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Diaphragmes. Les diaphragmes sont des pièces de cuivre

percées d’une ouverture que l’on met sur le passage du faisceau lumineux émanant du miroir et qui en enlève une partie plus ou moins grande.

On peut distinguer deux espèces de diaphragmes : i“ les uns qui enlèvent une partie des rayons périphériques du faisceau de lumière envoyé par le miroir ; 2° les autres qui enlèvent une partie des rayons du centre.

Pour remplir le premier but, on emploie soit une plaque percée d’ouvertures de divers diamètres et placée de façon que chacune de ces ouvertures puisse venir se présenter sous l’ouverture de la platine, soit un tube pouvant porter dans sa partie supérieure des rondelles de laiton percées de trous de grandeurs différentes et susceptibles de se rapprocher ou de s’éloigner de la platine.

Ce second moyen, qui permet une meilleure graduation de l’éclairage, est préférable.

Depuis quelques temps une troisième sorte de diaphragme a été introduite. On le nomme diaphragme-iris ou diaphragme à contraction. ■.

L’invention de cette espèce de diaphragme, nous paraît avoir été faite par Ch. Chevalier. Nous nous rappelons avoir vu, il y a une vingtaine d’années, dans la collection du D^' Arthur Fig. 68. Chevalier, une pièce construite, par son

père, comme modèle, et qu’il avait nommée pupille artificielle. Elle était formée par un grand nombre de petites lames métalliques se recouvrant partiellement et disposées de telle façon que, à l’aide d’un bouton placé sur le cadre qui les contenait, on pût agrandir ou diminuer l’ouverture, qui, cependant, restait parfaitement circulaire.

Charles Chevalier n’a jamais, que nous sachions, appliqué sa « pupille » à un de ses instruments. Elle est restée à l’état de modèle, comme un grand nombre des idées de cet infatigable inventeur.

Le Diaphragme- Iris est supérieur à tous les autres ; il permet de graduer parfaitement l’éclairage et de le faire avec promptitude.

Pour enlever une partie des rayons du centre du faisceau de lumière, ce qui est souvent utile pour distinguer des détails très-délicats, on peut coller

LES CONDENSEURS

sur un diaphragme à large ouverture une plaque de verre dont le centre est couvert d’une petite rondelle noire, ou bien encore, comme on le fait généralement, fixer pareille rondelle au centre d’un diaphragme au moyen de trois tiges minces en laiton.

Les diaphragmes se mettent en dessous, et très près de la platine quand on les emploie sans condenseur. Quand on emploie ce dernier appareil c’est sous la lentille inférieure que se met d’ habitude le diaphragme. On peut bien aussi le mettre, pour certains éclairages obliques, au dessus de la lentille supérieure, mais cela présente parfois des inconvénients, p. ex. quand le condenseur doit être employé à immersion.

3. Condenseurs. Le condenseur est un système de lentilles qui se

met entre le miroir et la platine et qui permet de projeter sur l’objet un cône éclairant renfermant beaucoup plus de rayons que cela n’est possible avec le miroir seul.

Le premier condenseur véritable fut imaginé par Dujardin et peu après énormément perfectionné en Angleterre. Ils demeurèrent longtemps presque inconnus sur le continent quoique dès i858 feu Nachet, le premier opticien de ce nom, qui était élève de Ch. Chevalier, s’établit pour son compte, eût imaginé un condenseur dont la partie optique est très voisine de la formule du condenseur du Prof. Abbe mais achromatique. Feu M. Villot, inspecteur général des musées impéiiaux, à Paris, nous fit connaître ce condenseur en i865 et nous envoya en même temps le dessin exact de la disposition des lentilles et de leurs courbes, la lettre de ce micrographe nous permet de fixer la dâte. Plus tard, les collections de M. Mouchet, que nous acquîmes à sa mort, nous mirent en possession d’un de ces condenseurs primitifs qui est bien semblable au dessin de

M. Villot. Quoique vieilli et d’un angle d’ouverture très inférieur à ceux que la maison Nachet foufnit aujourd’hui (fig.

69), nous apprécions fort cet ancien condenseur que nous employons encore parfois utilement.

Ce ne futqu’après que M. le Prof. Abbe eût en 1878 fait connaître le condenseur qui porte son nom que les micrographes du continent commencèrent à apprécier Fig. 6g. i-'îl û'i îla valeur de ces instruments. Aujour-

d’hui tout bon microscope possède un condenseur Abbe. Nous sommes persuadé qu’on n’en restera^pas là et que l’on finira par employer aussi, sur le continent, les condenseurs achromatiques qu’emploient les anglais.

