un édifice très^soigné, percé de petites pièces avec deux niches faisant face à la porte et traversé par un cou* loir qui, s'ouvrant à l'orient, va donner sur l'extrémité occidentale du palais. Ce second édifice est lui-même surmonté d'un autre plus petit, le total formant un palais de trois étages. On arrive à la première plate** forme par un escalier gigantesque fort rapide, com* posé de quarante à quarante-cinq marches. Il y avait là, quand j'y montai, tout un nionde d'oiseaux, de serpents et d'iguanes, des cailles entre autres dont l'une fut prise à la main^ de beaux oiseaux verts et bleus, au cri plaintif, s'barmoniant parfaitement à la solitude des ruines. Les iguanes couraient, sautant de branches en branches, et je ne pus en attraper aucune.

Le développement du palais et de la pyramide est d'environ soixante-quinze mètres. La pyramide avait été fouillée par Stephens^ je suppose, mais il n'avait

trouvé qu'une masse de mortier de pierre, qu'il re* noDça à percer d'outre en outre, laissant béante une énorme excavation qui montre suffisamment l'excellence des matériaux et la solidité de l'ouvrage. Le bâtiment appelé la Carcel (la Prison) par les indigènes, on n'a jamais su pourquoi, est un édifice parfaitement conservé. Placé sur une pyramide peu élevée (de deux mètres environ), il se compose d'im seul corps de logis, avec trois portes au couchant, éclairant une galerie de la-langiieur du palais. Cette galerie est percée de trois saUes qui ne prennent jour que par des portes intérieures correspondant aux portes du dehors; nous n'avons jamais remarqué, dans les ruines du Yucatan, pas plus que dans celles de Mitla et de Palenqué, un seul édifice à fenêtre. D'autres ruines s'olfrent encore de tous côtés à la vue du voyageur. Ce sont le Caracol ou l'Escargot, bâti en manière de mur à limaçon; le Château, que surmonte une pyramide de cent pieds au moins, puis un énorme bâtiment près des Nonnes, mais totalement dénué de sculptures ; des amoncellements de pierres taillées indiquent encore la place d'autres édifices, le sol au loin en est couvert. Quant jà Y hacienda de Chichen-Itza, ses bâtiments et ses chsipelles, perdus dans Je bois, attendent que les Indiens étant soumis, le maître revienne leur donner le mouvement et la vie qui les ont abandonnés.

Le propriétaire actuel vit à Mérida; il me proposa la cession de sa propriété et des ruines pour la somme

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