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saine. C'est aussi dans cette portion osseuse que nous avons vu naître et se developper les lésions expérimentales. Les séquestres, les érosions siégeaient toujours très près du cartilage de conjugaison, entre celui-ci et le canal médullaire. — La relation signalée par M. Ollier entre l’activité de l'accroissement physiologique et la localisation des manifestations morbides est donc constante expérimentalement comme en cliuique.
On connaît aussi, d’après les recherches de M. Ollier, l'influence que peut avoir l'inégalité d’accroissement des deux extrémités d’un os sur le siège d'élection des phénomènes pathologiques. Geux-c1 se manifestent en bien plus grand nombre aux extrémités d'élection pour l'accroissement en longueur, c'est-à-dire à l'extrémité éloignée du coude pour le membre supérieur, et à l'extrémité voisine du genou pour le membre mférieur. Les statistiques confirment ces rapports entre la loi d'accroissement des os longs des membres et le siège des lésions mflammatoires et néoplasiques. Pour les ostéites spontanées, dit M. Ollier. ce rapport, qui est évident, n'est pas aussi frappant que pour les tumeurs: c’est que la présence des causes occasionnelles des ostéites sur certaines régions (coude par exemple), contrebalance la prédisposition physiologique. Mais chez le lapin inoculé sans traumatisme aucun des membres, la rèele for-mulée par M. Olher est absolue et explique le siège des lésions. Nous les avons rencontrées, avec une are fréquence, soit à l'extrémité supérieure des humérus, soit à l'extrémité inférieure des fémurs et
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à l'extrémité supérieure des tibias. Presque toujours, plusieurs de ces os étaient atteints simultanément. Malheureusement, nous avons négligé de dresser des tableaux statistiques qu’on aurait pu rapprocher des statistiques faites dans les services des chirurgiens. Nous pouvons dire seulement que les extrémités osseuses atteintes ont été, par ordre de fréquence, l'extrémité supérieure du tibia, lextrémité inférieure du fémur, l'extrémité supérieure de l’humérus et l'extrémité supérieure du fémur. Une fois, la tête du péroné a été réduite en bouillie.
Il n’est pas question des lésions articulaires qui, le plus souvent, nous ont paru indépendantes de l'inflammation osseuse. C'est ainsi que les articulations voisines des sièges de prédilection n'ont pas présenté du pus plus fréquemment que les autres. La suppuration des jointures, dans toutes ces expériences, nous a paru dépendre plutôt de l'infection oénérale qne de l’ostéite. Nous n'avons pas vu de perforation d’un cartilage diarthrodial ni d’un hgament articulaire, par où le pus venu de l'os aurait pu fuser dans l'intérieur de l’article ; et souvent, d'ailleurs, cette suppuration des articulations à coïncidé avec des lésions osseuses presque sèches.
Ceci n’enlève rien à l’analogie qu'offre l'affection que nous avons produite avec l’ostéomyélite aiguë, car celle-ci, dans ses formes graves, s'accompagne du cortège de la pyohémie.
Nous aussi, nous avons obtenu des lésions viscérales que nous estimons semblables à 6e qu'on appelle les complications générales de l’ostéomyélite. Tous nos lapins, qui ont saccomhé, ont présenté avec
une intensité variable du pus dans les reins surtout, et accessoirement dans le cœur et.le foie; 1l ne nous a pas été donné d'observer des abcès du poumon. Dans les formes graves de l'ostéomyélite, qui tuent les malades en quelques jours, Fautopsie révèle constamment du pus dans les reins, le foie, le cœur, dans quelques articulations et aussi dans les poumons; pour désigner d’un mot cet ensemble de lésions, on les appelle pyohémiques ; n'est-il pas évident que cette pyohémie est l’analogue des lésions viscérales et articulaires de nos lapins? Une autre analogie, que présentent ces complications générales, c’est que, chez l’homme comme chez le lapin, elles sont peu en rapport avec le degré d'intensité de la lésion osseuse, de l’ostéomyélite proprement dite. Cette discordance est bien connue des chirurgiens, qui ont signalé plusieurs cas, et si l’on en voulait un récent exemple, on le trouverait dans l’observation relatée par M. Ollier, dans son article de l'Encyclopédie internationale, et recueillie dans le service de M. Laure, à la Charité. Nous avons observé la même chose à maintes reprises, et, de plus, nous n'avons pu engendrer que des lésions viscérales et articulaires chez les vieux lapins dont les épiphyses étaient soudés. |
des faits jettent une certaine clarté sur la nature de l’ostéomyélite ; puisque, comme le démontrent les injections Imtra-veineuses faites parallèlement sur les jeunes et sur les vieux lapins, il n'y a aucun ‘apport entre les lésions viscérales et les lésions de l'os, 1l est évident que celles-ci ne sont pas la cause de celles-là. Aussi, nous paraïît-elle suspecte, l'opinion de ceux qui localisent dans les altérations osseuses le
point de départ des complications générales, et les rattachent à une septicémie d’origine médullaire. L'ostéomyélite est produite par l'entrée du mierobe dans le torrent circulatoire; celui-ci le distribue dans les tissus et les organes qui réagissent de façons différentes, suivant leur structure et leurs fonctions etaussi suivant les conditions de quantité et de qualité du micro-organisme, Il v a donc intoxication et mfection générale, et les différences dans les aceïdents observés ne tiennent qu'aux différences de dose et de virulence de la culture. Cette explication peut être transportée à la clinique ; elle permet de comprendre la mort rapide de jeunes sujets qui ont présenté des symptômes typhiques, et dont l’autopsie montre une lésion osseuse si peu étendue, qu'on ne peut la considérer comme la cause directe de la mort.
Ces considérations prouvent qu'il est possible de produire une affection identique à l’ostéomyélite de J’'homme. |
Cette identité peut être poursuivie pas à pas ; elle est corroborée encore par l’existence d’une ostéomyélite expérimentale des os courts: une fois, nous avons vu la suppuration des vertèbres dorsales.
Nous n'avons pas observé d’ostéites des os plats, mais notre attention n'a pas été dirigée de ce côté assez pour qu’elles n'aient pu nous échapper.
Une particularité est à signaler: les muscles, outre des abcès semblables à ceux des formes pyohémiques de l’ostéomyélite, ont présenté des plaques de dégénérescence vitreuse qui, croyons-nous, n'ont pas été signalées chez l’homme d’une facon bien explicite.