‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 105 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

pour son époque, dans la première moitié du siècle dernier (1711-1716). Ses matières à injection méritent encore de nos jours d’être considérées comme très-bonnes, d’après le témoignage de Hyrtl, savant très -compétent en cette matière. Il se servait d’un mélange de cire, de colophane et de térébenthine, et, comme substance colorante, de vermillon. Sommerring, Dollinger, Berres ont obtenu plus tard des résultats remarquables avec les mêmes moyens. Parmi les savants modernes, le nom de Hyrtl brille au premier rang. Il faut placer à côté de lui Queckett, Gerlach, Thiersch, Beale, etc.

Il est aisé de voir que nous ne nous occupons ici des méthodes d’injections qu’en tant qu’elles s’appliquent à des recherches microscopiques et à l’histologie, de sorte que nous passons complètement sous silence les autres modes d’injections.

Parmi les nombreuses méthodes usitées, il en est deux qui méritent plus particulièrement d’être citées.

1° On se sert de matières liquéfiées par la chaleur et qui se figent par l’action du froid.

2° On a recours à des mélanges de liquides froids.

Les matières employées dans le premier cas sont surtout les substances résineuses et la colle, ainsi que nous l’avons déjà fait observer. Hyrtl, un des savants de nos jours, qui a acquis dans l’art qui nous occupe le plus d’expérience, nous apprend que les injections de matières liquéfiées par la chaleur produisent d’excellents effets dans les organes glandulaires et dans tous les capillaires d’un calibre sensible; tandis qu’elles ne sauraient être utilisées dans d’autres parties du corps, comme, par exemple, quand il s’agit d’injecter les vaisseaux sanguins des membranes sous-séreuses, les membranes muqueuses des bronches, les vaisseaux du même ordre de l’œsophage, de l’estomac, de la moelle épinière, du testicule.

Hyrtl nous dit aussi que c’est une erreur de croire qu’une seule et même matière convienne également à l’injection de tous les organes.

L’anatomiste viennois compose ses mixtions résineuses de la façon suivante : Il fait fondre du vernis au copal très-pur ou au mastic jusqu’à consistance de sirop, puis il y ajoute à peu près une huitième partie de vermillon qu’il place sur une pierre à broyer, ainsi que le vernis dont il vient d’être question, pour le triturer avec le plus grand soin. Ensuite il introduit un peu de cire vierge dans ce mélange, afin de lui donner plus de consistance. Nous nous sommes servi, il y a quelque temps, d’une composition de ce genre, dans le but d’apprécier sa valeur par expérience, et nous avons reconnu qu’avec un peu d’habitude, on obtient de très-belles préparations de tissus, lorsqu’il ne s’agit pas d’ailleurs d’études histologiques, mais seulement d’objets séchés qu’on ue soumet qu’à de faibles grossissements. L’observateur qui veut étudier la structure fine d’un organe à l’aide d’injections, se servira de colle. La température peu élevée à laquelle il est possible de pratiquer des, injections avec une solution de colle, mais qui serait tout à fait insuffisante avec une solution résineuse, constitue déjà un avantage qu'on ne saurait trop apprécier. Ceux qui s’occupent d’histologie ont donc eu raison d’employer de préférence la solution de colle pour leurs injections. Antérieurement, Sommerring et Dollinger avaient déjà obtenu, avec cette substance, de magnifiques résultats. Il est vrai que la dessiccation, qui était autrefois le moyen habituel de conserver les objets, a l’inconvénient de produire, dans les canaux injectés, une certaine contraction déterminée par la perte de l’eau; aussi arrive-t-il bien souvent que les objets préparés de cette manière n’offrent pas l’aspect plein et ferme des injections faites avec la résine. Toutefois, la

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