‹ Le microscopeChapitre 86 sur 129 · MICROSCOPE DU D-- H. VAN HEURCK DE WATSON & SONS · texte numérisé non relu

MICROSCOPE DU D-- H. VAN HEURCK DE WATSON & SONS

Fig. 162

WATSON & SONS

pour la fin, car nous avons à signaler ici des perfectionnements qui n’existent encore dans aucun autre microscope.

Le condenseur peut être centré, cela va sans dire, il peut monter ou descendre à l’aide d’une crémaillière, mais il possède en outre un mouvement lent d’une grande délicatesse. Jusqu’ici, dans les rares microscopes, où le parfait ajustement du condenseur (ajustement si nécessaire dans certains cas et non assez apprécié encore), jusqu’ici, disons nous, cet ajustement avait été simplement effectué par une vis, ce qui donnait un mouvement peu lent et une perte, de temps, dans les changements de direction.

Ici, le mouvement lent est produit par un levier comme dans le mouvement lent du tube et le bouton de ce mouvement se trouve placé au dessus de la platine et tout près du mouvement lent du tube. On peut ainsi obtenir une précision très grande et ajuster les deux mouvements lents à l’aide d’une seule main.

L’ajustement du condenseur tel que nous l’avons fait disposer (et que nous employons depuis plusieurs mois pour tous nos microscopes) présente, croyons-nous, des avantages réels. Cet ajustement se compose d’un diaphragme-iris surmonté du porte-lentilles. Entre ces deux pièces glisse une plaque pouvant être retirée à volonté et portant au centre un anneau pouvant tourner sur son axe et destiné à recevoir les diaphragmes.

Le porte-lentilles peut recevoir les divers condenseurs Abbe, le condenseur achromatique de MM. Zeiss et aussi les pièces permettant l’emploi de tous les excellents condenseurs de MM. Powell & Lealand. On voit donc que la partie mécanique, qui permet tous les éclairages central et obliques désirés, reste invariable, mais peut recevoir toutes les parties optiques possibles.

En somme, nous avons fait réunir dans cet instrument toutes les conditions de perfection que nous ont appris une longue expérience du travail au microscope et MM. Watson and Sons ont réalisé tous nos désiderata avec un soin et une précision que nous n’osions même espérer. Si nous ajoutons que cet appareil si parfait ne coûte que 400 frs et par conséquent moins que les grandes montures du continent, on admettra, croyons-nous, volontiers, que les constructeurs ont rendu un véritable service aux travailleurs sérieux par l’établissement de ce modèle.

Nous ne pouvons en ce moment dire grand chose des objectifs de ces constructeurs, MM. Watson & Sons ayant abandonné entièrement leurs anciennes formules de construction et la nouvelle série n’étant pas encore prête à l’exception du i pouce de du ^6® pouce.

Le I pouce est excellent. Les images des objets histologiques

CARL ZEISS.

sont excessivement pures et bien définies et l’objectif supporte des oculaires très forts sans déformation.

Le de pouce est un très bon objectif pour tout travail courant. Il résout convenablement le Pleurosigma dans l’éclairage oblique, a une distance frontale notable et les images que donne cet objectif sont excessivement brillantes et bien définies. Pour le travail histologique l’objectif ne laisse rien à désirer.

CARL ZEISS (Cari Zeiss Strasse, lena). La maison fondée par feu le Docteur Cari Zeiss est aujourd’hui la plus importante du monde.

Le Abbe, professeur à l’Université et associé de la maison en est aujourd’hui le Directeur, et ce savant qui est aussi la plus haute personnalité de l’optique scientifique contemporaine a, sous son habile direction, fait faire de telles améliorations à la construction des objectifs que l’on peut croire que les progrès — compatibles avec l’emploi usuel du microscope — qui sont encore réalisables ne sont plus que minimes.

Les modèles de la maison Zeiss sont au nombre de neuf. Nous décrirons les principaux.

Le STATIV P (fig. i63) est le plus parfait de ces modèles.

La mise-au-point approchée se fait par une crémaillière inclinée très précise, le mouvement lent très précis a déjà été décrit ci-devant.

Le tube de tirage est divisé en millim. La platine est munie d’une plaque tournante en ébonite et peut être centrée sur son axe à l’aide de deux vis latérales qui agissent en sens inverse d’un ressort caché dans l’épaisseur de la platine. Cette même platine peut, en un instant, être enlevée et remplacée par le chariot.

