GENRES
o isolées, ou en chapelets, ou en zooglées Mierococcus,
g ^ l /en grand nombre, en colonies
"" '5 * * ( colonies solides J irrégulières Ascococcus.
w o . formant des zooglées ) remplies \ en petit nombre déterminé et
^ o f en forme de. . . . i de cellules. . ' en groupes réguliers. . . . Sarcina.
'j \ une couche simple à la périphérie Clatbrocystis
.courtes, isolées ou en amas oa en zooglées Baciehum.
g I I c, ^ l courts cloisonnés.. . . BaciUus.
3 I Filaments \ . . . / x^ .1 •
=r l • 1 . -^ i longs, mal ( minces . Leptotbrix.
•cl , 1 droits / , . ' i D • j
•-si { sans / l cloisonnés , f gros. . . Beggiatoa.
= ; / isolés ou l ramification. \ Filaments i courts rigides SpLrUlum
^ ') longues, \ entrelacés ] I en < (Vihrlo).
S I formant 1 ou en \ \ spirale ( longs flexibles. . . . Spirocheete.
~^ I des j faisceaux, j ^ .^ . \ Streptothrix .
g ' niaments f ( * f«"**« ramifications. < Cladotbrix.
\ * en zooglées Myconoitoc.
On voit ainsi que les formes sont excessivement variées, et forment souvent des colonies particulières dites Zooglées. Pour l'étude, on peut diviser les Bactéries en trois grands groupes : zymogènes, pathogènes, et celles qui ne sont ni zymogènes, ni pathogènes.
Étude de quelques types :^ymogènes. \° Bacterium terme. — Ce microbe est celui des eaux corrompues ; si on veut l'examiner, on remplit d'eau un vase quelconque, et on Ty laisse quelques jours. On voit bientôt se former à la surface du liquide une pellicule, pellicule formée par des myriades de Bactéries. Si Ton examine alors une goutte de Teau à un fort grossissement (500 diamètres au moins), on voit nager dans tous les sens de petits
•ganismes, les uns libres, en forme de bâtonnets, les
itres agglomérés en filaments; malgré cette diversité
formes, on n'a affaire qu'à un seul microbe, \eBacte-
'itn termo.
Chaque Bactérie se compose d'un protoplasma interne
me membrane cellulosique : cette dernière peut se naître parles réactifs ordinaires de h cellulose (iode ide sulfurique). Il n'existe pas de noyau, mais la ance du noyau, la nucléine. est dissoute dans le iplasma.
I peut apercevoir dans le champ du microscope des riiim en voie de reproduction ; il y a deux procér la scission; les bâtonnets s'étranglent et se ■nt ; 2° la sporulation ; on voit apparaître dans le du bâtonnet une spore bientôt mise en liberté par )turede la membrane, etqui germeen une nouvelle
Micrococcus ureœ. — On sait que peu de temps l'émission, l'urine abandonnée à elle-même prend brte odeur ammoniacale. C'est lu le résultat d'une :ntation due à un microbe découvert par Van lem ; le Micrococcus ureœ. Ce Microbe, de forme die, se présente soit isolé, soit aggloméré en cha-
BacUltis amylobacter. — Ce Microbe, qui est celui fermentation butyrique, se rencontre dans lesliquiucrés ou albuminoïdes, abandonnés longtemps ;'t némes. Le Bacille est soit seul, soit en chapelet; le bâtonnet isolé a 2 ;i de largeur sur 2 à 20 |j. de leur. On voit le Microbe serpenter dans le liquide idulant, ce qui le distingue des Bacterium, qui res- ;oujours rigides. La reproduction se fait par scissi- ■, ou spares. H y a généralement plusieurs spores âtonnet,
Beggiaioa alba. — Ces Algues vivent dans les eaux -euses ; elles réduisent les sulfates, qu'elles transmt en sulfures, et pendant ce travail de réduction
THALLOPHYTES I25
elles accumulent du soufre dans leurs cellules, où il se dépose, sous forme dé petites granulations, reconnaissables à ce qu'elles se dissolvent dans le sulfure de carbone.
Études de quelques types pathogènes. l'^Bacillus anthracis. — Cest ce Microbe qui produit la maladie appelée vulgairement charbon, et qui se rencontre en grande quantité dans le sang des animaux atteints de cette maladie ; il est polymorphe^ En effet, quand on l'examine en culture dans du bouillon, on voit que la Bactérie, qui dans le sang était courte, s'est changée en un long filament enroulé parfois sur lui-même comme un paquet de cordes. Bientôt les filaments s'emplissent de chapelets despores, qui, se disséminant, donnent de nouveau naissance à des bâtonnets courts.
2** Micrecoscus Bombycis. — Ce microbe est celui qui produit la maladie des vers à soie, connue sous le nom deflacberie. On en trouve un très grand nombre dans l'intestin des vers morts flats. Ce sont de petites cellules arrondies, isolées ou en chapelets.
y Bacillus komma. — Ce Bacille ou Bacille virgule, ainsi nommé à cause de sa forme, se trouve dans les selles des cholériques ; il est regardé par Koch, qui Ta découvert, comme la cause du choléra.
On pourrait citer d'autres exemples de Microbes pathogènes, la plupart des maladies infectieuses étant causée par des Microbes : ainsi, par exemple, le Bacille du rouget du porc, celui de la phtisie, le Micrococcus de la petite vérole, celui de la pneumonie, etc. : mais toutes ces formes ressemblent à celles que nous avons
i Ce polymorphisme existe chez de nombreuses Bactéries, et cela constitue jne diflficulté pour la classification.
126 BOTANIQ.UE SPECIALE
déjà étudiées. Citons pourtant encore, à côté des Microbes pathogènes proprement dits, les parasites, comme : le Leptothrix buccalis^ qui vit sur les dents et sur la muqueuse de la bouche, et que Ton aperçoit sous la forme de filaments étroits longs et minces, quand on examine au microscope le produit du raclement de la langue ; le Sarcina ventriculi, formé d'agglomérations cubiques de cellules, et qu'on trouve dans le sang, Testomac, les poumons de l'homme.
Etude de quelques autres types. — Signalons pour terminer les Microbes cbromogènes, comme le Micrococctis prodigiosus, d'un rouge de sang, qui vit sur la pâte, le pain, les pains à cacheter; le Micrococcus pyocyaneus qui colore en bleu le pus de certaines plaies ; enfin les Microhesphospborescents, la phosphorescence de certaines viandes gâtées étant due, d'après quelques auteurs, à un micrococcus.
2° Chlorophycées. — Les Chlorophycées vont nous offrir bien des types intéressants à étudier, tant au point de vue de la forme qu'à celui du mode de reproduction. Nous aurons une idée assez générale du groupe en prenant quelques exemples : r d'Algues unicellulaires (Desmidiées, l^auchériées) ; 2° d'Algues filamenteuses (Zygnémées, Œdogoniées) ; 3° d'Algues vivant en colonies (Cénobiées) ; 4° il faudra joindre à cts études celle des Cbaracées, famille tellement spéciale, que certains auteurs la séparent non seulement des Chlorophycées, mais encore des Algues.
Algues unicellulaires. — Desmidiées. — Lorsqu'on examine des Algues pêchées dans un ruisseau, il n'est pas rare que l'on aperçoive, entre les filaments nombreux appartenant pour la plupart à des Spirogyra ou à des
prw. ^
Zygnema des cellules isolées en forme de croissan! cellules sont celles d'une Desmidiée, le Closferin luila. La, cellule présente au milieu un noyau facile reconnaissable; des deux côtés de ce noyau on ti un chromatophore vert renfermant de nombreux noides entourés de grains d'amidon. Aux deux pc du croissant, le protoplasma de la cellule présent vacuole.
Outre les Closterium, on aperçoit aussi des cellu' forme de bissac fortement étranglé, ce sont des C riUm. La membrane de ces Algues est épaissie et c Le protoplasma renferme de nombreux chromatop filamenteux qui donnent à l'Algue un aspect entière vert, et empêchent d'apercevoir le noyau, qui est tenu dans la partie étranglée de la cellule. La repr lion de ces Cosmariuni est très intéressante à étudi si l'eau que l'on, examine en renferme un nombre sant, on peut en constater sur plusieurs individ diverses phases. La reproduction se fait, soit par div ce qui est une simple multiplication, soit par con son.
Dans la division, l'étranglement qui sépare les moitiés de la cellule s'accentue de plus en plus, en i temps que la partie étranglée s'allonge. Dans le i de l'étranglement il se forme une cloison et les cellules se séparent ; la forme primitive se rep bientôt pour chacune des deux moitiés.
Dans la conjugaison, deux cellules viennent se i côté l'une de rautre(car les Desmidièes sont dou nouvements) dans des plans perpendiculaires. Ch les cellules pousse Un tube de communication, les :ubes viennent au contact, la cloison de séparât
BOTANiaUE SPECIALE
le, et les protoplasmas des deux cellules viennent se iner au milieu du tube unique provenant de cette ition. Il en résulte une spore, dite i^gospore, qui et bientôt d'une membrane épaisse à trois couches, a plus externe, cutinisée, est garnie de piquants. 'it cette membrane se brise, la membrane moyenne ifie, et le protoplasma sort, enveloppé de la meminterne. La cellule s'étrangle alors, et prend la forme "osmarium, mais il lui manque encore une memépaissie et ornée; elle se divise bientôt, suivant le dé indiqué plus haut, et lorsque chacune des deux ;s se complète, la partie qui prend naissance est le d'un ornement ; après une nouvelle division, la ; déjà ornée se complète d'une autre moitié égaleornée, et on a bientôt des Cosmariuni offrant leur : caractéristique.
uchériées. — Lorsqu'on examine au microscope les ;ments des murs humides, on aperçoit au milieu ibris de Mousses, de longs filaments unicellul aires nte verdâtre ; ce que l'on voit ainsi, c'est une Algue :nre f^aucberia (fig. 42). Les filaments sontsouvent lés, mais ils restent néanmoins toujours composés cellule unique. Cettecellule renferme de nombreux IX et des gouttelettes graisseuses, mais on n'y e pas d'amidon, chose assez rare dans une Chioro- '.e.
tube constitué par la cellule se fragmente parfois, i constitue un mode de reproduction : quand on le accidentellement, on en voit sortir une masse de plasma qui s'isole, se revêt d'une membrane, et relit un nouveau thalle, peut rencontrer en faisant l'étude des l^aucberia,
THALLOPHYTES 129
des loospores de ces Algues. Ce sont des corps ovoïdes assez volumineux, et munis de nombreux cils vibra tiles.. Ces cils sont attachés par paires à de petits noyaux situés * à la périphérie de l'ovoïde, et qui constituent chacun une zoospore simple. L'ensemble est donc une zoospore composée. Bientôt cette zoospore, qui s'est consti-
FiG. 42. — yaucberia,
tuée aux dépens d'une masse protoplasmique sortie du tube de l'Algue, et dont les noyaux se sont multipliés activement, perd ses cils, se couvre d'une membrane épaisse de cellulose, et ne tarde pas à germer en un nouveau thalle.
