‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 104 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Manière de faire les injections.

On ne saurait attacher trop d’importance à l’art d’injecter, avec des matières colorantes, les vaisseaux des parties sur lesquelles on veut faire des recherches histologiques. Ce procédé est encore beaucoup trop négligé; on objecte, sans connaissance de cause et sans expérience suffisante, que c’est là, en général, un travail superflu, une sorte d’opération de luxe. Cependant, on ne devrait jamais négliger l’emploi de ce puissant auxiliaire dans les recherches minutieuses quelconques, soit sur des tissus sains, soit sur des tissus pathologiques; car beaucoup de points, dans la structure d’un organe, deviennent tout à coup clairs et compréhensibles par l’injection du système capillaire, injection qui fournit immédiatement la preuve cherchée de la richesse ou de la pauvreté des vaisseaux de la partie soumise à l’examen. Il est donc nécessaire d’étudier l’art de faire des injections, et cet art a ses difficultés. La réussite des injections dépend presque toujours d’un heureux emploi de moyens auxiliaires généralement négligés et, néanmoins, très - importants ; elle exige aussi une certaine adresse et une grande pratique. Cependant, avec de la persévérance et surtout en ne se laissant pas décourager par les nombreux insuccès qui signalent les premières tentatives, on arrive au but désiré, surtout si on renonce, au commencement, à la prétention d’obtenir des injections d’une entière beauté. Peu à peu on réussira plus facilement, et la joie qu’on éprouvera d’avoir exécuté une belle injection, deviendra un stimulant pour entreprendre de nouvelles expériences.

Nous essayerons de tracer, dans les pages suivantes, les règles les plus importantes concernant les injections; nous insisterons surtout, d’une manière toute particulière, sur les faits qui nous ont été révélés dans le cours de nos travaux, trouvant, du reste, très-naturel qu’on oppose , aux moyens indiqués par nous , d’autres méthodes plus efficaces. Si cet enseignement écrit ne peut complètement conduire à la pratique qu’un maître expérimenté fait acquérir en bien moins de temps , il n’en reste pas moins démontré qu’il contient des indications précieuses et faciles-à saisir.

Avant d’entrer en matière, il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d’œil rapide sur l’origine de l’art des injections.

Cet art, qui consiste à introduire des matières colorantes faciles à reconnaître dans les différents systèmes des canaux du corps, est déjà ancien si on le fait dater de l’époque où ces injections s’exécutaient d’une manière fort grossière. Dans son livre si important sur la pratique des préparations anatomiques (Vienne, 1860) , Hyrtl trace d’une manière très-intéressante l’histoire de ce procédé. Dès l’année 1700, on se servait, à cet effet, d’un mélange de cire et de mercure. On n’a employé la colle, pour faire des injections, que vers le commencement de 1800.

Il est reconnu que Ruysch, en Hollande (1638-1731), s’est acquis, parmi les anatomistes anciens, avec ses injections, une grande réputation bien peu méritée, si nous en jugeons d’après les connaissances actuelles et les traditions historiques bien précises qui nous sont parvenues. Il en est de même pour beaucoup d’autres célébrités des temps passés et des temps modernes. Du suif (en partie mêlé d’eau), coloré avec du vermillon, constituait la matière employée par Ruysch.

N. Lieberkühn est arrivé à des résultats remarquables

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