‹ Le microscope et ses applications a l'étude des végétaux et des animauxChapitre 13 sur 36 · OBSERVATIONS. DESSINS MICROSCOPIQ.UES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS. DESSINS MICROSCOPIQ.UES

Onpeutregarderdansun microscope, indifféremment avec Tun quelconque des deux yeux: il vaut mieux néanmoins s'habituer à regarder avec l'œil gauche, car quand on dessine, on place naturellement le dessin à sa droite, et on suit alors facilement le dessin avec l'œil droit, tandis que l'œil gauche est fixé sur l'instrument. Dans les premiers temps, on est un peu gêné dans son observation par le demi-jour qui règne toujours dans le champ d'un microscope, surtout avec les forts grossissements, mais on s'y habitue assez rapidement, et ce demi-jour, qui fatigue moins l'œil qu'un éclairage éclatant, est au contraire- favorable aux longues observations. Si la lumière vive du dehors gêne, on peut se faire un abat-jour d'une de ses mains, ou se fixer sur le front une visière en carton.

Voyons maintenant la manière dont se fait une observation microscopique. La préparation soit extemporanée, soit définitive, est faite. On la place sur la platine du microscope, en faisant correspondre l'objet à examiner et le trou de la platine. On met alors l'œil à l'oculaire, et on fait mouvoir le miroir avec les doigts jusqu'à ce que le champ du microscope apparaisse comme un cer-

OBSERVATIONS. DESSINS MICROSCOPiaUES 43

de lumineux. Il faut alors mettre Tobjet au point. En effet, pour qu'une image apparaisse nette dans un microscope, il faut qu'elle vienne se former précisément au point où on mettrait un objet qu'on voudrait examiner avec la loupe de l'oculaire ; mais on sait que la position de l'image réelle que donne une lentille convergente dépend de la position de l'objet par rapport à la lentille; il faut donc mettre l'objet à une distance déterminée de l'objectif.

Pour cela, on commence par mettre l'objectif assez loin de la préparation en faisant glisser le corps du microscope dans le manchon qui le soutient, soit avec la main, soit à Taide d'une crémaillère appropriée. Mettant alors l'œil à loculaire, on rapproche de la même manière l'objectif jusqu'à ce qu'on aperçoive une image trouble de l'objet. On commence alors à agir sur la vis micrométrique qui donne un mouvement très lent à l'objectif. Si en la faisant tourner dans un sens, on voit l'image se troubler davantage, on change le sens de la rotation : on voit alors l'image devenir de plus en plus nette. On s'arrête quand l'image a acquis son maximum de netteté. Pour s'éviter dans la suite des tâtonnements toujours désagréables, on note la distance où se trouve l'objectif pour l'oculaire que l'on a employé, et on fait cette même observation pour toute la série des objectifs, combinés avec la série des oculaires.

On sait que le microscope ne nous donne nettement l'image que d'un plan mathématique. Or, tous les objets que Ton examine au microscope, si petits et si minces soient-ils, ont néanmoins une certaine épaisseur. Un grain d'amidon, par exemple, et surtout à un fort grossissement, ne pourra être vu tout entier au point. Aussi,

44 OBSERVATIONS MICROSCOPiaUES

pour étudier la structure intime de ce grain, le décomposer pour ainsi dire en tranches élémentaires excessivement minces, est-on obligé sans cesse, dans le cours de Tobservation, d'avoir la main sur la vis micrométrique, de façon à faire monter ou descendre l'objectif de quantités très petites. On reconnaît de suite quelqu'un quiaThabitude du microscope à ce que,à peine l'œil à l'oculaire, ir porte aussitôt la main à la vis micrométrique, qu'il fait tourner de quantités très légères dans l'un ou dans l'autre sens, pour scruter la préparation dans toute son épaisseur. Pendant que l'on fait ce mouvement d'une main, de Tautre on fait courir la préparation sur la platine du microscope, de façon à rencontrer le point le plus avantageux à l'étude, car il est bien rare que toute la préparation soit également bonne : même dans ce cas, un point montre mieux telle particularité, un autre telle autre. Il faut une certaine habitude pour acquérir la sûreté de main suffisante : on est surtout gêné, dans les débuts, par ce fait que les microscopes renversent les objets, et on fait marcher la préparation dans un sens inverse à celui que Ton voulait ; mais c'est un défaut dont on se corrige rapidement; on arrive même bientôt aune telle précision, que pour retrouver un point donné dans une préparation, on préfère la main aux diverses dispositions mécaniques adaptées aux platines dont nous avons parlé plus haut.

La mise au point, qui n'est pas une opération bien délicate avec les objectifs à longs foyers, devient assez minutieuse avec les objectifs à immersion. Pour mettre au point avec ces objectifs, on commence par mettre sur la lamelle qui recouvre la préparation une petite goutte du liquide à immersion, puis on rapproche lentement

Page 1