A une certaine époque de Tannée, on rencontre souvent à la surface du thalle deux renflements juxtaposés sUy dont l'un, souvent recourbé, porte pour cette raison le nom de cornicule. Ce sont les organes de la reproduction sexuelle. Le cornicule est un organe niâle; c'est
E. Couvreur, Le Microscope 9
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130 BOTANIQ.UE SPECIALE
une antbétidie; il donne naissance à de petits corps munis de deux cils vibratiles, les anthérozoïdes. L'autre 'renflement est un organe femelle, V oogone; il renferme une oosphère. On peut suivre facilement le développement de ces organes et la fécondation, car le développement, qui commence dans la soirée, est terminé le lendemain matin, et la fécondation a lieu dans la journée. L'anthéridie et Toogone se montrent d'abord comme de simples excroissances, l'anthéridie apparaissant la première; ces éminences s'accentuent, l'anthéridie se recourbant en corne, et se séparent du thalle par une cloison. Le protoplasma se segmente alors dans l'anthéridie, pour donner les anthérozoïdes, pendant que Toosphère s'organise dans l'oogone. L'oogone s'ouvre bientôt, et laisse sortir un mucilage qui va s'appliquer contre l'anthéridie, et dissout la membrane au point touché, ce qui permet aux anthérozoïdes de venir fécon- <ler l'oosphère. Celle-ci devient alors un œuf, qui se développe bientôt en thalle.
Cette description se rapporte au yaiicheria sessilis,qui est une espèce monoïque. Il en est de dioïques, alors les anthéridies et les oogones sont portés par des thalles différents, et la fécondation s'effectue d'un filament à l'autre.
Algues filamenteuses. — Zygnèmées. — Les Algues vertes qui flottent dans les ruisseaux en long filaments, sont la plupart du temps des Zygnèmées (tribu des Conjuguées), et appartiennent le plus souvent au genre Spirogyra ou au genre Zygnema.
Les Spirogvra sont formés de cellules placées bout à bout, cylindriques, et renfermant chacune un noyau de. forme particulière (biconcave) et un chromatophore en-
THALLOPHYTES I3I
roulé en spirale, à tours plus ou moins serrés suivant le genre. La reproduction a lieu, soit par simple scission x • Jl du filament, ce qui n'est qu'une multiplication, soit par conjugaison. Il ne se forme jamais de zoospores.
La conjugaison des Spirogyres peut s'observer très facilement à certaines époques de Tannée; les filaments en conjugaison se font remarquer dans les eaux oii ils croissent par leur aspect frisé et l'adhérence qu'ils présentent. La conjugaison a lieu le plus souvent entre cellules de deux filaments différents, parfois cependant entre deux cellules du même filament. Lorsqu'elle a lieu entre deux filaments, ces deux filaments se placent parallèlement : les cellules qui se font vis-à-vis envoient chacune vers l'autre un prolongement en forme de tube : ces prolongements arrivent au contact, les membranes se résorbent en ce point, et il y a ainsi entre les deux cellules un canal de communication. Le protoplasma de lune des cellules, regardée comme une cellule mâle, traverse alors le tube et va se fusionner avec celui de l'autre, cellule femelle, qui s'est souvent fortement renflée d'avance (Spirogyra itfflata). Les noyaux se fusionnent alors, les chromatophores se soudent et le protoplasma se contracte en une masse ovoïde, qui n'est autre chose qu'un œuf.
Ce qui s'est passé pour deux cellules se passe souvent pour la plupart des cellules des deux filaments, qui ressemblent alors à des montants d'échelles, dont les tubes de communication seraient les barreaux. La plupart du temps un filament entier est mâle et l'autre femelle.
Quand la conjugaison a lieu dans le même filament, ce sont deux cellules superposées, qui s'unissent par un
•Vl
132 BOTANIQ.UE SPECIALE
tube.Cestla cellule supérieure qui envoie généralement son protaplasma dans l'inférieure.
Œdogoniées, — Dans cette tribu, qui appartient à la famille des Confervacées, un des genres les plus importants est le genre Œdogonium. La reproduction est surtout intéressante : elle se fait par scission du filament, par spores, et par un mode sexuel.
Les spores sont des ^oosporeSy c'est-à-dire qu'elles sont munies de cils vibratiles : elles se forment dans les cellules les plus jeunes du filament, une par <:ellule. Ce sont des corps ovoïdes présentant à un pôle une tache blanchâtre entourée d'une couronne de cils vibratiles. Après être sortis de la cellule qui les contenait par déboîtement de cette cellule, ils germent en un thalle.
La reproduction sexuée se fait par anthéridie et oogone : ces anthéridies et ces oogones se constituent aux dépens de jeunes cellules du thalle. Quand une cellule va former une anthéridie, elle se cloisonne en deux ou trois, et, dans chacun des segments, se forment un ou deux anthérozoïdes. Parfois, la cellule anthéridienne, au lieu de se comporter comme précédemment, donne naissance à une seule grosse zoospore (androspore) qui se divise en deux moitiés, l'une stérile, l'autre fertile, qui se cloisonne elle-même en deux. Dans chacun de ces deux segments se forme un anthérozoïde. La cellule oogone se renfle simplement et condense son protoplasma en une oosphère. Quand la fécondation a eu lieij, soit par les anthérozoïdes de l'anthéridie, soit par ceux de l'androspore, l'œuf germe ordinairement en spores semblables à celles que nous avons décrites, et qui reproduisent chacune un thalle.
Algues en colonies. — Cénobiées. — Toutes les
THALLOPHYTES I33
Algues de cette famille ne vivent pas en colonies, mais dans la tribu des yolvocinées on en trouve un bel exemple chez le yolvox globator, assez fréquent dans les eaux douces. En effet, lorsqu'on examine une préparation d'Algues d eau douce, on voit souvent tournoyer au . '| milieu de la préparation une grosse sphère verdâtre; c*est une colonie de l^olvox. Les cellules qui la composent sont disposées seulement à la périphérie de la sphère, qui est creuse par conséquent. Chacune de ces cellules est munie de deux cils vibratiles, d'une vacuole contractile et d'un point rouge oculiforme. Elle est réunie à ses voisines par deux prolongements latéraux. La reproduction se fait par spores et par un mode sexué.
Pour la reproduction par spores, les cellules de la colonie grossissent beaucoup, et se transforment en autant de spores. Elles ne tardent pas à diviser leur contenu en nombreuses cellules, disposées d'abord sur un seul plan, de façon à former un disque. Ce disque se recourbe bientôt, rapproche ses bords et constitue une sphère creuse. Une nouvelle colonie est ainsi constituée, les éléments formés ne se multiplient plus, mais grossissent seulement désormais.
La reproduction sexuée se fait par anthérozoïdes et oosphère. Des cellules quelconques se transforment les unes en anthéridies, les autres en oogones; l'anthéridie donne naissance à de nombreux anthérozoïdes à deux cils, l'oogone à une oosphère. L'œuf fécondé par cloisonnements répétés reproduit une colonie.
Characées. — Ces Algues vivent dans les eaux douces ou saumâtres; les deux genres principaux sont les genres Chara et Nitellay le premier différencié du second par la rugosité de son thalle.
134 BOTANiaUE SPECIALE
La taille de ces Algues est assez considérable ; sans nous occuper ici de leurs caractères macroscopiques, indiquons ce que l'on ''peut étudier au microscope : c'est d'abord la structure du thalle, intéressante surtout chez les Cbara; enfin et surtout les organes reproducteurs. '
Chez les Nitellay le thalle est formé de cellules très longues, disposées bout à bout. Ces cellules renferment de nombreux noyaux et des grains de chlorophylle disposés en rangées longitudinales. Le protoplasma qui contient les grains, et qui est superficiel, est immobile, tandis que le protoplasma sous-jacent, qui contient les noyaux, est animé de courants dont nous avons déjà eu l'occasion de parler, courants que l'on observe le plus facilement à une température de 35° environ.
Chez les Chara la structure est un peu plus compliquée, par suite d'une cortication des cellules. Les cellules axiles, qui constituent le filament de l'Algue, sont en effet entièrement recouvertes de tubes longitudinaux, qui l'entourent comme les cannelures d'une colonne. Ces tubes sont remarquables par l'incrustation calcaire de leurs parois, où Ton rencontre assez souvent des rhomboèdres assez nets de carbonate de chaux.
Les organes de la reproduction sont des anthéridies et des oogones (fig. 43). Ces organes occupent l'extrémité des appendices verticillés (voir A) auxquels on donne le nom de feuilles, et qui s'échappent de distance en distance du filament central appelé tige.
Us naissent d'une façon un peu différente chez les Chara et les Nitella, mais leur structure, dont nous nous occuperons seulement ici, y est à peu près identique. Les oogones et les anthéridies sont situés côte à côte;
THALLOPHYTES I35
pour les étudier, on les reconnaîtra faciknietït à leur ■couleur rougeâtre.
L'anthéridie (voir B) a la forme d'une boule portée
sur un court pédicelle : cette boule est formée d'un ■certain nombre de valves (vv) qui se séparent à la maturité (comme dans lafigure). Chaque valve se compose -d'une cellule aplatie à bords crénelés, dite éctcsson,. qui porte attachée en son milieu une cellule allongée, le
,136 BOTANiaUE SPÉCIALE
manuhrium (m). Lt rrianubrium se termine par une tête arrondie, tête primaire, qui porte elle-même six têtes secondaires, donnant chacune attache à quatre filaments anthéridiens (fa). Ces filaments, C, sont cloisonnés et chacune de leurs cellules renferme un anthérozoïde D,. dont le corps en tire-bouchon porte deux longs cils. l/oogone(b^, B)a lui aussi une forme arrondie, et est porté également par un court pédicelle. Ce pédicelle supporte une cellule centrale volumineuse, qui renferme Toosphère, et une série de tubes cortiquants qui entourent cette cellule autour de laquelle ils s^enroulent (ce). Entre leurs extrémités libres (i:(?rom^/^, ^^ ils laissent un orifice étroit, par où peuvent pénétrer les anthérozoïdes.