Le nombre des condenseurs employés est considérable, il en existe de toutes les tormes possibles, en Angleterre. Nous nous contenterons de

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décrire ici le condenseur type d’Abbe et ceux de MM. Powell et Lealand qui sont réellement ce qui existe de mieux en ce genre.

Condenseur d’Abbe. Cet appareil (fig, 70), qui est aujourd’hui fabriqué tant par la maison Zeiss que par tous les bons constructeurs, se compose essentiellement d'un condenseur, ou système de lentilles à grand angle d’ouverture, d’un porte-diaphragmes pouvant recevoir des disques à ouvertures variées, et d’un miroir piano-concave. Ces trois parties sont réunies sur une même monture, qui s’adapte, au moyen d’un coulisseau, sous la platine du microscope, après qu’on a retiré le miroir ordinaire de la coulisse où il est fixé.

La face plane de la lentille supérieure du condenseur doit arriver très près du niveau de la platine, afin qu’elle soit presque effleurée par la face inférieure du porte-objet. — Une crémaillière commandée par un pignon permet de hausser et d’abaisser à volonté tout l’appareil et par suite aussi d’amener le foyer sur le plan où repose l’objet que l’on examine.

Pour placer un diaphragme, ou pour le changer, on tire le portediaphragmes vers la droite, en le faisant pivoter sur son axe, puis,

LES CONDENSEURS

l’opération terminée, on le ramène à sa place première par un mouvement en sens contraire. La crémaillière qui se trouve sur le portediaphragmes, sert, d’abord, à écarter l’ouverture du diaphragme plus ou moins de Taxe optique, et, ensuite, à promener l’ouverture autour de cet axe, pendant qu’eJle se trouve ainsi dans une position excentrique. Pour cette dernière opération, la tige, qui porte le pignon, sert seulement comme levier. Par le premier des mouvements, que nous venons de signaler, on obtient tous les degrés de l’éclairage oblique, et, par le second, on change à volonté la direction de l’incidence du rayon lumineux.

La position centrale du diaphragme, qui donne l’éclairage direct ou axial, est marquée par l’arrêt d’une petite pointe à ressort, pendant la rotation de la crémaillère.

Pour les observations par transparence on fait usage des diaphragmes à ouverture centrale, et l’on choisit l’ouverture plus ou moins grande, selon la distance focale de l’objectif, la nature de la préparation et l’intensité de la source de lumière dont on dispose.

Si l’on veut observer des préparations dont les éléments sont apparents, non par l’inégale absorption de la lumière, mais bien par des différences de réfraction, l’emploi du diaphragme le plus petit possible, quoique donnant cependant encore une lumière suffisante, est généralement à recommander. Au contraire, pour examiner des préparations coloriées, particulièrement des bactéries, des bacilles, etc., on se sert avantageusement de diaphragmes à grande ouverture, ou même du condenseur sans aucun diaphragme.

Quand on veut observer sur champ noir, on fait usage des diaphragmes annulaires (qui sont en forme de roue) ; ils se placent, comme les autres dans le porte-diaphragmes, mais toujours dans la position centrale. Dans ce cas aussi, une réduction de l’ouverture de l’objectif est nécessaire, ou au moins avantageuse, et cela pour tous les systèmes, excepté cependant les plus faibles.

On obtient cette réduction à l’aide de diaphragmes spéciaux, qui se placent au dessus de la lentille supérieure de l’objectif, ou bien, qui se vissent entre le cône et les lentilles, quand ces parties peuvent se séparer.

Dans l’éclairage sur champ noir, les rayons utiles devant quand même traverser la préparation, on ne peut, par conséquent, adopter ce mode d’examen pour observer des objets opaques.

Les objectifs à correction ne peuvent être employés avec ce genre d’éclairage, parce que, chez eux, l’interception de la zone marginale ne s’effectue pas bien à l’aide d’un diaphragme.

Lorsqu’il S’agit d’obtenir avec les objectifs à immersion, un éclairage aussi oblique que possible ou un éclairage sur champ noir sous

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un fort grossissement, il est avantageux de mettre une goutte d’eau sur la face plane de la lentille supérieure du condenseur, pour que l’espace qui se trouve entre cette lentille et le porte-objet soit occupé par un milieu plus réfringent que l’air. De cette façon, on rend utilisables, pour l’observation, des rayons qui, autrement, à cause de la réflexion totale qu’ils subissent sur la couche d’air, ne peuvent pas atteindre la préparation. Le condenseur est alors dit à immersion.

Lorsqu’on emploie le condenseur à grande ouverture pour l’éclairage oblique avec un objectif d’une ouverture numérique de plus de 1,33, il faut relier la lentille supérieure du condenseur au porte-objet, non à l’aide d’une goutte d’eau, mais par une goutte d’huile de cèdre.