L’appareil d’éclairage consiste en un condenseur d’Abbe de r.qO.N. et d’un diaphragme-iris muni d’un mouvement excentrique. Le tout peut monter ou descendre dans l’axe de l’instrument.

L’instrument peut s’incliner et être fixé dans toutes les positions à l’aide d’un levier de serrage.

Le prix de cette monture est de 5oo frs. avec le chariot et de frs. SyS quand on ne prend pas ce dernier.

Le Stativ pour la Photomicrographie est très analogue au précédent (fig. 164).

Il en diffère surtout par le tube qui est beaucoup plus large et par la platine qui est à chariot à mouvements excessivement lents. La plaque supérieure de la platine est rotative.

De même que dans l’instrument précédent les mouvements du chariot sont repérés par des verniers donnant le dixième de millimètre.

Le microscope muni du condenseur achromatique spécial, qui est indispensable pour la photographie (celle des diatomées exceptée qui peut se faire avec le condenseur Abbe non achromatique) se vend frs. 53 1 .25.

STATIV F DE CARL ZEISS.

STATIV POUR PHOTOGRAPHIE DE CARL ZEISS. 2t»f

CARL ZEISS.

A côté de ces grands statifs spéciaux la firme Cari Zeiss en présente d’autres plus à la portée du modeste travailleur.

C’est ainsi que les statifs II^ et IV^ sont encore des instruments parfaits et suffisant à toutes les recherches.

Le Statif IL (fig. i65) a les mises-à-point approchée et exacte comme les modèles précédents.

La platine est munie d’une platine tournante en ébonite qui peut être centrée comme dans le Statif L.

L’appareil d’éclairage est aussi parfait que dans les montures précédentes, mais l’ensemble ne peut pas monter ou descendre par une crémaillière.

Le prix de cette monture est de frs. 362.

Le statif IV^ (fig. i66) diffère du précédent en ce que la platine est fixe et dépourvue de la plaque rotative. L’appareil d’éclairage peut par contre monter et descendre, mais le condenseur Abbe n’a que 1.2 d’O.N.

Le prix de cette monture, y compris le diaphragme-iris, n’est que de frs. 268.

Le modèle VI (fig. 167) qui ne coûte que frs. 81 est encore suffisant pour toutes les observations courantes et qui ne demandent pas l’extrême précision que l’on exige aujourd’hui. La monture représente le bon type du microscope usuel qui était, il y a vingt ans employé par la plupart des micrographes du continent.

Le tube est à tirage ; la mise-à-point superficielle se fait par glissement et le mouvement lent est très précis.

La platine est fixe et porte inférieurement une bague où le portediaphragme s’adapte par une baïonnette ; le tout peut s’enlever pour l’éclairage oblique.

Le miroir, plan d’un côté, concave de l’autre, est porté par une tige articulée permettant l’éclairage oblique dans toutes les positions.

L’instrument peut aussi s’incliner sous tous les angles désirés jusqu’à l’horizontalité.

Examinons maintenant les principaux objectifs de cette maison. Comme nous l’avons déjà dit, les types courants sont excellents et la série apochromatique présente des numéros dont la perfection n’a encore été atteinte par aucune autre.

Voyons d’abord la série courante et examinons les objectifs A,CC, D,DD et F que nous connaissons par un long usage.

Tous donnent une image parfaitement nette et définie du pygidium de la puce et de la coupe de Pinus ; tous, également, ont une distance frontale relativement grande et très commode pour les travaux. Voici les résultats, quant à la puissance résolvante, que nous ont donnés les objectifs examinés ; notons que ces recherches ont été

STATIF II^ DE CARL ZEISS

Fig. i65.

STATIF IV DE CARL ZEISS.

io5

Fig. 167.

faites à la lampe, le microscope étant muni du condenseur de M. Abbe.

CC (objectif de de pouce), angle d’ouverture 90°. Dans la lumière parfaitement centrique on résout faiblement le sixième groupe de Nobert de même que le n° 8 de Môller. Dans la lumière oblique le n° 1 1 du même test se voit parfaitement.

CARL ZEISS.

D (1/6® de pouce, ouverture o,65). Nous ne pouvons donner assez d’éloges à cet objectif : depuis que nous le possédons, nous l’em* ployons journellement et nous le préférons pour les observations courantes à tous nos autres objectifs d’égal grossissement. La netteté des images est très grande et la distance frontale est telle que nous pouvons encore, dans les observations faites à la hâte, nous dispenser de l’emploi d’un couvre-objet. Dans la lumière centrique l’objectif résout très bien le cinquième groupe de Nobert, de même que le n° 8 de Môller. Dans la lumière oblique on voit très bien le n® ii du même test {Pleurosigma dans le baume).