L'œuf fécondé germe en un tube qui se cloisonne en deux ; c'est la cellule supérieure qui se cloisonne seule ensuite en un proembryon, aux dépens d'une des cellules duquel naîtra le thalle définitif.
3** Phéophycées. — Toutes ces Algues sont caractérisées par la couleur brune de leurs chromatophores. Nous suivrons dans leur étude le plan déjà suivi, nous attachant surtout aux formes les plus intéressantes. Ce seront les Diatomées qui, pour rette raison, nous arrêteront le plus longtemps.
Diatomées. — Nous prendrons comme premier type, pour l'étudier complètement, le Pinnularia viridis, Diatomée très commune dans les eaux douces. Nous passerons ensuite en revue les formes qui offrent le plus d'intérêt.
Le Pinnularia viridis est une Algue . unicellulaire (fig. 44); elle se présente au microscope, vue de face(B), sous la forme d'une ellipse allongée, et, vue de profil (A) sous la forme d'un rectangle à angles mousses. Sa
membrane cellulaire présente -ce caractère n ble, commun d'ailleurs h toutes les Diatomé formée de deux valves emboîtées l'une dans l'a valve, vue de face, présente sur ses bords cannelures, que l'on considère comme des seul creux, c'est-à-dire constituées par des parties an la membrane. Outre ces cannelures, on aper nodules : deux aux extrémités de l'ellipse, une à son centre; ce j^
sont des épaississements de la membrane. Entre ces nodules •*
court une ligne que l'on regarde comme une fente conduisant dans l'intérieur de la cellule et permettant au protoplasma d'en sortir, ce qui expliquerait les mouvements de déplacement del'Algue. Cette ligne porte le nom de raphé. Le contenu cellulaire compris entre les deux val- A,dfprofii;B ves présente des aspects différents, suivant que l'on regarde le Pinnularia d de profil. Dans le premier cas, vers le milieu Iule, le protoplasma forme un pont biconcave, duquel est le noyau, difficile à apercevoir san; Outre le pont qu'il forme, le protoplasma s deux bandes minces le long des faces latérales que sont logés les chromatophores d'un ven moins brunâtre. Dans la vue de profil, toute laraît brune, puisqu'on regarde les faces tap es chromatophores. La multiplication s'effectue par trois moi
138 BOTANiaUE SPÉCIALE
rents : 1** par scission; 2*" par rajeunissement; 3** par conjugaison.
Dans la scission il y a déboîtement des valves, et apparition entre les deux d'une cloison. Cette cloison se dédouble bientôt, et constitue ainsi une seconde valve à chacune des deux moitiés de la cellule. Les deux cellules restent accolées un certain temps avant de se séparer, et il n'est pas rare de trouver dans une préparation deux Pinnularia côte à côte.
Dans le rajeunissement, le protoplasma sort des deux valves, et s'enkyste : bientôt une nouvelle Diatomée se forme dans ce kyste et en sort par rupture des parois.
Enfin, dans la conjugaison qui a lieu après un certain nombre de scissions, deux cellules se placent côte à côte et sécrètent une gaine gélatineuse commune. Les deux protoplasmas se fusionnent en un œuf, qui en germant donne naissance à une nouvelle Diatomée.
Comme nous l'avons déjà dit, les Pinnularia sont mobiles, les cellules progressent habituellement suivant la direction de leur axe longitudinal : elles semblent ramper. Il est probable que le raphé laisse passer une bande mince de protoplasma, qui fonctionne comme un pseudopode.
La membrane des Pinnularia calcinée laisse un squelette inattaquable par l'acide chlorhydrique : c'est un squelette siliceux. Ce squelette est particulièrement favorable à l'examen des dessins qui couvrent les valves, qui se laissent alors distinguer beaucoup plus nettement.
Les Diatomées habitent toutes les eaux, douces, saumâtres, salées ; les unes vivent isolées, comme celle que nous venons d'étudier, les autres en colonies. Nous allons en passer en revue quelques-unes (fig. 45).
THALLOPHYTES I39
Un des caractères les plus curieux que présentent ces Algues, c'est la forme régulière, on pourrait même dire géométrique, qu'elles présentent, non seulement dans
leur ensemble, mais encore dans le détail des stries, lignes, points, qui ornent leurs frusfiiles (c'est le nom qu'on donne généralement aux valves). Les unes sont circulaires, les autres elliptiques, en triangles, en carrés, en trapèzes, etc. Lorsqu'elles se réunissent, elles se
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superposent le plus souvent en piles, et Tensemble paraît alors comme un long filament, parfois en zigzag, les cellules ne tenant les unes aux autres que par un angle. Les formes triangulaires se réunissent fréquemment en cercle, en spirale, en éventail, etc.
On divise les Diatomées en plusieurs groupes dont voici les principaux : Licmophorées, Fragilariées, Striatellées, Surirellées, Coscinocliscées, Biddulpiiées, Gompbonémées, Naviculées.
Les Licmophorées sont formées d'espèces à frustules cunéiformes, associés généralement en éventail, et portés par un pédoncule plus ou moins rameux, formé par une substance gélatineuse sécrétée par les cellules, et qui sert à les fixer. On peut citer dans ce groupe le Licmophora splendida, dont les frustules sont ornés de fines stries longitudinales, visibles surtout sur les bords, et de protubérances en forme de perles disposées, en une série longitudinale. Citons encore (39) le Rbipidiphora nubicula, à peu près analogue, le Meridion circulare (41), où l'éventail s*est élargi au point de constituer un cercle complet.
Les Fragilariées, qui comprennent le Diatoma vulgare (29) sont constituées par des espèces à frustules rectangulaires; elles sont associées généralement en filaments en zigzag, comme le montre la figure.
Les Striatellées sont caractérisées par des nervures ou côtes, qui régnent sur la longueur du frustule. Dans ce groupe on range une espèce marine, le Grammatopboi marina, dont les nervures sont sinueuses, et dont le bords sont marqués de fines stries parallèles. Ces strie ne s'observent guère qu avec un fort objectif et un éclai rage oblique.
THALLOPHYTES I4I
Les Surirellées renferment aussi de nombreuses espèces intéressantes. : citons les Campylodiscus (21), mais surtout le Surirella gemma. Le frustule ovalaire de cette Diatomée, qui est un des test-objets les plus employés, a 90 à 130 «JL de longueur, sur 20 à 25 [^ de largeur. Une ligne médiane longitudinale très visible divise le frustule en deux. De cette ligne médiane partent une série de lignes transversales un peu obliques, également très visibles, et qui fait que Tensemble du dessin ressemble assez à une arête de poisson. Voilà tout ce qu'on voit avec un objectif faible. Mais avec un puissant objectif on aperçoit, suivant le mode d'éclairage, ou bien d'autres fines lignes transversales, ou bien de très fines lignes longitudinales ondulées. Ces deux aspects sont dus à ce que, comme l'on s'en assure avec les objectifs les plus puissants, il n'y a pas de lignes en réalité, mais de petites perles disposées en séries, à la fois transversales et longitudinales. Le Surirella gemma se trouve jdans les marais salants. Les Nitschia, Âmphipleur a, Frustulia^ appartiennent encore à ce groupe.
Les Coscinodiscées présentent les types les plus élégants de la famille des Diatomées,, et se font reconnaître immédiatement à la forme circulaire de leurs frustules. Une des plus remarquables Diatomées de ce groupe est VAracbnoidiscus japonicus, que Ton rencontre souvent^ dans le guano, mais qu'on trouve aussi vivant sur une Algue mariné (ce qui fait qu*on le rencontre encore dans Ttairtes confitures, falsifiées avec cette Algue). La face cterne du frustule présente un centre lisse, entouré de •os points elliptiques ; les bords de la circonférence sont :cupés par des points petits et serrés. La face interne, lus élégante, présente une charpente rayonnante, assez
Wi
AfX '
142 BOTANiaUE SPECIALE
bien comparable à une rosace de cathédrale. VHeliopeltaj autre Coscinodiscée, est certainement la Diatomée la plus remarquable par son élégance. La valve est divisée en douze secteurs rayonnant autour d'une étoile lisse, à six pointes, qui occupe le centre ; le tout est bordé d'un liséré guilloché.
Les Biddulphiées sont caractérisées par leurs valves en conque, formant deux poches réunies par une bande connective. La figure 22 représente le Biddulphiapulchella. Ces Diatomées sont marines ; la forme générale est plus ou moins quadrilatère et la surface des frustules est élégamment réticulée.
Les Gomphonémées, très communes dans les mares (40), sontportéesparunlong pédicelle ; elles sontsouvent réunies par deux. Le frustule, vu de face, a la forme d'un coin à pointe dirigée en bas ; de profil, il ressemble à une tête de marteau. Les valves portent comme ornement une lignes médiane avec trois nodules, et de fines stries marginales.
Les Naviculées ont la forme d'une petite barque plus ou moins allongée. L'ornement consiste en une ligne médiane présentant au milieu un renflement, et un point à chaque extrémité. Les Pinnularia appartiennent à ce groupe ; citons encore les Pleurosigma plus ou moins . recourbés en S (6)*.
Phéosporées. — Ces Algues ont un thalle 3oit filamenteux, soit massif, mais ce thalle ne présente pas grand intérêt. La reproduction se fait par conjugaison soit d'i-. sogamètes, soit d'hétérogamètes mobiles.
Pour cela, certaines cellules du thalle se renflent en un
^ Les Diatomées ont existé aux époques géologiques : leurs squelettes siliceux, forment le tripoli.
THALLOPHYTES I45
corps arrondi porté par un pédicelle : ce renflement est le gamétange. Le protoplasma s'y divise bientôt. Dans les Ectocarpus, tous les gamétanges sont semblables, et donnent naissance à de nombreuses zoospores à deux cils, qui par leurjonction donnent un œuf. Dans les Cutleria, certains gamétanges sont des anthéridies, et donnent de nombreux anthérozoïdes ; les autres sont des oogones^ et ne donnent que quelques oosphères. La pénétration d'un anthérozoïde dans une oosphère constitue la fécondation.
