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CHAPITRE VIL

Population. — État militaire.

Une opération importante, mais qui partout, et plus particulièrement au Mexique , présente de grandes difficultés, est un relevé exacte de la population. Dans ce pays, le mancjue d'ordre dans l'administration s'oppose à ce qu'on puisse asseoir les calculs sur des bases solides 3 aussi, tous les nombres que l'on a , présentés depuis la révolution , ne reposentils que sur des suppositions.

La conséquence de ces calculs sans chiffres est d'amener à des résultats tout a fait opposés à ceux des recensements qui , pour l'ordinaire , sont au-dessous du nombre effectif';

* J*ai remarqué que c'est précisémeut dans les pays où le recensement se fait avec le plus d'exactitude et de sévérilé , par rapport au recrutement, qu'un plus grand nombre d'habitants parviennent à »*y soustraire, en quittant le lieu natal et se portant sur les capi-

tandis que les évaluations que j'appellerai arbitraires, sont presque toujours exagérées, par ce penchant qu'ont tant d'hommes à grossir ce qui peut flatter leur amour-propre ^ et les Américains, et surtout les Mexicains étant jaloux de passer pour plus nombreux qu'ils ne le sont en effet.

L'incertitude dans la statistique du Mexique est telle, qu'on ne pourrait, sans s'éloigner de la vérité , présenter des chiffres comme exacts. Les autorités y sont trop ignorantes ou nonchalantes, pour en fournir au voyageur.

Âlmonte, dan s son Catecismo degeografia, ouvrage , comme l'annonce le titre , élémentaire et des plus abrégés , mais qui, vu le manque d'ouvrages statistiques sur la république mexicaine , passe pour une autorité, porte, en 1837 , le nombre des habitants de cette contrée à 7,500,000 âmes , et justifie ce chiffire

taies , où les recherches ne peuvent se faire avec la même facilité que dans des villes peu considérables. Je suppose donc à plusieurs capitales del*Europe un chiffre beaucoup plus élevé que celui accusé {)ar las statistiques ofûcielles.

par l'énumération de la population de chaque département.

Plusieurs données de M^ Almonte sont exactes, comme j'ai pu m'en convaincre par des renseignements pris sur les lieux mêmes; mais la population des villes est généralement exagérée, et je crois qu'en diminuant son chifire de la population mexicaine de 500,000 âmes , on approche davantage de la vérité.

Le nombre de 7,000,000 correspond d'ailleurs avec celui donné , en 1854 , par le ministre don Lucas Alaman , juge le plus compétent en cette matière.

L'armée mexicaine sur le pied de paix est évaluée à 5iO,000 hommes ; mais en ajoutant divers corps de troupes établis sur les côtes , et une milice permanente (qu'il ne faut point confondre avec la garde nationale , qui est dissoute , et qui s'élevait de 10 k 20,000 hommes), on peut porter le nombre total a 30,000. Si on voulait établir le chifl&re de l'armée d'après le nombre d'officiers supérieurs qui y figurent^ on serait loin d'être

dans le vrai , puiscju'on n'y compte pas moins de 10 généraux de division (lieutenants généraux), et de 150 généraux de brigade (maréchaux-de-camp). Les .titresr de colonel et de lieutenant-colonel y sont semés encore avec plus de profusion , mais le grade de major n'existe point du tout. Le régiment ne consiste qu'en un seul bataillon , fort de huit compagnies, dont six de fusiliers, une de grenadiers et une de chasseurs.

Le régiment de cavalerie est divisé en quatre escadrons, formés chacun de deux compagnies. U y a dans chaque compagnie d'infanterie un capitaine , un Ueutenant et un sous-lieutenant. Ce dernier grade, dans la cavalerie, est remplacé par un alférez (enseigne). L'armée mexicaine au complet se compose de douze régiments d'infanterie, de douze de cavalerie légère (dragons) , d'un corps d'artillerie , d'un autre formé du génie et des sapeurs, et de la milice du Conmierce, ainsi nommée parce qu'elle est entretenue aux frais des négociants de la capitale pour leur sûreté.

L'ajustement de la troupe est presque partout des plus négligés. Son uniforme consiste en une veste courte et un pantalon dont il serait difficile d'indiquer la façon.

