‹ Le microscopeChapitre 58 sur 129 · pXEMPLE d’une observation AU MICROSCOPE · texte numérisé non relu

pXEMPLE d’une observation AU MICROSCOPE

Nous croyons avoir suffisamment expliqué le maniement du microscope ; toutefois ayant surtout à cœur de faciliter les observations aux personnes qui n’ont pas l’habitude de cet instrument et qui ont hâte d’en tirer tout le parti possible, nous croyons utile de donner un exemple de l’application des règles dont nous venons de parler.

Supposons donc un débutant qui voudrait découvrir toutes les stries du Surirella Gemma, l’un des tests les plus difficiles. Si, en suivant nos conseils, il y parvient, il peut être assuré que le microscope n’aura plus pour lui de secrets.

Prenons un bon microscope ordinaire, dépourvu de condenseur mais muni d’un miroir articulé et posons-le à quelques pieds de la fenêtre, sur une table bien solide dont la hauteur soit telle qu’on puisse, étant assis, regarder commodément et verticalement dans le tube. 11 s’agit d’arriver au but par gradation. Plus tard, quand l’élève sera expérimenté, il y atteindra aisément.

Pour cela essayons d’abord un objectif d’un 1/2 pouce environ ; quand il est vissé au tube, celui-ci est armé d’un oculaire de force moyenne, puis le diaphragme à ouverture moyenne est mis en place.

11 s’agit maintenant d’éclairer. Pour cela, le miroir réflecteur, laissé dans l’axe du tube, est incliné de façon à réfléchir la lumière à travers l’ouverture du diaphragme. 11 faut ici procéder par tâtonnements et jusqu’à ce que cette lumière soit blanche et douce : aussi longtemps qu’il n’en est pas ainsi, soyez assuré que l’inclinaison du réflecteur est défectueuse.

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Vous posez ensuite sur la platine la préparation munie de sa lamelle de verre qui recouvre l’objet et vous descendez le tube jusque contre cette préparation, en évitant soigneusement de la toucher de peur de la briser. Tenant ensuite les doigts sur celle-ci ou bien la maintenant au moyen des valets, vous haussez lentement le tube jusqu’à ce que vous aperceviez les Surirella d’une manière plus ou moins confuse, et, vous emparant alors de la vis de rappel, vous la faites mouvoir à droite ou à gauche jusqu’à ce que celle de ces diatomées qui se trouve au centre du champ vous apparaisse nettement sous la forme d’un corps elliptique divisé par une ligne médiane et ayant en outre douze à seize lignes transversales de chaque côté.

Ce n’est pas tout, ceci n’est que le premier acte du spectacle ; assujettissez bien la préparation au moyen des valets afin qu’elle ne se dérange pas et prenez un objectif plus puissant, par exemple un J/e® de pouce environ ; vous montez le tube pour avoir la faculté d’enlever le premier objectif et d’y substituer le J/e® ; ceci fait, vous substituez également au diaphragme moyen celui de tous dont l’ouverture est la plus petite, et vous descendez le tube à la main jusque contre la préparation, pour le remonter insensiblement aussitôt, jusqu'à ce que vous aperceviez confusément l’objet ; puis la vis de rappel, tournée à droite ou à gauche, doit vous montrer avec la plus grande netteté ce que vous avez vu la première fois, considérablement agrandi, mais sans aucun détail de plus.

La lumière directe étant ainsi reconnue inefficace, voyons ce que nous donnera la lumière oblique.

Enlevons tout d’abord et le diaphragme et la platine inférieure qui le contenait, afin de dégager ainsi complètement, par dessous, la platine réelle du microscope ; puis inclinons à droite ou à gauche la tige du réflecteur de manière à l’écarter de l’axe du tube, tout en conservant sur l’objet une lumière suffisante; essayez ainsi de toutes les inclinaisons imaginables jusqu’à ce qu’enfin vous voyiez apparaître entre les lignes transversales dont nous avons parlé, et parallèlement à celles-ci, d’autres petites lignes très fines et fort serrées. Un œil exercé aperçoit même ainsi, au moyen du i/6® de pouce, les fines lignes longitudinales que nous cherchons; mais, pour les voir nettement et commodément, il nous faut avoir recours à un objectif à immersion.

Prenons donc un objectif à immersion dans l’eau. Ne touchez ni à la préparation ni au réflecteur; haussez le tube, enlevez le i/6®; puis, avant d’y substituer le nouvel objectif prenez une gouttelette d’eau distillée bien pure, au moyen d’une baguette de verre, et déposez-la sur la lentille inférieure ou frontale sans toucher celle-ci, de peur de la rayer; vissez ensuite l’objectif au tube; déposez une autre gouttelette d’eau sur la préparation et descendez le tube à la main jusqu’à ce que les deux

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gouttes se confondent ; l’avantage de ce procédé est d’éviter les bulles d’air qui sont un obstacle sérieux à l’observation. Substituez aussi un oculaire faible à l’oculaire dont vous vous êtes servi.

C’est ici surtout qu’il faut faire mouvoir le tube avec la plus grande prudence; le danger est d’autant plus redoutable que l’eau empêche de distinguer parfaitement l’espace qui sépare 1 objectif de la préparation; le meilleur moyen de ne rien briser, c’est de procéder par tâtonnements, de mouvoir légèrement la préparation d’une main, tandis que de l’autre la vis de rappel est tournée de gauche à droite ou de droite à gauche avec une extrême délicatesse, jusqu’à ce que le Surirella se montre nettement; si vous descendez trop le tube, vous êtes averti, par l’immobilité de la préparation, par la l'ésistance qu’elle présente, que vous manœuvrez à faux et qu’il importe de remonter en tournant la vis de rappel de droite à gauche. Alors vous inclinez le réflecteur placé en dehors de l’axe du tube jusqu’à ce que vous voyiez nettement les lignes longitudinales ondulées de l’objet de vos recherches.

Cependant il peut se faire que vous ne soyez pas encore entièrement satisfait. En ce cas, il n’y a plus d’autre ressource que d’utiliser la correction ; pour atteindre ce but, vous saisissez le cordon moletté mobile qui se trouve au centre de la monture de l’objectif et dont la destination est de corriger l’influence de la lamelle de verre ou cou vre-obj et placé sur la préparation; vous lui imprimez successivement un mouvement de droite à gauche ou de gauche à droite jusqu’à ce que vous distinguiez les lignes ou stries avec la plus grande netteté. En général, quand on se sert de la lumière oblique, il faut rapprocher les lentilles de l’objectif en tournant (dans les objectifs français) la correction de droite à gauche; si, au contraire, on utilise la lumière directe, il faut agir en sens inverse et tourner la correction de gauche à droite.

Une observation importante, c’est que, pour éviter de peser sur la préparation et de la briser, et aussi pour tenir l’objet au foyer, il faut, en même temps que l’on fait marcher la correction dans un sens, faire mouvoir la vis de rappel, soit de gauche à droite, soit de droite à gauche.

Telles sont les opérations à faire pour le débutant que nous avons supposé muni" d’un microscope de bonne qualité et suffisant pour la plupart des recherches courantes.

Si, au lieu de cet appareil on eût eu à sa disposition un microscope de premier ordre, muni d’un condenseur Abbe et d’un objectif homogène à très grande ouverture numérique, soit par exemple un apochromatique à O. N. 1.4, les choses eussent été bien simplifiées. L’observation finale eût dû montrer non pas des lignes ondulées mais des points (habituellement appelés « perles ») nettement isolés ; l’on y fut aisément

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