Dictyotées. — C'est là une toute petite famille dont les genres, peu nombreux, ont ce caractère commun que leur thalle se dichotomise par division de la cellule terminale. La reproduction se fait par anthéridies et oogones, et n'offre rien de particulièrement intéressant à signaler.
Fucacées. — Le thalle dans cette famille est toujours massif. Sur une coupe transversale, on distingue une partie médullaire à larges cellules, et une partie corticale à cellules plus étroites, qui renferme souvent des cryptes pilifères. Le thalle s'accroît par un groupe de cellules terminales.
La reproduction se fait par anthérozoïdes et oosphères.
Les organes sexuels se forment dans des cavités creusées
danslethalleetappelées^ow^^/)/a^&5(fig. 46). Suivant les
genres, les conceptacles sont les uns mâles, les autres
femelles, ou bien sont hermaphrodites. Chaque oogone
d'unconceptacle, produit ordinairement huit oosphères,
?s anthéridies produisent de nombreux anthérozoïdes.
,es oogones et les anthéridies sont généralement entre-
nêlés de poils stériles sippelés parapby ses.
La fécondation est assez intéressante à étudier. A ce
144 BOTANiaUE SPECIALE
moment, de nombreux anthérozoïdes arrivent au contact des oosphères mises en liberté par la rupture des oogones, et leur impriment un tournoiement particulier. Mais quand un antliérozoïde a réussi à pénétrer dans une oosphère, le mouvement de celle-ci s'arrête : l'œuf qui résulte de la fusion, s'entoure d'une membrane de cellulose qu'on peut déjîi constater au bout de quelques
-.. 4fi. -
minutes, et la germination se fait immédiatement. L'œuf se cloisonne en deux cellules, dont l'inférieure donne des rbi^oides (filaments en crampons qui servent à fixer l'Algue), et la supérieure le thalle.
4° Rhodophïcées ou Floridées. — Les Rhodophycèes , comme leur nom l'indique, sont généralement caractérisées par la couleur rouge de leurs chromatophores. Cependant certaines Floridée%, qui vivent dans les eaux douces et que par suite on est souvent plus à même d'étudier, sont vertes. Ce sont les Lemaiiea et les Batra-
THALLOPHYTES I45
€ospermum. Ces Algues vivent dans les chutes d'eau, on les rencontre souvent dans les cascades, ou sur les vannes des moulins.
Les L^A/wt«^a paraissent filamenteuses à première vue, mais Texamen d'une coupe transversale du thalle montre que Ton a affaire à un filament axile revêtu d'une couche corticale plus ou moins épaisse. Les Batracospermum sont dans le même cas, avec cette différence que la couche corticale, formée de rameaux enchevêtrés qui se rencontrent à la périphérie, est beaucoup plus épaisse et montre de nombreuses lacunes.
C'est la reproduction des Floridées qu'il est le plus intéressant d'étudier. Il y a d'abord une reproduction par spores (elle n'existe pas chez les Lemanea). Ces spores se forment au nombre de quatre dans une cellule allongée, qui n'est autre qu'un sporange. Les sporanges portés parfois simplement à l'extrémité des rameaux (Gelidium) ou formés dans la profondeur du thalle (Porpbyra) sont parfois contenus dans une sorte de conceptacle (Corallina)ou entourés d'un involucre (Griffithsia).
La reproduction sexuée se fait par anthéridie et oogone. Les anthéridies ne donnent pas naissance à des anthérozoïdes proprement dits, car les cellules mâles n'ont pas de cils, et on leur donne le nom depollinides. Les oogones donnent naissance à une oosphère. Les anthéridies et les oogones naissent comme les sporanges, soit à l'extrémité des branches du thalle, soit dans un conçeptacle en forme de bouteille, soit au milieu de verticilles de petits rameaux disposés en involucre.
Les anthéridies n'ont jamais rien de particulier, mais les oogones sont parfois d'une structure singulière. C'est ainsi que dans le Dudresnaya, la cellule mère de l'oogone
E. Couvreur, Le Microscope. 10
THALLOPHYTES 1*47
elle est en communication par un tube latéral avec la cellule la plus inférieure, où se forme Toosphère et où elle est fécondée (fig. 47).
L'œuf germe bientôt ; il pousse un long filament (te) qui va s'accolera toutes les branches de l'Algue sur lesquelles il vit comme un parasite ; il se renfle de distance en distance (d) pour produire ce qu'on appelle des cystocarpes ou sporogones, dans lesquels se forment des spores qui germent bientôt en un nouveau thalle. Mais ce thalle le plus souvent n'est pas identique à celui dont il provient : c'est une sorte de prothalle ; chez les Batracospermum il est buissonnant, et on lui donne le nom de Chantransia. Il donne naissance à des sporidies, qui a la lumière diffuse le reproduisent, et à la lumière directe donnent un thalle véritable.
Les cystocarpes, au lieu de se développer à l'extérieur, peuvent se développer dans les lacunes corticales : c'est ce qui arrive chez les Lemanea.
La formation des sporogones des Floridées peut servir de point de rapprochement entre les Thallophytes et les Muscinées, comme nous le verrons plus tard.
b. Champignons.
Les Champignons sont des Thalloph)^es dépourvus de chlorophylle. On les divise en Myxomycètes, Oomycètes, et Champignons proprement dits.
1° Myxomycètes. — Ces Champignons, appelés en allemand Pil^thiere (Champignons animaux) sont caractérisés par les mouvements de reptation qu'ils présentent. A rétat adulte, ils sont constitués par une masse protoplasmique amorphe, souvent abondante (Fuligo septica) renfermant de nombreux noyaux et des granu-
148 BOTANiaUE SPÉCIALE
lations. Ces masses, qui portent le nom deplasmodes, sont constituées par la réunion d'un grand nombre d'êtres unicellulaires amiboïdes, les Myxamibes, qui sont encore accusés après leur fusion par la multiplicité des noyaux.
Les plasmodes des Myxomycètes sont très intéressants à étudier au microscope. On peut prendre pour cette étude une espèce qui vit abondamment sur le tan et que nous avons déjà signalée, le Fuligo septica. Ce plasmode présente d*abord des mouvements d'ensemble, mais il présente en outre des courants protoplasmiques internes accusés par les mouvements des granulations.
Lorsque le plasmode a acquis son développement définitif, ou qu'il se trouve dans des conditions défavorables, il forme des sporanges; ces sporanges, chez les Endomyxées ou Myxomycètes proprement dits, apparaissent comme une excroissance sur le plasmode qui s'est ramassé et contracté. La membrane d'enveloppe qui les entoure est souvent incrustée de concrétions calcaires (Didymium), Dans l'intérieur des sporanges se forment bientôt les spores, qui sont des zoospores; leur dissémination est aidée par la formation dans le sporange, aux dépens du protoplasma non- employé à la confection des spores, de filaments particuliers, dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle le capillitium. Les filaments du capillitium sont souvent ornés de dessins variés, dus à des épaississements : dans le genre Tricbia, par exemple, ces épaississements sont en spirale. Les zoospores échappées du sporange vivent quelque temps d'une vie propre; elles ont d'abord un cil qu'elles perdent bientôt; ce sont alors les Myxamibes qui «e soudent en un plasmode.
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THALLOPHYTES I49
A côté des Endomyxées, on trouve encore d'autres tribus chez les Myxomycètes, les Céraliées, les Âcrasiées, les Plasmodiopborées, etc.; nous renvoyons pour leur étude aux ouvrages spéciaux de botanique : ce que nous avons dit des Endomyxées suffit pour donner une idée des Myxomycètes, et de leur mode de reproduction.
Ces Charnpignons vivent généralement dans les lieux ^
humides; certains sont parasites (f^ampyrella). Ces derniers ne forment pas de plasmode, chaque Myxamibe reconstituant un thalle unicellulaire nouveau.
2° OoMYCÈTES. — Ces Champignons sont constitués par un thalle unicellulaire, mais muni d'une membrane, membrane qui ne se rencontrait pas chez les Myxomycètes. Leur caractéristique principale c'est que seuls de tous les Champignons ils offrent une reproduction sexuée et produisent des œufs, d'où leur nom. Beaucoup de ces Champignons sont parasites et causent des maladies terribles aux végétaux ou aux animaux sur lesquels ils se fixent; d'autres forment des Moisissures. On les divise en ChytridinéeSy Âncylistées, Mucorinées, Entomophthorées, PéronosporéeSy Saprolégniées, Monoblépharidées,
Chytridinées. — Ces Champignons sont parasites ; ils vivent en général soit sur des Algues, soit sur des Champignons du même groupe. Le parasitisme est soit externe, soit interne, et on aura une idée assez nette de la famille par la description de deux types appartenant aux deux groupes.
1** Genre Zygocbytrium. — Ce Champignon vit en parasite externe sur les Confervacées, son thalle unicellulaire est ramifié par dichotomie. La reproduction se fait soit par zoospores, soit par conjugaison.