Le bleu a revers et k raies rouges est la couleur adoptée pour l'infanterie ; la bandoulière est blanche; le tschaco, énorme, est surchargé de bouffettes et d'ornements , et souvent même surmonté d'un panache tricolore. La cavalerie est en vert également garni de rouge. Le casque est en métal et orné d'un plumet.

Les manteaux , qui ont ce petit collet à l'anglaise si gênant et de si mauvais goût, sont de couleur jaune pour la cavalerie ; mais ils sont ordinairement remplacés-dans l'infanterie par des serapes (sorte de couverturesde laine). Les armes sont , la plupart , de fabrique anglaise.

Les officiers subalternes, jusqu'au capitaine, portent des bandoulières en cuir blanc , ce qui leur donne l'air de sous-officiers.

La garde du président, que l'on ne voit que dans les grandes cérémonies, est composée

de deux pelotons de grenadiers, qui se distinguent du reste de la troupe par la richesse de leur ajustement et leur belle tenue.

L'artillerie^ l'état-major et le génie ont conservé sous la république le privilège qu'avaient ces corps sous la domination de l'Espagne , de porter , comme appartenant à la maison du roi , des broderies en or sur leurs uniformes.

Les canons sont au Mexique du calibre le plus varié , quelques-uns sont d'une longueur aujourd'hui inusitée (des fauconneaux), et d'autres en fer; on n'y voit pas de batteries d'un calibre égal.

La plus grande réunion de troupes que je vis , fut cdle qui eut lieu à l'occasion du Cor^ pus Dominij où défilèrent environ 3,000 hommes, infanterie et cavalerie, qui devaient partir le lendemain pour être opposés aux Français, à Vera-Cruz.

L'équipement de ces troupes était presque entièrement neuf, car la plupart des soldats n'avaient été enrôlés et organisés que ré-

cemment, depuis que la guerre avec la France paraissait imminente.

La tenue de la troupe, en général, est loin de lui être avantageuse ; quelques-uns des corps sont pourtant assez bien exercés , ce qu'on doit à des cbefe et k un certain nôinbre de vétéran» du temp» des Espagnols , et qui sont encore au service.

Le mérite des soldats mexicains &At de n'avoir que peu de besoins : une peignée de maïs ou de frijoUs leur suffisent , et ils pàr« courent sans chaussures douze k quitize fe^tios pendant plusieuns jours de suite. En gêné* rai , ils ne manquent point de valeur et formeraient, mieu:st disciplinés, mieux payés, et recrutés d'après^Un autre système, une bonne trotipe.

Ce ne sont pas les règlements qui manquent au Mexique pour y soutenir la discipline mi* litaire. La désertion , entre autres , est punie pour la première fois de cent coups de bâton (|>(liiM), et la seconde fois par l'incarcérâfion au Presîdiô, prison de Vera-Cruz. Mais la lé-

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gèreté et la nonchalance dé la natioti , cjui se décèlent dans toutes les branches de l'adfliimstration , font que les lois poul* le militaire 8'e:&écutent aussi peu que celles itistitûées {lour le reste de la nation.

Le mauvais état deÈ finances de là république est utlè autre cause principale du triste état de l'armée mexicaine.

Le soldat , mal vêtu , mal nourri , ne reçoit pas même sa chétive solde , sort (|Ué pdttage , du reste, l'emjplôyé civil. Ni l'un iii l'autre ne touchent pour l'ordinslire d'argent comptant ; on leur donné , sur le trésor , des billets qu'ils sont obligés de vendre a dès spéculateurs avec des réductions énormes. J'ai vu un ofBcier céder un pareil billet de 580 pesos (3,190 fir.) qu'il avait reçU coiUme soldé de plusieurs mois, à 90 p. O/q de perte , c'est-àdire pour 58j>ë5ô« (319 fir.) eflTectîfs. L'acqUéreur attend lé moment favorable, et, partageant atec Une ddihinistràtion corrompue , réalise son effet au détriment du malheureux soldat , sans que le gouvernement ^ qui perd

son crédit par ce procédé, en tire aucun profit.

Mais le chancre qui dévore le plus l'armée mexicaine , c'est le mal qui résulte pour son moral de l'usage si révoltant qui y existe v de recruter, dans des moments d'urgence , jusque dans les prisons. Est-on en droit, d'après tela , d'exiger un esprit d'ordre et des senti* ments d'honneur dans des corps où de tels hommes peuvent être introduits ?