F (Vi4® de pouce, ouverture o,g). Cet objectif, qui est excellent et jouit à juste titre d’une grande réputation parmi les micrographes, résout assez bien, dans la lumière centrique, le septième groupe de Nobert de même que le n° lo de Mbller. Dans la lumière oblique le même objectif résout les dix-sept premiers numéros de Môller, c’està-dire tous les numéros de ce test qui sont résolubles par l’éclairage non monochromatique.

Série apochromatique. Nous nous sommes déjà longuement étendu page 47 sur les objectifs apochromatiques dont nous devons l’introduction dans la technique à M. le Prof. E. Abbe. Nous n’avons donc qu’à dire quelques mots sur les principaux types de cette série.

Objectif 24 miV/fm. (i pouce) O. N. o.3o, uniquement pour tube anglais. Excellent objectif surtout pour les travaux de photographie devant être faits à un faible grossissement. Les images sont excessivement pures, nettes et lumineuses : Il convient très bien pour les travaux d’histologie végétale, mais pour les diatomées son O. N. est trop faible.

Objectif de 8 mm. (i/3 de pouce) O. N. 0,6, uniquement pour le tube continental. Très bel objectif permettant la résolution du Pleurosigma avec une distance frontale très grande.

8 millimètres (1/4 de pouce) et 4 mill. (1/6® pouce) de tous deux à O. N. de 0.95 ; le premier exclusivement pour tube anglais, le 2® pour tube continental.

Ces deux objectifs représentent les types apochromatiques pour le travail courant.

L’image du pygidium de la puce est admirablement nette et pure. Le Pleurosigma se résout avec une grande facilité.

Ce sont ces deux objectifs que nous employons journellement, pour l’étude courante des diatomées dans les travaux de détermination, avec les oculaires appropriés 12 et 8, on obtient un grossissement de 5oo diamètres qui suffit amplement pour tout ce qui n’est pas recherche de structure de la valve.

Pour les travaux histologiques ces objectifs suffisent amplement à tous les travaux courants.

CARL ZEISS.

2.5 mill. (i/io® de pouce) à immersion dans l’eau, O. N. i,3o.

Le pygidium et le Podura donnent des images très belles et le bacille de la Tuberculose est nettement défini.

Dans l’éclairage axial on voit assez bien le 12® groupe du test de Nobert et le Pleurosigma donne des perles nettes et bien noires. Dans l’éclairage oblique on résout très purement VAmphipleura préparé dans le médium 2,4 ; à sec le même test est assez bien résolu.

Objectif 3 mill. (t/8® de pouce) O. N. de i. 4. à immersion homogène.

D’après nos observations, prolongées depuis six ans, cet objectif est le plus beau qui existe actuellement ; nous ne connaissons aucun autre qui l’égale complètement.

Les images du pygidium et du Podura sont d’une pureté parfaite; les bacilles ont des contours excessivement nets ; VAmphipleura se résout nettement en perles, et l’image de résolution en stries est parfaite et également pure sur toute l’étendue de la valve. Même sous une grande obliquité l’image reste plane, et il n’y a pas la moindre déformation de la valve.

Dans l’éclairage axial le 1 2® groupe de Nobert se montre parfaitement et dans l’éclairage oblique on résout sans peine le 19®. La distance frontale de cet objectif, malgré sa grande O. N., est considérable.

Objectif 2.5 mm., d’ouverture numérique 1.6. Cet objectif est le premier de la nouvelle série commencée par M. Zeiss. Il sera probablement encore suivi d’un ou deux autres numéros.

Actuellement c’est l’objectif le plus résolvant qu’on ait encore obtenu malheureusement son emploi est difficile et son prix excessivement élevé, il en résulte qu’il est peu pratique pour les travaux courants. Son véritable emploi est donc pour l’élucidation de détails qu’on ne peut obtenir par les objectifs les plus parfaits construits jusqu’ici.

Examinons plus en détail cette admirable pièce.

L’objectif est de de pouce et il est apochromatique ; cela va sans dire.

Son ouverture numérique est de i.63, et sa construction est telle que cette énorme ouverture peut être utilisée en entier.

