‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 106 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

facilité beaucoup plus grande avec laquelle la solution aqueuse de colle pénètre les parois des vaisseaux imbibées d’eau, constitue un avantage qu’on ne saurait obtenir à l’aide d’aucune autre matière coagulée, notamment en ce qui concerne les organes dont les vaisseaux capillaires sont très-étroits; on peut, en outre, singulièrement limiter la contraction en prenant le soin de bien enfermer les objets. Abstraction faite des matières colorantes, pour préparer une solution de colle de ce genre et pour pouvoir s’en servir plus tard, il y a quelques précautions à prendre.

On a beaucoup fait usage de colle de poisson qu’on regarde comme la plus pure. Toutefois, elle n’est nullement indispensable; son prix élevé et la lenteur qu’elle met à se coaguler par le refroidissement, sont des inconvénients qui doivent être pris en considération. Dans ces derniers temps, nous nous sommes servi de tablettes de colle minces, transparentes, qu’on trouve dans le commerce sous la dénomination de gelée de Paris ; il est vrai que cette solution de colle est également chère. Mais ces tablettes peuvent être comparées aux meilleures sortes de colle ordinaire de Cologne.

Pour en opérer la solution, le procédé suivant semble être le plus convenable.

On trempe, pendant plusieurs heures, dans dé l’eau distillée ou dans de l’eau de pluie, la colle préalablement mise en morceaux, puis, après avoir décanté, on ajoute une nouvelle quantité d’eau. La solution étant ainsi opérée, on la filtrera à travers une flanelle en évitant constamment l’action directe du feu, et on la placera dans un vase de porcelaine. On y ajoutera, à une température douce, la matière colorante voulue; nous donnerons plus loin, à ce sujet, les instructions nécessaires. Les circonstances particulières pourront seules déterminer le degré

d’épaississement que la solution de colle doit posséder. Si on se sert d’une matière colorante grenue, parfaitement broyée, ayant la consistance d’une bouillie épaisse, la solution de colle devra être plus étendue. Si, au contraire, on introduit tout d’abord la matière colorante, résultant d’un mélange de deux solutions de substances différentes, dans la colle, celle-ci sera plus concentrée. Un peu de pratique apprend promptement à connaître le degré de consistance convenable. Les mixtions de ce genre se liquéfient à la chaleur de la même façon que les autres. Il est possible de se servir coup sur coup, et plusieurs fois de suite, de la même capsule. On ne saurait conserver longtemps ces solutions sans moisissure, ou sans leur voir perdre rapidement leur première homogénéité, même lorsqu’on essaye de les garder dans une atmosphère saturée de camphre; il faut donc renouveler souvent les solutions de colle, ce qui est désagréable et occasionne une perte de temps.

Quand un tissu a été injecté et plongé immédiatement dans de l’eau glacée, on doit attendre que la coagulation ait eu lieu dans les vaisseaux, ce qui arrive tout naturellement plus vite en hiver qu’en été. Pour donner plus de consistance à l’organe injecté, et pour le rendre plus propre à la conservation, on le place dans de l’esprit-devin affaibli, et on l’y laisse plusieurs jours avant de l’utiliser d’une manière quelconque.

On peut très-bien ajouter aux solutions de colle toute sorte de matières colorantes; il en sera question plus loin.

L’emploi de mélanges à injections qui se coagulent par le froid, a, comme nous l’avons déjà fait observer, l’inconvénient d’exiger beaucoup de temps et une foule de préparatifs. Il serait donc très-important de trouver des matières liquides froides, susceptibles d’être employées à tout moment. On a découvert et recommandé, à diffé-

Page 1