;s naissent dans des zoosporanges Ktrémité des rameaux. Le protc en un corps globuleux et s'isole j ^ais ce ne sont là que des prospo sma en sort bientôt, se sécrète ui le, et c'est dans ce kyste que se I [)ui sont à un cil.
oduction sexuée, deux branches d jne un bourgeon qui Hnit partouc ioisons de séparation se résorbent îmas viennent se fusionner au mi uit. On a alors un œuf qui s'isofe bientôt Ijranes et prend au bout de quelque temps épaisse et verruqueuse, adocbytrium. — Ce parasite est interne vit dans les cellules des Conferves. Son laire est ramifié; pour la production des ; renfle de point en point; le protoplasma renflements et se divise en zoospores qui petit tube évacuateur qui atteint la surface l'Algue nourricière. Il n'y a pas de repro- ■ ; elle manque chez toutes les Chy tridinées : n'existed'ailleursque dans trois genres de 'ygochytrium , Tetracbytriutn et Polyphagus . — Les Ancylistées sont aussi des paras, on peut dire jusqu'à un certain point s Chytridinées à sporanges composés. La ;exuelle est parfois curieuse à étudier - H;enre Lagenidium la conjugaison a lie Iles différents. Ces deux thalles se cloisor n un certain nombre de cellules, et ce;, cellules se conjuguent deux à deux en poussant lu
THALLOPHYTES
: de communication. Il S(
' avait de paires de cellules
i*iiii.ui iricv:,. — v-ctte famille comprendungra
bre de Champignons, les uns parasites, les autn
tuant des Moisissures. Les études faites récemi
eux ont montré qu'ils présentent souvent un
phisme très marqué, suivant le milieu où ils vi
sorte qu'il existe une grande incertitude dans la
nation des espèces. Pour se mettre autant que (
l'abri des difficultés, et étresûr qu'on a affaire à i
Champignon, il faut faire des cultures pures à
la spore. Le liquide de culture qui convient le n
le jus d'orange, de pruneaux, ou une décoction y
de cheval. On dépose une gouttelette de ce lie
une lamelle, on y sème une spore, et l'on rei
lamelle au-dessus d'une petite cellule en verre co
une chambre humide ; on n'a plus qu'à observei
loppement. que l'on peut mener très loin ainsi
Si on a . semé deux spores à la fois, on recc
suite si elles sont de la même espèce : dans c
effet, les mycéliums résultant de la germinatl
tomosent. Il ne faut d'ailleurs pas confondre ce
tomose avec les cas de parasitisme. On peut rei
par la culture, dans un cas de parasitisme, si ce pa
est nécessaire ou facultatif; s'il est nécessaire,
isolée se développera à peine ; s'il n'est que faci
développement n'est pas entravé par cet isolem
Le thalle des Mucorinées est continu, ram
lenteux. Le protoplasma y est suilout rassen
ériphérie, le milieu de la cellule étant occupi
ic cellulaire. Ce protoplàsma présente des t
rusés par les mouvements des granulations.
1^2 BOtANIQ.UE SPÉCIALE
Le thalle blessé ne tarde pas à se cicatriser ; avant, il laisse sortir, comnie nous l'avons déjà vu pour les yaucheria, une gouttelette de protoplasma qui ne tarde pas à s^entourer d'une membrane et à vivre pour son compte.
Il ne se forme de cloison dans le thalle unicellulaire, que pour isoler les organes reproducteurs ; la membrane est cellulosique. Le protoplasma renferme souvent dans sa masse, surtout après la formation des sporanges, des cristalloïdes d'une substance albuminoïde (mucorine) : le suc cellulaire contient du glycogène: il prend, en effet, parTeau iodée, une teinte rouge caractéristique.
La forme du thalle varie souvent avec les conditions de milieu : ainsi, le Mucor racetnosus qui, se développant à la surface d'un liquide sucré, donne un thalle ramifié, donne un thalle cloisonné, formé de cellules arrondies juxtaposées, et qui bourgeonnent comme de la Levure de bière, s'il est submergé.
La reproduction se fait par spore ou par œufs, les œufs se formant à peu près comme chez les Chytridinées (fig. 48); nous allons d'ailleurs entrer dans quelques détails sur les organes de reproduction.
Les sporanges ont le plus souvent une forme globuleuse et sont pédicellés; il en naît quelquefois de deux tailles différentes; dans. ce cas, les plus petites sont nommées sporangioles. Dans le genre Pilobolus, le sporange globuleux est porté par un pédicelle renflé qui se prolonge un peu dans la cavité du sporange (i:o///w^//^^ ; la surface de ce dernier est cutinisée à la partie supérieure et incrustée de petits cristaux d'oxalate de chaux. Au moment delà déhiscence du sporange, le renflement du pédicelle se videbrusquement, et projette au loin le sporange qui se
THALLOPHYTES
rompt suivant i anneau où ]a membrane n'est pas cutinisée. Les spores disséminées germent en un thalle- Dans le genre Mucor, le pédicelle n'est pas renflé, le sporange n'est pas cutinisé, et c'est par diffluence de la membrane que les spores sont mises en liberté. Dans les genres
Thamnidium et Chœtostylon, le pédicelle porte, outre un grossporange terminal, des bouquets de sporangioks Dans les Morlierella, on voit se produire, outre les sporanges, des spores isolées, échinées, portées par un pédicelle : on leur donne le nom de styhspores, celles que nous avons vues jusque-là étant les sporangiospores. Chez les Syncepbalis, les sporanges ne sont pas globuleux comme dans les cas précédents. Le pédicelle se renfle en
154 BOT4N[aUE SPECIALE
une sorte de réceptacle sur lequel sont insérés une série de tubes renfermant les spores : on a donc là un sporange composé,
La formation de l'œufa lieu au moyen de deux branches du thalle, qui marchent h la rencontre l'une de l'autre et se conjuguent. Les cloisons disparaissent au point de contact, les protoplasmas se fusionnent, puis l'œuf s'isole par deux membranes et s'entoure dune membrane fortement cutinîsée. Il est parfois caché (Phycomyces) par une série de petits filaments enchevêtrés, qui prennent naissance sur les branches qui ont formé l'œuf, et qui en constituent maintenant le suspenseur. L'œuf, qu'on nomme encore :^ygQSpore , gsrme suivant les conditions de milieu en un thalle ou en un sporange.
Parfois, les deux branches qui doivent former l'œuf ne se rencontrent pas ; souvent, malgré cela, chacune d'elle renfle son extrémité en une grosse spore analogue à l'œuf, àiXeaiygospore.
Il est excessivement facile de se procurer des Mucorinées pour l'étude, ilsufiRt de déposer dans une assiette du crottin de cheval humide, 11 est couvert au bout de quelque temps de filaments blanchâtres, qui sont des thalles de Mucorinées. Bientôt on voit apparaître les sporanges, comme autant de petites boules portées par un mince pédicelle; le pédicelle atteint de lo à 20 millimètres chez le Rbiiopus nigricans, qui vit sur la mie de pain.
Entomopètborées. — Ces Champignons, dont on ne connaît pas de reproduction sexuée, vivent en général en parasites sur des insectes dont ils ne tardent pas àcauser la mort. Il n'est pas rare en examinant les organes d'une Mouche au microscope, de les trouver entièrement envahis
THALLOPHYTES 155
par un parasite qui est une Entomophthorée : VEmpusa, Ce Champignon, formé d'un thalle bourgeonnant articulé, ne tarde pas à former des spores.
Pour cela, il envoie au dehors un bourgeon qui s'allonge et ne tarde pas à renfler son extrémité en une spore. Cette spore tombe bientôt et reste collée aux objets environnants. Elle germe alors elle-même en un long tube terminé par une petite spore. Une Mouche passant par là, cette spore se colle à son abdomen, germe, y pénètre et le cycle évolutif recommence. Appartiennent encore à cette famille les Entomophthora, autres parasites d'Insectes, YOidium albicans, qui cause le muguet, VAcborion Schœnleinii, qui est le parasite de la teigne faveuse, le Tricbophyton tonsurans, qui est celui de Therpès tonsurant, le Microsporon Audouini, qui cause la pelade décalvante, le Microsporon furfur, qui habite certaines crasses cutanées. Nous ne faisons que citer ces espèces, plus intéressantes pour le médecin que pour le naturaliste.
Péronosporées. — Cette famille des Oomycêtes est peut-être une des plus connues de nos lecteurs. C'est à elle, en effet, qu'appartient le fameux parasite de la Vigne, le Peronospora viticola, plus connu généralement sous le nom de Mildew ou de Mildiou. C'est à elle aussi qu appartient un des plus dangereux parasites de la Pomme de terre, le Phytophthora infestans, et des Crucifères, lé Cistopus candidus.
Le Peronospora viticola est un parasite interne; son :halle unicellulaire, ramifié, s'insinue entre les cellules lUX dépens desquelles il se nourrit au moyen de suçoirs k^ésiculeux parfois ramifiés. Au moment de la reproduction, le thalle émet par les stomates de la plante des
BOTANiaUE SPECIALE
ux, dont chaque branche se termine par une Ces spores sont des zoospores ; elles perdent bienirs cils, se fixent et germent en pénétrant dans la
par un point quelconque de I epiderme. La repron sexuée existe, mais on ne connaît pas encore le de développement de l'œuf, on croit qu'il germe
thalle.
ins, à côté du Perotiospora viticola, le Peronospora iformis, qui vit dans les feuilles de Laitue, et le 7spora Fagi, qui vit dans les cotylédons du Hêtre. Phytophthora infestam a une vie et un développeanalogues. Les tubes sporifères sortent aussi par mates. Ils sont caractérisés par leur ramification orne. La reproduction sexuée est inconnue dans espèce, mais on la connaît dans le Phytophthora jra où elle est semblable à celle des Cisiopiis, dont liions parler.
"isiopus candidus est le parasite qui cause la malai Crucifères connue sous le nom de rouille blanche. die se glisse entre les cellules, dans lesquelles il ; des suçoirs vésiculeux. Il se reproduit par spores œufs.
spores se forment successivement à l'extrémité es, que le parasite émet en dehors de son hôte. )is sur la terre humide, elles germent en des zoo-
à deux cils, qui perdent leurs cils, poussent un et pénètrent dans une feuille par un stomate, reproduction sexuée se fait par oogone et polli- Jn des filamentsdu thalle se renfle à son extrémité épare du reste par une membrane. C'est là l'oo- Cet oogone, par condensation du protoplasma à térieur, donne une oosphère ; tout le protoplasma
THALLOPHYT
n'est pas employé à cette confet inactivesousle nom de pèriplasma thalle donne à côté de l'oogone u se sépare aussi par une membrant poilinide va s'appliquer sur l'oogi cule jusqu'à l'oosphère et va la I résulte germe en un thalle.
Saprolègniées. — Ce sont encore pour la plupart aquatiques, saul vexans, qui vit sur la Pomme de i
Le genre Saprolegnia vit pai Insectes noyés. Quand on laisse verre d'eau, au bout de quelqut entouré d'une auréole de filamei un Saprolegnia.
