‹ Le microorganisme de la syphilisChapitre 18 sur 100 · ACTION DU MERCURE SUR LE TRÉPONÈME · texte numérisé non relu

ACTION DU MERCURE SUR LE TRÉPONÈME

exemplaires de tréponèmes remarquablement couits, Fusco a remarqué que les formes longues qu’on trouvait au début du chancre, avant tout traitement, taisaient place à des formes très courtes, une lois que ce traitement était institué depuis une certaine période; Wechselmann et Lœwenthal (6o4)> chez un malade soumis depuis quelque temps déjà a une cure de frictions, ont observé des tréponèmes de 5 a 4 g de longueui et ne présentant que 2 à 4 spires; nous-meme enfin, dans un cas où existaient avant tout traitement des tréponèmes très longs et très fortement colorés, les avons trouvés, six jours après la première injection d huile grise, non seulement plus rares, mais encore moins longs et moins colorés; ce fait pourtant n est pas enta renient probant, car la lésion avait été touchée a I acide chromique au l/10 le jour même ou avait été laite la piqûre.

En résumé, de toutes les données que nous venons d’exposer, il semble résulter que le traitement mercuriel est susceptible tantôt d’amener des modifications morphologiques ou la disparition du treponeme de s lésions syphilitiques, tantôt de rester complètement inactif. ïl y a là un fait dont la cause nous échappe encore. Nous ne savons pas davantage si le mercure, lorsqu’il se montre efficace, agit directement sur le microorganisme ou seulement de maniéré induecte, en favorisant les réactions défensives de 1 organisme. L inconstance des résultats observes ne semble pas liés favorable à la première hypothèse. Nous ignorons enfin si la disparition du tréponème, dans les cas ou elle se manifeste sous l’action du mercure , est bien réelle , ou si le microorganisme ne prend pas simplement une

forme de repos sous laquelle il échappe aux investigations i.

1 A l’action du mercure sur le tréponème, du moment où l'on admet la signification étiologique de ce dernier, se rattache directement la question du traitement préventif de la syphilis par l’application locale de pommades hydrargyriques. On sait que MM, Metchnikoff et Roux, après avoir réussi treize fois sur treize à empêcher l’éclosion de la syphilis chez le singe par application de pommade au calomel au 1/3, accompagnée de frictions au point d’inoculation du virus et dans un délai de quelques heures après cette inoculation, ont tenté avec succès la même épreuve sur un étudiant en médecine qui s’y était volontairement soumis. Cependant Neisser, expérimentant de la même façon, obtenait 50 % d’échecs. D’après Metchnikoff (381), cette différence énorme dans les résultats obtenus s’explique parce que Neisser pratiquait des scarifications profondes, facilitant ainsi l’absorption rapide du virus, tandis que Metchnikoff et Roux, reproduisant ce qui s’observe dans les inoculations cutanées, se sont contentés d’inoculations superficielles.

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