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RÈGLES HYGIÉNIQUES A OBSERVER, ETC

nous ont assuré que leur vue n’avait pas souffert des observations continues auxquelles ils se sont livrés. Nous-même, nous nous servons journellement du microscope depuis notre enfance ; bien souvent nous avons prolongé jusque dans la nuit des obsei'vations commencées le matin et ce parfois plusieurs jours de suite, une fois même pendant près de deux mois sans interruption. Nous avons passé et nous passons encore souvent de longues heures à rechercher des détails délicats dans la vive lumière solaire mitigée par la cuve cupro-ammoniacale ou le verre bleu. Sauf peut-être une très légère myopie, jamais ces recherches ne nous ont causé de dommage à la vue. Cependant, il s’en faut de beaucoup que les recherches microscopiques ne puissent jamais nuire ; au contraire, elles peuvent très bien, quand on les fait inconsidérément, amener des dangers réels. Mandl cite un micrographe qui perdit presque la vue pour avoir fait ses observations dans une chambre obscure où la lumière n’entrait que par une petite ouverture vis-à-vis du miroir. Un des algologues les plus illustres de notre époque, feu A. de Brébisson, nous écrivit aussi qu’ayant fait l’hiver, à une lumière artificielle très vive, des observations prolongées et fatigantes dans le but de compter les stries des diatomées, il en était résulté une congestion violente qui, pendant près d’un an, l’avait forcé de suspendre tout travail. Mais rien de cela n’est à craindre pour celui qui observe les conseils suivants :

1° Ne faites point d’observations immédiatement après les repas ;

2° Que le champ du microscope soit éclairé, doucement. Évitez tout éclairage trop vif et surtout n’employez jamais la lumière solaire pour les observations ordinaires.

Ce n’est que dans les expériences de polarisation ou de photographie microscopique de même que pour l’éclairage monochromatique que la lumière solaire peut vraiment être utile ;

3° Suspendez immédiatement vos observations dès que vous ressentirez la moindre fatigue dans l’œil. Ceci esc de la plus grande importance.

La vue, comme les autres organes, doit être sagement ménagée. Du reste il est inutile d’appuyer davantage sur les conseils donnés : l’homme de science et le simple amateur en apprécieront toute l’importance.

Une question se pose encore ici ; Comment faut-il disposer le microscope pour travailler sans fatigue?

Si l’on désire simplement étudier des préparations déjà faites, ou des préparations faites extemporanément, c’est-à-dire où l’objet est recouvert de son cover, il n’y a pas de meilleure position pour le microscope que la position inclinée. Elle évite la congestion passive de la tête, congestion qui se produit par la compression des vaisseaux sanguins du cou et elle empêche les mouches volantes d’ennuyer l’observateur par leur position continue dans l’axe de la vision.

EXEMPLE d’une OBSERVATION AU MICROSCOPE.

Mais, si l’on a à étudier des corps plongés dans des liquides, des dissections à faire ou des réactifs à faire agir, alors la position inclinée, ne convient plus. Le microscope doit évidemment rester dans la position verticale. Toutefois on peut encore ici remédier aux inconvénients cités plus haut, soit en coudant le microscope à angle droit, par un prisme rectangulaire comme nous le faisons depuis plus de vingt ans pour l’emploi de nos grands instruments anglais, soit en posant sur l’oculaire un prisme isocèle comme le faisait feu notre ami Harting qui était fort ennuyé par les mouches volantes.

M. le Prof. Abbe déclare dans un de ses travaux qu’un prisme bien construit n’influe en rien sur l’image. Nous partageons entièrement cette opinion. Notre prisme rectangulaire qui a l’avantage de conserver le libre jeu de la poitrime n’empêche en rien la vision des détails microscopiques les plus délicats, tels que, p. ex. les perles de VAmphipleura.

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