Les révolutions qui, dans d'autres contrées, ont généralement développé des talents militaires cachés dans la foule , triste compensation pour les malheurs qu'elles entraînent , n'ont eu au Mexique d'autre résultat que celui de servir a des hommes dénués de talent et d'esprit militaires pour arriver par l'intrigue à des postée émineùts.

La hardiesse , dans les fTomkXic%à'nMtkio% % et non la valeur , a servi de point de départ à des hommes médiocres pour arriver au poste

Ji . . . . •

* • Pronuneiamiento, déclaration de révolte.

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le plus élevé de la république et pour occuper le inonde entier d'une renommée usurpée , qu'ils conservent même aujourd'hui , gardant une influence si funeste pour la tranquillité et le bonheur du pays , après des preuves si nombreuses d'incapacité administrative et militaire. Les véritables héros, les hommes de cœur et de génie , tels que des Bustamente , des Cortazar, desParedes, qui feraient l'ornement des troupes les plus distinguées , restent dans l'ombre ; leurs faits sont ignorés ou oubliés , et leur influence chez leurs concitoyens est momentanée et tout a fait locale.

La marine mexicaine est des plus faibles et ne consiste qu'en dix petits navires (brigantins et goélettes). Il y manque , du reste , aussi peu d'ofBciers supérieurs que dans la troupe de ligne , et on voit se promener dans la capitale un nombre de comandantes ( Commodores ) suffisant pour en fournir la marine la plus formidable.

J'ai vu à Vera-Cruz la coque d'une frégate coulée à fond , qui , je crois , avait été le vaisr-

caine cette prédilection pour les discussions théologiques , qui éveillées en Europe par la réforme y* continuèrent jusqu'à la fin de la guerre de Trente ans , et ne cessèrent entièrement que vers le commencement du xvm^ siècle. Cependant, des ouvrages historiques qui, par leur importance, ont attiré l'attention de rEurope,sontsortis des mains d'auteurs mexicains , et des savants dont le mérite reste souvent inconnu , recueillent dans le champ de la topographie, de la statistique , de la philologie et d'autres sciences des faits précieux.

On a ressenti au Mexique , surtout dans les sciences , les effets de la révolution , qui paralysa tout pendant quelques années. Ce n'est que dans ces derniers^ temps que les occupations littéraires, et les institutions scientifiques ont repris leur cours; mais, quoiqu'on puisse citer quelques spécialités distinguées, la marche générale vers le savoir n'est cependant que faiblement progressive.

Le musée formé récemment dans la capitaie aux frais de l'État , et non par esprit de

spéculation , comme ceux des États-Unis, promet néanmoins a la science les résultats les plus favorablessy l'étude d'un pays ne pouvant se faire avec succès que sur les lieux mêmes, n présentera bientôt le résumé des plus intéressants objets d'antiquité et d'histoire naturelle dont cette contrée est remplie. Ces collections d'ailleurs engagent à conserver les objets auxquels se rattachent des souvenirs nationaux , qui jusque-là passaient en Europe , et sont un frein plus puissant que toutes les prohibitions de la loi qui en interdit l'exportation.

Le musée national, qui occupe un vaste édifice, est riche en objets d'histoire naturelle du pays , surtout dans les branches de l'ornithologie , de l'entomologie et de la minéralogie ^ mais sous le* rapport des antiquités, il se ressent du peu d'importance qu'on avait jusqu'alors attachée à leur conservation. Les souvenirs les plus précieux des anciens Mexicains , sont sortis de la contrée , ou se trouvent dans les mains de particuliers.

U n'^y a que les curiosités d'un poids tropcon-

si^érable ou d'une dimension trop forte pour pouvoir être enlevés , qui y soient en grand nombre. Parmi elle^ , on remarque la pierre de Sacr%fic%Q$y et la atatue monstrueuse diidieu de là, guerre , Huitlipuchtli.

Le musée ne possède qu'un petit nombre de ces masques en pierre que les anciens Mexicains plaçaient dans. les. ton^>eaux, et qui dé^ cèlent un degré élevé de perfection , surtout quand on considère Finf^riorité de leurs instruments, et aucui^ masque ni autre objet de quelque importance en obsidienne.