Il y a chez ces Champignons un et une reproduction sexuée, comr rées. Les sporanges sont constitués par les extrémités de certains filaments du thalle qui se séparent par une cloison. Les spores qui s'y forment sont deszoospores.Parfois, ce sont immédiatement des zoospores réniformes à deux cils (Pylhium), parfois aussi il sort du sporange une première génération de zoospores ovoïdes qui s'enkys- ^ tent pour se transformer en zoospores réniformes. Ces dernière
La reproduction sexuée (fig.
gnia monoica, a lieu comme chez les Péronoauf que souvent l'oogone renferme plusieurs
et qu'alors il y a plusieurs pollinides. L'œuf ivant les cas, en un thalle ou en un zoosporange, êpharidées. — Ces Champignons, qui se rapproucoup des Saprolégniées par leur aspect extédistinguent par leur mode de reproduction n des plus parfaits que l'on connaisse ; il y a
reproduction par spores.
xemples suffiront pour connaître suffisamment ille : le Monoblepharis spbœrtca et le Mono- ')olymoTpba.
t Monoblepharii polymorpba, les sporanges se . l'extrémité des filaments; ce sont des zoospo-
en sort des zoospores à un cil, qui, d'abord e tardent pas à devenir pyriformes ; puis elles se ;rdent leur cil et germent en un thalle. Les eproducteurs, anthéridies et oogones, se forsi à l'extrémité des filaments. La cellule supépremière isolée est i'anthéridie; la cellule inféli se renfle beaucoup, est l'oogone. L'anthéridie pas à s'ouvrir et laisse échapper les anthéroji ressemblent aux zoospores ; puis l'anthéridie ?, ce qui ouvre l'oogone et donne accès aux >îdes qui vont féconder l'oosphère. L'œuf, la m accomplie, ne reste pas dans l'oogone : il en kyste, et ne germe que plus tard.
e Monoblepbaris sphœrka, les zoosporanges se à quelque distance de l'extrémité du filament. lores en sortent par un orifice latéral. Les orgaoducteurs se forment à l'extrémité d'un filalis là, au contraire de l'exemple précédent, c'est
THALLOPHYTES I59
l'oogone qui surmonte Tanthéridie. Les anthérozoïdes sortent, comme les spores, par une ouverture latérale et vont pénétrer dans Toogone dont la partie supérieure s'est détruite par gélification. L'œuf fécondé reste dans l'oogone.
3° Champignons proprement dits. — Ces Champignons comprennent les ordres suivants : Ustilaginées, Urédinées, Basidiomycètes , Ascomycètes; à ce dernier groupe se rattachent les- Lichens. Nous allons étudier successivement les différentes familles de ces ordres.
Ustilaginées. — Cet ordre ne comprend qu'une famille; les Champignons qui le composent, comme tous ceux qui vont suivre, ont un thalle ramifié pluricellulaire, dont les filaments enchevêtrés constituent ce qu'on appelle le mycélium. Ce sont des parasites qui s'attaquent uniquement aux Phanérogames, et particulièrement aux Angiospermes; nous allons en étudier quelques genres.
Genre Tilletia. — Le Tilletia caries est une Ustilaginée qui cause la maladie du Blé appelée carie. Pour l'étudier, on s'adressera aux fleurs du Blé qui possède cette maladie.
Suivons le développement du Champignon à partir de la spore, seul mode de reproduction que nous trouverons désormais.
La spore germe en un tube dit promycélium, qui donne bientôt naissance à son extrémité à quatre corpuscules allongés, les sporidies. Celles-ci se réunissent ieux à deux par un tube conjugateur, et germent alors ^n un thalle (malgré cette conjugaison, il n'y a pas fécondation, car parfois les sporidies ne s'unissent pas et le développement n'en a pas moins lieu). Le thalle se déve-
loppe d'abord dans le grain de Blé; puis, quand celui-ci germe, il envahit la plantule et ne tarde pas ù atteindre l'ovaire. C'est là qu'il développe ses corps reproducteurs. Pour cela, certaines cellules du mycélium poussent un petit pédiceile qui renfle son extrémité en une spore. Celle-ci en germant reproduit le cycle que nous venons de parcourir.
Genre Ustilago. — L'Usftlago carbo, qui cause le charbon du Blé, a un développement un peu différent. Les spores ne se forment pas à l'extrémité de pèdicelles, elles naissent dans les cellules mêmes du mycélium, et sont mises en liberté par la gélification des membranes. La spore germe en un promycélium, qui se cloisonne en trois ou quatre et dont chaque cellule produit une sporidie.
La germination des spores des Ustilaginées, non plus dans l'eau, mais dans un liquide nutritif, produit des résultats singuliers, étudiés d'abord par Brefeld. Il se produit dans ces conditions, avec VU. carbo, un thalle bourgeonnant comme la Levure, et, avec le T. caries, un thalle mucoroîde. Cette étude est très intéressante, elle montre quelle influence peut avoir le milieu sur la forme du Champignon, et on pourrait se demander si toutes les Levures que l'on range d'ordinaire dans les Discomycètes ne seraient pas des formes spéciales d'autres Champignons, particulièrement de Mucorinées ou d'Ustilaginées.
Urédinées. — Cet ordre fournit, lui aussi, particulièrement pour les Céréales et les Légumineuses, des parasites très dangereux, et qui ont ceci de particulier que leur développement complet exige souvent deux hôtes différents. Ils sont, comme l'on dit, hètéroxènes; leur
. •'■ .MX.
THALLOPHYTES 161
étude est donc excessivement intéressante. Une des plus instructives, et en même temps, des plus faciles à faire, est celle du Pticcinia graminis, qui cause au Blé la maladie connue sous le nom de rouille. Le parasite vit sur le Blé et sur le Berberis (vulgairement Èpine-vinetie) et passe successivement par des formes si diverses qu*on avait cru avoir affaire à des Champignons différents, alors que ce ne sont que les divers stades de développement du même Champignon.
Si Ton examine au printemps des feuilles de Berberis, on les trouve souvent couvertes de taches rouge orangé, les unes plus petites à la face supérieure, les autres plus grandes à la face inférieure. Ces taches étaient attribuées à deux parasites différents: les premières à YŒcidiolutn Berberidis, les secondes à VŒcidium Berberidis, Ce sont simplement les organes reproducteurs du thalle du Puecinia grammis quand il vit sur TEpine-vinette. Quand on fait une coupe de la feuille, et qu'on l'examine au microscope, on voit, en effet, que les taches correspondent à des sortes de conceptacles ; ceux de la face supérieure sont les Œcidioles ou spermogonies, ceux de la face inférieure les Œcidies, Les Œcidioles sont formés d'une cavité pyriforme, tapissée de cellules allongées, et garnie à son entrée d'un bouquet de poils. Les cellules allongées donnent naissance par leur cloisonnement à des spores rougeâtres, dites œcidiolispores ou spermaties, et qui servent à propager le parasite surl'Epine-vinette.
Les Œcidies sont des cavités plus vastes; elles sont également tapissées de cellules allongées, qui donnent naissance à des spores plus grosses que les spermaties et que l'on nomme œcidiospores ; cts spores servent à propager le parasite sur le Blé.
E. Couvreur, Le Microscope. 1 1
BOTANcauE SPECIALE
en effet, tombée sur une feuille de Blé, germe, »îderme et se développe en un thalle, qui itôt des spores, qui apparaissent surtout rvures, d'où le nom à'Uredo lineans qu'on ■efois à cette forme du parasite. Ces spores dites urédospores, qui caractérisent la rouille it allongées, ovoïdes, portées sur un pédiourées d'une épaisse membrane munie de s germinatifs; elles sont produites pendant itemps et servent à disséminer le parasite feuilles de Blé. A l'automne, à ces spores l'autres spores foncées (rouille notre) dites (, qu'on croyait produites par un quatrième Puecinia gramims; nom qui a été con-
tospores sont partagées en deux par une cloiux cellules ont chacune un pore germinatif, a supérieure donne naissance à un promycé- ; cloisonne en quatre ou cinq articles qui donn naissance à une sporidie pédiceilée. Ces ■ développent sur l'Épine-vinette, et donnent ui reproduit des Œcidies et des Œcidioles ; ï recommence.
iple donne assez exactement l'idée de la com- Lie peut avoir le développement d'une Uré- Jtres ont un développement analogue, mais î vivent que sur un hôte (homoxénes) et n'ont tre formes de spores. Passons en revue quel- ;s et pour plus de commodité appelons i, 2, uatre sortes de spores dans l'ordre où elles it : cecidioli spores 1 , œcidiospores 2, urédoéleutospores 4.
THALLOPHYTES
Le Puccinia graminis présente, nous l'avons \ sur l'Épine-vinette, 3, 4 sur le Blé.
Le Puccinia Caricis présente i, 2 sur l'Orti sur les Carex,
VUromyces Pi'si (à téleutospores unicellulaires tère du genre Uromyces) : 1 , 2 sur VEupborbi rissias, j, 4 sur le Pois.
Le Puccinia suaveolens présente 1^3,4 sur le ( arvense.
Le Puccinia Malvacearum, 4 sur les Malvacées
Le Coleosporium Senecionis donne i , 2 sur 3, 4 sur le Séneçon, s'il y a là des Séneçons. S donne seulement i , 2 sur le Pin.
En présence de ce fait, on peut croire que U dinées homoxènes, qui, comme on l'a vu, n'ont les quatre sortes de spores, complètent sans don cycle sur un végétal encore inconnu. D'ailleurs, que le P. graminis pourrait vivre uniquement sur 1 vinette avec les phases 1,2; s'il ne se trouvait Blé dans les environs, on serait donc autorisé à h der comme homoxène.
Basidiomycètes. — Le caractère commun ces Champignons, c'est de porter leurs spores cellules particulières qui portent le nom de basi Champignon de couches, l'/^^dnc comestible, ap[ à ce groupe.
Le mycélium est très ramifié, les filaments s'a les uns aux autres constituent une sorte de pareu (pseudoparenchyme). Une coupe du thalle est don analogue à celle de la moelle des végétaux supi
L'appareil reproducteuresttoujoursdifférencié ; t qui constitue le chapeau des Agarics, Bolets, Hydn
couche Spéciale de cellules, nommée bytnénium, jît les cellules mères des spores. On peut, d'après ture de cet hyménium, classer ainsi les Basidio-
Trémellhièes . — Les TrémeUinéei sont des Chamïos mous, gélatineux, qui vivent sur le bois ri. Au moment de la reproduction toute la surface lalle devient un hyménium. Les extrémités de ses ents se renflent en ampoules sessiles qui sont autant tsides; celles-ci produisent les spores à l'extrémité ?tits pédicelles, qui ont reçu le nom de stérigmates. institution des basides, le nombre des stérigmates,
avec les genres.
nsi, dans les Treniella, les basides sont cloisonïn deux, et chaque moitié produit deux stérigmates, ïnflent chacune leur extrémité en une spore. Dans icidia, les basides sont cloison nées en quatre, etcha- ;ellule produit un stérigmate et une spore. Dans les inia, les basides ne sont pas cloisonnées, et l'on lue deux stérigmates et deux spores. Dans les Da- *iyces, il n'y a encore que deux stérigmates, mais ;nflements qui les terminent, au lieu de ne former le spore, se cloisonnent en quatre, et chaque cellule jit une sporidie. Enfin dans les Hirneola, la baside vise en quatre cellules superposées, dont chacune se un stérigmate, terminé par une spore.
s basides sont entremêlées de cellules stériles, les
allongées (parapbyses), les autres renflées (cys- )..