Toutefois, pour cela, il faut des conditions spéciales, à savoir :

1° Un couvre-objet d’un indice de réfraction élevé et ayant au moins 1.6;

2® L’objet doit être plongé dans un milieu qui ait également au moins un indice de 1.6;

3® Enfin, si l’on veut utiliser toute l’ouverture dans la lumière oblique (c’est-à-dire si l’on veut que l’objectif donne dans cet éclairage tout ce qu’il est capable de résoudre) il faut que le slide soit également en fiint d’au moins 1.6 d’indice de réfraction.

Toutes ces conditions ont été réalisées par MM. Zeiss qui ont, en outre, construit un oculaire spécial, qui enlève les dernières traces de

CARL ZEISS.

coloration et un condenseur à lentille supérieure en flint, qui facilite l’obtention de l’éclairage ultra-oblique que l’objectif peut donner.

L’objectif est formé de cinq lentilles qui se superposent dans l’ordre suivant :

1° Une lentille frontale simple, plus que demi-sphérique, en flint ayant un indice de réfraction de 1.72 ;

2° Une lentille achromatique formée de deux lentilles simples ;

3° Une lentille simple en crown ;

4° Une lentille achromatique à 3 verres ;

5° Une lentille achromatique correctrice formée de deux verres.

Dans trois de ces lentilles le crown est remplacé par la fluorite.

Le liquide que l’on emploie pour l’immersion est le monobromure de Naphtaline dont l’indice est i.65.

Pour faciliter la résolution des tests, on a construit le slide et le cover en flint de même indice que la lentille frontale, c’est-à-dire de 1.72.

D’après les formules de M. le prof. Abbe, un objectif de i,63 peut résoudre :

1° Dans l’éclairage axial du jour 3ooo lignes au millimètre.

2° Dans l’éclairage oblique 6000 » » »

En employent l’objectif pour la photographie, on peut résoudre de 5ooo à 10 000 lignes ; la résolution dépend ici naturellement de la partie du spectre pour laquelle les plaques employées sont les plus sensibles et pour laquelle partie, la correction sphérique de l’objecjectif est la plus parfaite.

Voyons maintenant les avantages de la combinaison optique décrite ci-dessus.

Dans la lumière oblique, V Amphipleura montre la valve entièrement résolue en perles, aussi nettement que nous voyons le Pleurosigma avec les meilleurs objectifs que nous possédons, et cependant ces perles sont bien plus rapprochées que nous l’avaient fait croire nos résolutions incomplètes antérieures ; les mensurations répétées, que nous venons de faire sur nos photogrammes, montrent que nos Amphipleura ont de 3.600 à 3,700 stries transversales et cinq mille stries longitudinales, par millimètre. Il ne faut donc point s’étonner si, antérieurement, nous eûmes tant de difficultés à mettre ces perles en évidence.

Mais ce n'est que pour ces perles que l’objectif exige l’éclairage oblique. Tous les autres tests difficiles, le Van Heurckia crassinervis, Bréb. [Frustulia saxonica), le Surirella gemma et même les stries transversales de V Amphipleura se résolvent dans l’éclairage axial à grand diaphragme.

Ajoutons que dans ces derniers temps, en employant la lumière oxy- hydrique et en mettant l’objectif parfaitement à point dans l’image de la flamme, nous sommes parvenu à résoudre V Amphipleura en perles dans l’éclairage parfaitement axial mais avec grand diaphragme.

Nous possédons même un cliché fait dans ces conditions.

CARL ZEISS.

Le temps de pose employé a été malheureusement beaucoup trop court. Les perles, bien visibles à l’œil, sont beaucoup trop faibles pour pouvoir être imprimées sur papier.

Le Pleurosigma angulatiim donne une image différente de celle que nous qtions habitué à voir dans ces derniers temps. L’objectif permet de mettre parfaitement à point le châssis et on ne voit plus des perles rondes mais bien des perles hexagonales.

Les Van Heiirckia, Surirella^ Amphipleura, etc., montrent des perles carrées avec quelques déviations, ci et là, vers la forme hexagonale.

La luminosité de l’objectif est extrême. Nous avons obtenu de vigoureux clichés des perles de (2000 diamètres de gros-

sissement, lumière monochromatique solaire) en six minutes, tandis qu’avec les apochromatiques antérieurs, il fallait au moins dix minutes pour lüoo diamètres dans la lumière ultra-oblique.

C’est avec cet objectif qu’ont été faites les photographies de tests qui figurent sur la planche de ce volume.

Le prix de l’objectif est, comme nous l’avons dit, élevé, il est de 1000 francs.

Pour terminer nous donnons ici les prix et les grossissements des objectifs de la maison Cari Zeiss.

Page 1