La collection de manuscrits des anciens Mexicains sur magtiat (aloès), n'est pas considérable, mais elle en renferme du plue haut intérêt, tels que l'Émigration des Aztèques delà Californie , la Généalogie des souverains de la dernière r^ce jusqu'kMontezuma II,et ces peintures célèbres , sur ce même tissu , qui repré* sentent l'arrivée des Espagnols au Mexique, exécutées pour s^itisf air e la c uriosité inquiète du dernier souverain indigène de cette contrée*

Un objet surtout attira toute mon attention ,

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m'inspira rintérêtle plus vif : c'était un souvenir de l'homme e:(traordinaire qui conquit ce vaste empire , c'était rétendar4 autour duquel Cor tes rassemblait ses intrépides compagnons, avec lequel il les guidait à la victoire; ce simple étendard rougie , avec l'image de la Vierge , qui flottait triomphant lors de «a.glorieuse entrée dans la capitale du nouveau monde.

On parcourt avec intérêt la salle oii sont exposés les portraits des anciens vice-rois de la ?f ouveUe*Espagne , représentés avec les costumes de leur siècle.

Dqux tableaux, surtout attirent les regards des visiteurs ; ils semblent peints d'après nature et furent donnés par le souverain h plus iUustre de l'Espagne a son grand ca^ pitiûne. Le premier représeiite Ferdinand le Catholique et la magnanime Isabelle, dont les traits^^ si doux répondent à l'idéal que Ton se forme de cette grande et bonne souveraine , dont l'âme élevée sut concevoir et apprécier les projets de Colomb, et qui resta constante dans l'appui et la protection qu'elle avait

La perfection artistique de cette statue a été vantée avec exagération ; les formes (ju'élie présente sont, au contraire, ce que Ton ptM Yoir de plus lourd dans ce géni^e.

Plusièiirs particuliers {>ossèdeht, dans la capitale, des cdllectioii^ sclentifiqtiei^ tth^ riches. Celle du çoihte de Peftascô est la plus considérable : elle consisté en appareils de phyëiqué , dé chiniie et d'histôirë ilaturelle. La partie des antiquités nationales y e^i des plus intéressantes, et se distingue surtout pu un masque eh obsidienne, objet delà plus grande rareté; contifne le reste, céé àtitiquités sont rangées aree gôut et choisies avec discernement i le propriétaire dé cet établissement remarquable ayâtit plus d'égard k la qualité qu'au nombre .

Le comte de Régla a rassemblé plusieurs objets variés et curieUx , maiâ rangés dans un ordre moins scientifique.

Le coUlte dé là Cortina possède , en fait d'ârtnes et de tableaux , de§ collections intéressantes ; il est également parvenu à compo-

ser une bibliothèque choisie , riche en livres et en ^manuscrits relatifs a l'histoire du pays. M. de la Cortina est un des hommes les plus aimables et les plus instruits de la capitale ; il travaille avec succès aux progrès scientifiques du Mexique > et publie à cet effet la Révisa m^içana^ écrit périodique aussi utile pour l'histoire et la connaissance du pays, que pour y faire apprécier les sciences.

Le goût que l'on trouve en général au Mexique pour les hvres surprend , et cependant il est attesté par de nombreuses bibUothèques particulières : celle de don Lu* cas Aljamàn ^ dont le nom célèbre repardîtr^ encore bien des ibis dans ces soutênii^s , contient les auteurs classiques et \eé ouvragés les plus variés sur les arts et les sciences»^ mais principalement sur l'histoire du pays, objet de prédilection parmi les études auxquelles cet homme supérieur s'est livré.

Lors de mon 6éjour on fit la vente de la bibliothèque d'un chanoine de la cathédrale ^ le nombre et la rareté des livres qui la corn-

posaient la rendaient des plus intéressantes. On y trouvait la plupart des ouvrages imprimés au Mexique , ainsi qu'une des collections les plus complètes de Bibles en toutes les langues , que je vis à regret dispersées.