THALLOPH
Certaines Trémeilinées ont basidiospores. Certains filamer nent à leur extrémité, et doni petits corps reproducteurs, les
2" Hyménomycètes. — Ce s chapeaux, ceux auxquels le vu Champignons.
Le thalle, constitué par ie i ment souterrain, quelquefois | par l'état de vie latente et for sclèrotes : ce sont des masses dont les cellules extérieures se pseudoparenchyme formant le 1 versée par des laticifères (lacta feutrage de filaments serrés.
Le chapeau, qui est l'appareil structure pseudo-parenchymal C'est lui qui porte l'hyménium, soit sur des lames rayonnantes (/Igaricus), ou anastomosées en réseaux (Dœdalea), soit sur des tubes (Boleius, Polyporus), soit sur des pointes (Hydnum).
Pour nous faire une idée de la structure intime de l'appareil reproducteur, fai- i sons une coupe dans une des lamelles du chapeau d'un Aga (fig. 50); nous trouvons au n teuse, puis, des deux côtés, I formé de basides, entremêlées <
BOTANiaUE SPECIALE
basides, non cloisonnées, portent quatre sté-
renflés chacun en une spore : c'est là d'ailleurs
ire commun aux Hyménomycètes.
s Hyménomycètes possèdent comme les Tré-
des filaments conidiens. Les conidies allongées
té prises autrefois pour des organes mâles de
ion, alors que ce ne sont que des spores
qui prennent naissance dans certaines condi-
Tiilieu.
téromycètes. — Ces Champignons, auxquels
nent les Lycoperdon^, ces boules blanchâtres
uve parfois dans les champs, et d'où sort une
sière brune quand on les fait éclater, ont ceci
jlier que leur hyménium tapisse une cavité
, close de toutes fiarts. Le mycélium n'a rien
lier, mais l'appareil reproducteur a une struc-
ntéressante.
•rons une de ces boules blanchâtres de Lyco-
faisons-èn une coupe. Nous trouvons d'abord brane extérieure qui porte le nom de péri-
péridium peut se décomposer en péridium omposé de petites cellules serrées, et péridium :omposé de cellules plus lâches. Du péridium ; détache une série de cloisons qui partagent de la boule en autant de chambres. Cescloi-
tapissées par l'hyménium. Celui-ci comprend ujours des paraphyses et des basides; les baportent que deux spores. Au moment de la les spores, les cloisons qui supportent l'hyméétruisent partiellement, il n'en reste que des (capillitium), et, quand la boule est crevée, I d'un animal, par exemple, les spores se disse-
THALLOPHYTES 167
minent, favorisées dans cette dissémination par le czpillitium.
La structure peut être bien différente ; ainsi le péridium peut être beaucoup plus épais (Geaster) et comprendre un plus grand nombre de couches. Les basides peuvent porter quatre (Ulostoma) ou huit (Geaster) spores. La trame qui porte l'hyménium, loin de se détruire presque totalement, peut se conserver dans sa lamelle médiane, de sorte qu'il s'isole dans la cavité générale un certain nombre de petites cavités (péridioles), pleines chacune de spores, comme cela se voit dans le Crucibu- Ittm. Enfin, tout le tissu sporifère, appelé souvent gleba, peut être projeté par un retournement brusque du péridtum interne; ce fait singulier, qui s'observe facilement à la simple loupe, se produit chei quelques Carpobolèes, en particulier le Sphœrobolus.
Ascomycètes. — Le caractère distinctif de tout cet ordre de Champignons, qui renferme un certain nombre de Levures et de Moisissures, est de produire ses spores dans des cavités allongées, les asques (fig. 5 i)ou les (bègues. Ces Champignons sont dits pour cette raison Ascosporès ou Tbécasporés.
Les asques prennent parfois naissance en un point quelconque du thalle, mais le plus souvent ils se forment dans des concep- fio. 51.^- Aiqu«pLïins tacles, soit élargis en coupes (apotbécies), soit rétrécis en bouteilles (périthèces). Les spores se forment dans les asques, généralement au nombre de huit; tout le protoplasma n'est pas employé
1, il en reste une certaine quantité, renferme en abondance du glycogène frines, comme on peut s'en assurer par ;pores sortent des asques par déhiscente s'ouvre en un clapet, ou par destruction imet.
des asques, qui par leur ensemble consinium, est souvent précédée d'une sorte nous verrons ce qu'il faut en penser et ement les phénomènes que l'on observe ; lervations microscopiques ne seraient pas idier le sujet.
jn se fait aussi par conidies.
^scomycètes est le plus souvent fîlamen- :, les filaments s'associant en un pseudoais il est quelquefois dissocié (certains
ractères de l'appareil reproducteur, on
liscomycètes.
che aux Ascomycètes les Lichens, formés, , par l'association d'un Champignon (le ;omycète) et d'une Algue.
s. — Plusieurs genres sont fort intér dans cette famille, et d'abord, en par- Sacckaromyces, auquel appartiennent la 'es connues, Levures produisant, comme n liquide sucré la fermentation alcoo-
vce^ cerevhicE, ou Levure de bière est le
plus anciennement connu de ces ferments. Ce Cha gnon est constitué par des cellules ovoïdes, à meml très mince et où l'on ne peut distinguer de noyau. des conditions favorables, ces cellules, qui sont isc se mettent à bourgeonner, une seule cellule produ parfois deux ou trois bourgeons; et ci les nouvelle; Iules formées sont si actives qu'elles se mettent à 1 geonner elles-mêmes avant de se séparer de leur ci mère, il en résulte des chapelets de cellules.
Lorsque les cellules de Levure sont à la surfac liquide sucré, elles bourgeonnent rapidement, mais action comme ferment est faible : elles ont, en l'oxygène de l'air à leur disposition. Submergée! contraire, elles ne bourgeonnent pas, mais elles onl action énergique, empruntant leur oxygène au ; et le transformant en alcool avec production de CO' a ainsi la Levure haute et la Levure basse.
A coté du Saccharomyces cerevisùe on peut ra le 5. ellipsoideus, à cellules plus fortement elliptiqui 5. pastorianm, à cellules assez irrégulières, et le S. a tatus, dont les cellules présentent aux deux bout prolongement en pointe. Tous ces Saccharomyces des ferments plus ou moins actifs; le S. alhicans, \ que identique en apparence au précédent, ne produi de fermentation.
Le développement de la Levure dans un liquide i est très intéressant à suivre au microscope : on s'ape bientôt, quand on observe dans une chambre hur que, lorsque le liquide nutritif est épuisé, les cellule: sent de bourgeonner, mais alors chacune de ces ce) se transforme en un asque et donne naissance à q: spores.
'■yces, qui donne une idée thalle dissocié, il convient lie massif. Nous prendrons w confluent. Champignon !S de charbon de bois dans
t à cause des phénomènes eJs pour les uns) qui pré-
m de l'appareil sporifère, >nne naissance (fig, 52) à se', à côté de laquelle en ! pollinode p. L'ascogone contact avec le pollinode, /elopper autour des deux ts/, qui s'enchevêtrent et
THALLOPHYTES
vont constituer l'apothécie, diins laquelle a l'hyménium; les filaments aux dépens des l'hyménium proviennent de l'ascogone partisans de la fécondation, de l'ascogone t pour les autres. Pour les premiers auteur effet un phénomène manifeste de sexualit est une cellule mâle, l'ascogone une cellu!
fécondée, produit les cellules de l'hyménii ticulier, les asques; pour les autres et, i M. Van Tieghem, l'ascogone et le pollinod ment des cellules de réserve, où s'accumi riaux nécessaires à la production des celli Il resterait à éclaircir ce point douteux, à sa' le soutient de Bary. l'ascogone seul prodi mères des spores, ou si, comme le soutiei ghem, l'ascogone et le pollinode prennent à la formation de l'hyménium.
Nous retrouverons cette question de fée teuse chez tous les Ascomycètes.
2° Périsporiacées. — C'est à cette fan; tiennent deux Moisissures très communes glaucum et VAspergillus niger; c'est à ell partient un Champignon bien connu, qu personnes se doutent que ce soit un Oc Truffe. L'étude de ces trois Champignon avoir une idée d^ '^ famille, qui cepent quelques genres parasites comme les Eris)
Le Pénicillium glaucum constitue cette l dâtre qu'on trouve sur les substances ali ont séjourné dans les endroits humides. Ce à thalle ramifié et cloisonné, présente de reproduction : r par conidies; 2" par asco
ppareil conidien se constitue au moyen d'un filadressédu thalle. Ce filament donne naissance, à son Tiité, à un certain nombre de rameaux, disposés le les soies d'un pinceau (d'où le nom du genre) et e différencient d'une façon basipète, en conidies. ppareil sporifère prend naissance après une sorte de ation. Deux filaments unicellulaires du thalle s'enent l'un autour de l'autre et se conjuguent : l'un ascogone, l'autre le pollinode. Peu après la conju- 1, il se forme autour des deux filaments un feutrage qui constitue un pseudo-parenchyme dont les assitternes sont sclérifiées. Bientôt après, l'ascogone suivant les uns, l'ascogone et le pollinode, suivant très, se cloisonnent et donnent naissance aux celmères ascogènes. Les choses restent dans cet état int un temps plus ou moins long de vie latente; ut de quelques mois, chaque cellule ascogène mère e un bourgeon renflé. Ces bourgeons sont les ce ascogènes définitives, qui se développent bientôt e série d'asques disposés en chapelets, où se fories spores. Celles-ci sont lenticulaires et présentent valves cutinisées. Elles germent en un thalle. ispergillus niger est une Moisissure noirâtre ; il pré- : le Pénicillium deux modes de reproduc-
ppareil conidien consiste en un filament dressé h globuleuse; sur cette tète s'insèrent des filaments e différencient en conidies d'une façon basipète. ue l'appareil sporifère va se former, on voit appasur une branche du thalle un bourgeon unicelluqui ne tarde pas à se renfler et à se contourner en ; : c'est l'ascogone. Un certain nombre de bour-
is'7
THALLOPHYTES 173
geons naissent à côté et viennent s'appliquer contre lui, ce sont les pollinodes. Bientôt ces pollinodes poussent un grand nombre de filaments qui entourent la cellule ascogone, s'insinuent entre les tours de la spire et la font dérouler; ceci fait, la cellule ascogone se cloisonne en un certain nombre de cellules ascogènes, qui donnent chacune naissance à deux ou trois asques.