Pour observer dans la lumière polarisée, le Nicol polarisant, grâce à une monture spéciale, est placé dans le porte diaphragmes, et recouvert d’un diaphragme ordinaire. Pour le reste, on opère comme il a été dit ci-dessus. La lumière polarisée, ainsi bien que la lumière ordinaire, peut servir à l’éclairage oblique comme à l’éclairage axial.

Les feuilles de gypse ou de mica se placent au-dessus du Nicol, sur le porte-diaphragmes, et sont, à leur tour, recouvertes d’un diaphragme.

Il est de règle de se servir du miroir plan ; cependant, pour les observations avec des objectifs très faibles, le miroir plan ne permettant pas, le plus souvent, d’éclairer régulièrement tout le champ, on fait alors usage du miroir concave : c’est uniquement pour cela qu’il est joint à l’appareil.

Dans tous les cas, une fois que le miroir est dirigé convenablement pour l’éclairage, il n’est plus nécessaire de le déranger pour le changement des diaphragmes.

Si l’on doit observer à la lumière d’une lampe, l’emploi d’une lentille collectrice, aussi grande que possible, ou d’une boule de verre remplie d’eau, est très recommandable, pour obtenir un éclairage régulier sans que pour cela la flamme doive être trop rapprochée du microscope. — On installe la lentille ou la boule de verre entre la lampe et le microscope, dans une position telle que l’image de la flamme soit projetée sur le miroir.

La maison Zeiss construit aujourd’hui trois parties optiques pour ce condenseur. L’une a une ouverture numérique de i ,20, la deuxième de i ,40 et la troisième, qui ne dâte que de la fin de 1889, a 1,60 et est spécialement destinée au nouvel objectif de O. N. 1,60.

Ces trois parties optiques peuvent être changées à volonté.

Enfin, dans ces derniers temps, MM. Zeiss ont encore établi un condenseur achromatique qui peut également se mettre en place des précédents au dessus de la partie mécanique.

LES condenseurs.

Ce condenseur a une ouverture numérique de i ,oo et est spécialement destiné à la photomicrographie.

Grâce à l’extrême ingéniosité de la partie mécanique du condenseur Abbe et à l’énorme ouverture qu’il permet de donner à la partie optique, - cet appareil rend des services inappréciables et l’on ne peut plus guère s’en passer dans une recherche sérieuse. Il est toujours avantageux surtout pour la photographie, que la partie optique chromatique soit remplacée par un système achromatique.

Condenseurs de MM. Powell & Lealand. Sauf l’énorme ouverture de i,6, obtenue dans ces derniers temps dans le condenseur Abbe, les condenseurs de MM. Powell & Lealand, réalisent tous les effets que l’on peut obtenir avec les autres appareils quelconques ; mais, ils le font en outre, surtout les achromatic oil condensers, avec une perfection qui n’est pas surpassée.

Ces Messieurs construisent quatre condenseurs que nous allons examiner successivement.

Chromatic oil condenser. Ce petit appareil, aussi ingénieux que peu coûteux, convient parfaitement pour la résolution des diatomées dans la lumière oblique.

La partie optique est formée de deux lentilles superposées et serties de façon à ne pouvoir être dévissées. La partie mécanique consiste en un tube se plaçant dans le substage et portant supérieurement la partie optique. A l’aide d’un petit levier, que l’on pousse latéralement, on démasque successivement une ouverture centrale donnant l’éclairage axial, puis une ouverture marginale donnant une lumière faiblement oblique. En poussant encore le levier un cran de plus on obtient l’éclairage très oblique et enfin un dernier cran donne deux ouvertures marginales placées à angle droit.

Le condenseur s’emploie à sec, à l’eau ou à l’huile et donne alors un éclairage à ouverture numérique de i,35.

En remplaçant la partie optique, que nous avons décrite, par une autre dont la lentille supérieure a la partie médiane tronquée et mâtée on obtient une O. N., de 1,40.

Ce petit appareil peut servir non seulement pour les diatomées mais dans tous les cas où on emploie le condenseur Abbe, sauf celui où l’on doit avoir l’ouverture axiale très grande.

Achromatic condenser. Le condenseur achromatique de MM. Powell & Lealand a une ouverture de 170°; il jouit en Angleterre d’une immense réputation et c’est avec son aide que jusqu’à ces derniers temps se sont faits les travaux les plus importants de MM. Beale, DallLnger, etc.

Ce condenseur a une partie optique formée de trois lentilles placées à une certaine hauteur au dessus des diaphragmes. Ceux-ci forment une double série placée l’une au dessus de l’autre. La série supérieure a des ouvertures de plus en plus grandes comme dans les diaphragmes tournants ordinaires. La seconde série possède des dia-

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