La littérature an Mexique , quoique peu avancée , en raison de la situation politique du pays , qui détourne les esprits d^études solides et les porte à s'exercer dans les champs d'une polémique dans laquelle ils ne sont cependant que des copies médiocres de celle de l'Europe , présente cependant quelques exceptions , parmi lesquelles on compte don Carlos Maria Bustamente , l'auteur le plus fécond du Mexique , dont les ouvrages sur l'histoire du pays , puisés aux sources les plus authentiques , ofiriront les matériaux les plus riches aux fiiturs historiens. Mais , dans ces ouvrages mêmes , on reproche k l'auteur trop de partialité pour l'opinion qu'il professe^ qui est celle des Hidalgo et des Morelos. Ennemi d'une domination étrangère pour 9a patrie , mais attaché à la religion catholique et à

Tordre public , il est aujourcThui un des soutiens les plus fermes et les plus dignes du parti conservateur.

M. Bustamente a puisé , pour composer la plupart de ses ouvrages , aux sources si riches que lui offraient les monastères. C'est surtout dans celui des Franciscains , fondé en 1 524, que les manuscrits les plus importants pour Thistoire du pays furent conservés etle sontencore.

Les couvents des Carmélites et des Dominicains, qui s'y sont établis en 1526, ont beaucoup souffert dans les troubles civils ; la crainte qu'éprouvent sans cesse les religieux de voir détruir les trésors d'arts et de science que la piété y avait amassés , et les pertes qu'ils ont eu à déplorer pendant les révolutions, les ont rendus indifférents k leur conservation , et des spéculateurs ont su tirer profit de cette disposition pour acquérir à vil prix les objets les plus intéressants ; de sorte que des tableaux précieux donnés aux églises par les rois d'Espagne ont disparu. J'ai vu dans les mains d'un particulier deux tableaux , l'un de Ve -

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lasipies , l'autre de Murillo , de la plus grande perfectioit, mais dans un état délabré, qui provenaient du cloître Santo Domingo. Les armes des conférants qui y avaient été déposées ont été vendues presque au poids du fer. Je possède Tépée de don Pedro d'Alvanâo , qui provi^it de ce monastère.

Les archives de l'État doivent contenir les pièces les plus précieuses pour l'histoire des Indes. J'y trouvai le manuscrit volumineux du procès intenté a Certes parle commissaire nnpérial.

U y a plusieurs imprimeries à Mexico ; mtts les ouvrages qui paraissent dans cette ville sont si coûteux qu'on préfère acheter ceux imprimés à Paris en langue espagnole, et dont il se fait un débit extraordinaire.

On publie dans la capitale plusieurs journan , dont la plupart sont des plus démagogiipies, et funestes pour un peuple qui a si peu de principes et que l'on mène si £icilemevit vers le mal.

La principale librairie mexicaine est celte

de Galvan , co nnu surtout par son calendario, où l'on s'efforce d'introduire des connaissances utiles et populaires. Parmi les libraiiies étran** gères , cellç d'Eschenburg est la plus conmdérable ; elle possède un choix d'aufceurs classiques de tous les pays , traduits en espagnol et imprimés à Paris. Il y a en outre beaucoup de bouquinistes , chjez lesquels on trouve les principaux ouvrages sur l'histoire des Indes , comme Solis, Qerrera, et même les historiens et chroniqueurs de l'Espagne les plus rares.

On recherche beaucoup les grammaires et vocabulaires des idiomes mexicains , ainsi que les catéchismes et ouvrages élémentaires pour les Indiens. Le Dictionnaire de la langue meœi' caine et espagnole d'Âlonso de Molina , de 1 571 , est un des livres les plus rares et le premier qui ait été imprimé en Amérique.

La Mineria (l'École des mines), qui, du temps des Espagnols, jouissait d'une célébrité bien méritée , a beaucoup perdu de son importance. Elle tire aujourd'hui son plus grand lustre du savant professeur espagnol Ânto-

nio del Jlio, digne disciple de Werner, et célèbre par nombre de découvertes importantes dans la géologie et la minéralogie^ mais entravé dans sa sphère par le peu d'appui que le gouvernement est à même d'accorder aujourd'hui à cet institut.

La littérature , les sciences et les arts n'ont donc rien gagné depuis la révolution. L'Université, la Mineria^ datent du temps espagnol ; les hommes les plus éminents ont été élevés à cette époque, où l'étude des sciences, quoique restreinte , portait cependant ses fruits.

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