Le genre Tuber constitue les Truffes, dont la plus estimée est le Tuber melanosporum. Le mycélium est anastomosé et rameux, il est renflé de loin en loin en tubercules, tubercules qui constituent la partie comestible et ne sont autre chose que les périthèces. Leurs assises externes sont un peu sclérifiées; on trouve au-dessous un pseudo-parenchyme. Ce pseudo-parenchyme est creusé de cavités, dans lesquelles se forment les asques aux dépens de Thyménium qui les tapisse. Chaque asque produit une à quatre spores échinées. Un mot pour terminer sur les Erisiphe, Champignons parasites des arbres, des Chênes en particulier; leurs conidies ont ceci dp remarquable qu'elles naissent dans des cavités analogues aux périthèces et appelées pycnides ou spermogonies.
3° Pyrénomycètes. — C'est à cette famiUe qu'appartient le Champignon parasite du Seigle, et qui produit la maladie connue sous le nom d'ergot. Ce Champignon est le Claviceps purpurea, dont, d'après la description suivante, on pourra étudiei les différentes phases, que la figure 53 éclaircit d'ailleurs. En examinant des épis de Seigle au mois de juin, on voit souvent suinter à la base des spathes de certaines fleurs un liquide jaunâtre et visqueux. Si Ton examine alors le grain au microscope, on voit que Tovaire est envahi (B, C) par un mycélium auquel on
(A, D), et c'est ce sclérote qui constituai' ergot de petit corps violet foncé de 2 centimètres de longue viron, légèrement incurvé et présentant un à deux s Ce sclérote peut rester longtemps inactif, maïs, da conditions favorables, il germe en un certain nom filaments, terminés par des têtes globuleuses. Ce sont des périthèces composés ; elles sont creusé effet, de nombreuses cavités (E, ca), qui porte leurs flancs des asques très allongés s', contenar cun (F) huit spores très allongées aussi et linéairi spores en germant donnent des sporidies qui reprod une nouvelle sphacélie.
A côté du Claviceps purpurea, on peut citer le F salicina, qui vit sur les écorces des Saules et qui pc outre son appareil ascosporé, trois sortes de coi Les premières, conidies proprement dites, apparaiss printemps et se forment à l'extrémité des filame thalle; les deuxièmes, ou siyîospores, apparaissi été et se forment dans des cavités à\tts pycnidei elles tapissent les parois; les troisièmes, ou spen apparaissent à la même époque dans des cavités gués, mais plus petites, les spermogonies. Comme d'ailleurs observer justement M. Van Tieghem, ces formes ne sont que des spores et il n'y faut p; des modes différents de reproduction.
Dans les genres Sphœria et Sordaria, on a cru coi des phénomènes de fécondation, qui, comme tou que nous avons déjà rencontrés chez les Ascomj demanderaient confirmation.
Les Lichens, longtemps regardés comme des véj
176 BOTANiaUE SPÉCIALE
à part (ce qui d'ailleurs est encore l'opinion de certains lichénologues), sont presque universellement reconnus aujourd'hui pour des organismes complexes, composés d'une Algue (Chlorophycée ou Cyanophycée^ et d'un Champignon (Ascomycète ou Basidiomycète). Deux Algues peuvent parfois coexister dans le même Lichen, et la même Algue peut se rencontrer dans des Lichens différents, qui ne diffèrent alors que par le Champignon.
L'étude des Lichens se fera sans difficulté, ces végétaux étant abondants sur les rochers, les arbres, la terre humide, etc.
On examine la structure du thalle à l'aide de coupes transversales observées dans l'eau ou la glycérine : on voit alors qu'on peut distinguer, en général, deux parties dans ce thalle : i" un mycélium incolore appartenant uniquement au Champignon et qui émet dans le substratum un certain nombre de filaments nourriciers, ou rhiiines; 2" le thalle proprement dit du Lichen, où l'Algue et le Champignon peuvent être mêlés dans des proportions très diverses. L'Algue peut dominer comme dans les Ephebe; ce peut être, au contraire, le Champignon, comme dans les Usnea; enfin, la proportion peut être à peu près égale (Collema).
Dans le cas où c'est le Champignon qui domine, le Lichen est dit hétéromère; dans les deux autres cas, il est dit boméomère. Les Lichens homéomères ont un thalle homogène, gélatineux ou non ; ils sont en général aquatiques. Les Lichens hétéromères, vivant plutôt dans les endroits secs, sont A\\s foliacés, crustacés , fruticuleux , suivant la forme du thalle.
Pour avoir une idée générale de l'analomiedu Lichen,
THALLOPHYTE!
l. COUVMUR, u ^
lyS BOTANiaUE SPÉCIALE
il convient d'examiner un type homéomère et quelques types hétéromères.
Si Ton fait la coupe transversale d'un Collema, Lichen homéomère gélatineux, on trouve à cette coupe un aspect feutré, et l'on y trouve enchevêtrés des filaments incolores qui appartiennent au Champignon, et des filaments vert bleuâtre, qui appartiennent à TAlgue, qui est une Cyanophycée.
Faisons maintenant la coupe d'un Parmelia, Lichen hétéromère foliacé (fig. 54, B); nous y trouvons (abstraction faite des thèques tb dont nous reparlerons) une première couche incolore, dite couche corticale ce, puis une couche verdâtre, renfermant les cellules isolées (gonidies) d'une Algue : c'est la couche gonidienne (g ,g'); une nouvelle couche incolore plus lâche que la première (cm)y la couche médullaire; une autre couche gonidienne et une nouvelle couche corticale.
Il n'y a souvent qu'une seule couche gonidienne dans les Lichens foliacés (Cetraria islandica). Quand on a affaire à un Lichen fruticuleux, comme VUsnea barbata, Lichen très commun sur les Sapins, où il pend en longues touffes, le thalle a une symétrie axile. Quand on fait la coupe d'un filament d'Usnea, on trouve : 1° à la périphérie une couche incolore mince, la couche corticale; 2° une couche gonidienne annulaire ; y une moelle d'abord lâche, mais à cellules serrées au centre.
Les Lichens peuvent se reproduire par simple multiplication ; ainsi le thalle donne parfois naissance à de petits bourgeons dits sorédies, qui s'isolent et vivent d'une vie propre.
Mais le véritable mode de reproduction, ce sont les spores : le Champignon entre toujours seul dans la cons-
THALLOPHYTES
titution de l'appareil sporifère. Il y en a de deux S( I ° les spermogonies (fig. 54) en forme de boutei qui donnent des spermaties (s, s', D) qui ne sont choses que des conidies ; 2° les péritbéces ou apotbét se forme les asques (le Champignon étant toujours deux cas connus, un Ascomycète).
La figure 54, en A, représente deux apothécies, B montre une coupe passant par une de ces apoth on voit qu'il s'est constitué aux dépens des filamei hyphes du Champignon, une couche particulière potbédum(b), aux dépens de laquelle naissent les th entremêlées de paraphyses.
La spore germe en un mycélium, qui ne tarde mourir si une Algue ne vient s'y associer.
La constitution véritable des Lichens semble prouvée par les synthèses qu'on en a faites, au r d'Algues et de Champignons : c'est ainsi qu'entre . on a fait des synthèses d'Opegrapba de Cœnogonium l'Algue est un Ttiitrepoblia : nos lecteurs pourront prendre quelques-unes de ces synthèses, en prena spores du Champignon du Lichen, lorsque les apot sont mûres, et en les faisant développer dans de f cellules où l'eau contient des Algues, soit filameni (Nostocacées ou Confervacées), soit unicellulaires tococcées).
Nous terminons ainsi l'étude du premier embrs ment du Règne végétal, embranchement, comn le voit, excessivement riche en espèces curieuses p micrographe, et plus compliqué qu'on ne s'y attenc premier abord, étant donné l'infériorité des type le composent.
naUE SPECIALE
Les Muscinées sont des végétaux munis d'une tige et de feuilles (dans les formes les plus élevées du moins), mais dépourvus de racines et de fleurs. On les divise en deux classes, suivant des caractères tirés de leur appareil reproducteur, les Hépatiques et les Mousses.
Bien que dans un exposé absolument didactique on doive faire précéder l'étude des Mousses par celle des Hépatiquesquileursontinférieures, nous commencerons néanmoins par les Mousses, plus connues, et dont l'étude nous guidera vers celle des Hépatiques.
Nous n'avons rien à dire de l'appareil végétatif des Mousses, déjà étudié dans la botanique générale, et nous passerons immédiatement à l'étude de l'appareil reproducteur. Pour fixer les idées, nous prendrons un exemple, quitte ensuite à Indiquer quelques modifications.
Cet exemple sera un Mnium, Mousse excessivement commune, partant facile à se procurer, et d'une taille assez considérable pour que l'examen en soit plus commode que celui de beaucoup d'autres genres. A défaut à.'unMniumon pourrait prendre un Polylrkhum;i\ n'y a que quelques différences, que nous indiquerons au fur et à mesure de la description.
La reproduction se fait par anthéridies portées par des pieds spéciaux, les pieds mâles, et par archégones, portés par d'autres pieds, les pieds femelles. Les sexes sont
is le Polytric, mais ils sont aussi
inium sont portées à l'extrémité de d'une rosette de feuilles, formant le périgone; on en rencontre de mûres au mois de mai. Ces anthéridies, entremêlées de poils stériles à tête globuleuse, appelés parapbyses, sont des corps claviformes brièvement pédicellés, et d'une très petite taille. Leurs parois sont formées d'une seule assise de cellules contenant de nombreux corps chlorophylliens. Dans l'intérieur, on trouve un grand nombre de petites cellules qui sont les cellules mères fio. 5;. - Aaihéddit, a