CHAPITRE PREMIER
sent être vert jaune. C’est pour cela que, dans la construction d’un microscope à double lentille, on donne un peu plus de poids à la lentille en flint, afin d’obtenir une lueur bleuâtre qui est plus agréable à l’œil, et l’on dit alors que la lentille double a été corrigée par excès. La lentille double est dite corrigée par défaut, quand elle laisse voir une lisière rougeâtre. En parlant de la dispersion des couleurs, on dit que la lentille double d’un microscope a été corrigée par excès ou par défaut. Les mêmes termes sont usités dans la correction de l’aberration sphérique.
Tandis que, déjà vers le milieu du siècle dernier, la découverte de l’achromatisme portait à construire de meilleurs télescopes , les fabricants de microscopes reculaient devant la tentative nécessaire pour arriver à des résultats semblables dans l’examen des corps infiniment petits.
D’après les recherches de Harting, ce fut le Hollandais Hermann van Deyl qui construisit, en 1807 , d’une manière très-satisfaisante, le premier microscope achromatique. Quatre années plus tard, le célèbre opticien Fraunhofer, de Munich, livrait des instruments achromatiques. En 1824 , on vit les deux Chevalier, de Paris , établir pour la première fois, sous la direction de Selligue, des objectifs, en réunissant plusieurs lentilles achromatiques. L’Italien Amici, de Modène, acquit [alors une renommée immortelle en améliorant les microscopes ; il trouva promptement de dignes imitateurs, parmi lesquels nous ne citerons, pendant ces quarante dernières années, que Plœssl, à Vienne, Schiek, à Berlin, et Oberhæuser, à Paris. Bientôt cet instrument devint aussi parfait et d’un emploi aussi facile que celui du dix-huitième siècle était grossier et impropre à toute expérience. La brillante époque de la micrographie date des améliorations apportées au microscope. Mais on doit, en outre, à ces derniers temps bien
des perfectionnements durables et importants, comme nous le verrons plus tard.
En attendant, revenons à la disposition de notre instrument.
Si nous jetons un coup d’œil sur la figure 7, nous verrons l’image de la flèche obtenue avec une lentille achromatique, exempte de franges colorées et très-améliorée quant à l’aberration sphérique; mais ni sa courbure, ni la petite étendue du champ visuel, c’est-à-dire l’étendue embrassée par l’oculaire , n’auront subi aucun changement.
Parmi les moyens employés pour arriver à une plus grande correction, il y en a un très-ancien, à savoir l’enchâssement d’une nouvelle lentille convergente dans le tube du microscope, figure 11. Cette lentille (C) est placée entre l’objectif (L) et l’oculaire (O), mais de façon à se trouver au-dessous du point de réunion ( c*a*b *) des cônes lumineux de l’objet, réfractés par l’objectif (bac).
L’influence avantageuse d’une lentille convergente ainsi enchâssée, c’est-à-dire d’une lentille collective, se manifeste de différentes manières. D’abord les points lumineux, partis des points b et a de la flèche , sont réfractés par elle dans la direction de l’axe, comme la figure le démontre. Sans la lentille convergente, l’image se serait formée en c*a*b * et aurait beaucoup trop d’étendue pour être vue en entier par l’oculaire. Maintenant apparaît une image moins grande, il est vrai, mais qui embrasse toute la flèche en c**a**b**. Ensuite la clarté de l’image est augmentée par la lentille collective, attendu que tous les rayons qui, sans le secours d’une lentille convergente, eussent donné l’image c*a*b*, se réunissent à présent sur l’espace plus petit de l’image c**a**b**. En troisième lieu, une pareille lentille collective peut servir à apporter de nouvelles améliorations dans l’aberration chromatique